בס »ד
Tich’a BeAv
Ceci est la suite du Dvar Torah sur Parachat Devarim …
Nous approchons à nouveau de la date douloureuse qui a concentré tant de souffrances de notre Peuple au fil des générations.
Cette date a été décrétée par Hachem comme moment de réflexion sur les erreurs qui ont entrainé la destruction et la Galout (Exil). La Guemara (Taanit 29a) dit : « Vous avez pleuré des pleurs vains, Je vous fixerai des pleurs pour les générations … ».
Ce sont les pleurs des Bené Israël à la suite du rapport défavorable des Meraglim (explorateurs) qui ont entrainé le décret (Bamidbar 14, 1).
Depuis, cette date est un moment de prise de conscience des paramètres réels de notre existence, et de notre lien avec Hachem.
A l’époque précédant la destruction du Beth HaMikdach et la Galout (Exil) des « activistes » croyaient pouvoir contrer les Romains par la force. Ils en vinrent à brûler les entrepôts qui auraient suffi à nourrir toute la population de Yerouchalaïm pendant un siège de plus de vingt ans, pour obliger la population à la lutte armée face aux romains. De même, à diverses époques, des initiatives se manifestèrent pour « prendre notre sort en main », et ne pas « être comme des moutons qu’on mène à l’abattoir » …
Les enseignements de la Paracha Devarim, que nous lisons le Chabat précédent Tich’a BeAv, viennent réfuter de telle démarches.
La période « moderne » avec les initiatives pour « sortir de la Galout » et des persécutions a malheureusement apporté son lot de déboires et de souffrances qui nous accompagnent, et vont en s’amplifiant jusqu’à présent (en Erets Israël et dans le monde) … Pour comprendre l’ampleur du drame auquel nous sommes confrontés en Erets Israël, et par ricochet partout dans le monde, et l’absence de solution « technique » à ce problème, voyons un enseignement d’un Grand des générations récentes, Rav Yehouda Zeev Soloveichik, le Rav de Brisk.
Rav Chlomo Lorents rapporte dans ses mémoires (Bim’hitsatam, I, p.161) l’épisode suivant :
Un Rav avait commis une grave erreur de jugement relativement concernant une question de Halakha (une Règle de la Torah) qui engageait des décisions générales au niveau collectif du Peuple Juif. Il avait mis la question entre les mains d’une autorité contestable. Apprenant que le Rav de Brisk avait une critique sérieuse sur son action, il vint demander au Rav comment réparer cette tragique erreur. Le Rav lui répondit par une parabole :
Dans une bourgade juive, l’homme le plus riche de l’agglomération perdit sa fortune. Alors, se trouvant sans ressources, il décida de devenir charretier. Avec le reste de ses biens il acheta une carriole et deux chevaux. Face à cette initiative, les charretiers locaux s’inquiétèrent d’une diminution de leurs propres ressources. Le plus ancien parmi eux prit sur lui de résoudre ce problème, et de dissuader le concurrent potentiel.
-Il alla voir le candidat charretier, et lui dit : « J’ai entendu que tu as décidé de devenir charretier. Il lui demanda : sais-tu quelle responsabilité repose sur les épaules d’un charretier ? «
– « De quelle responsabilité parles-tu ? » lui répondit-il.
– « Imagine qu’alors que tu conduits tes passagers dans ta carriole, ta carriole s’embourbe en pleine nuit, au milieu de la forêt. Autour de toi rodent les bêtes malfaisantes… Tu as mis tes clients dans un grave danger ! »
– « Je ne comprends pas le problème ! J’ai acheté un fouet, et si la carriole s’embourbe, je frapperai les chevaux qui feront un effort et sortiront la carriole de la boue. »
– « Mais si la boue est trop profonde, le fouet ne suffira pas. »
– « Je suis un homme vigoureux, et avec mon épaule j’aiderai les chevaux à nous sortir de l’ornière. »
– « Et si la boue est encore plus profonde ? »
– « Je demanderai aux passagers de descendre et de pousser ensemble. »
– « Et si tout ça ne suffit pas, tu resteras toute la nuit dans la forêt, dans le noir, à la merci des bêtes féroces… Ne comprends-tu pas que tu entres dans un problème de danger vital ?! Où est ton sens des responsabilités ?! Comment peux-tu entrer dans une activité qui touche au danger vital ?!
-L’ex-riche était désemparé et ne savait que répondre. Il demanda alors : « enseigne moi, toi, le doyen des charretiers, ce qu’on fait dans un tel cas. »
– « Je suis prêt à te le dévoiler, à condition que tu me jures que tu ne seras pas charretier. »
– Et l’homme jura.
– « Maintenant, je vais te dévoiler ce qu’il faut faire. Si tu es entré dans une boue aussi profonde, il n’y a pas de solution, il est impossible d’en sortir. Mais un bon charretier n’entre pas dans une telle boue. »
Telle était la leçon du Rav de Brisk au malheureux qui avait pris une initiative qu’il ne lui appartenait pas de prendre.
Le message est on ne peut plus clair …
Ceux qui ont pris les initiatives qui nous ont amené à la situation présente, contre les protestations et suggestions constructives des Grands de la Torah il y a un siècle, n’étaient pas dignes d’être des « charretiers ».
Maintenant que nous sommes dans la boue où ils nous ont amenés, il ne nous reste qu’à nous tourner vers Hachem et Sa Torah, et prier pour la Gueoula (Délivrance) …


