La douceur des mots.
Les Enfants d’Israël avaient soif. Ils se sont plaints. Dieu envoie Moïse parler à un rocher pour que celui-ci donne de l’eau en abondance et voici que Moïse frappe le rocher au lieu de lui parler. Moïse sera très sévèrement sanctionné : il n’entrera pas en Eretz Israël.
On reste assez stupéfait à la lecture d’un tel texte ! Les rochers qui donnent de l’eau – qu’on les frappe ou qu’on leur parle – ne font pas partie de notre expérience immédiate. S’il y a eu faute de la part de Moïse, en quoi consiste-t-elle et pourquoi est-elle si grave ?
Le texte dit que si Moïse avait parlé au rocher, Dieu en aurait été sanctifié ; Rachi explique (Nombres xx, 12) :
Pour me sanctifier – Car si vous aviez parlé au rocher et qu’il eût fait jaillir [de l’eau], J’aurais été sanctifié aux yeux de la communauté qui se serait dit : « Si ce rocher, qui ne parle ni n’entend ni n’a besoin de nourriture, réalise la parole d’Hachem, à plus forte raison devons-nous le faire ! »
Il y a deux voies par les quelles un homme accède à la raison : on peut le contraindre par la violence du bras et on peut le convaincre par la parole.
C’est la deuxième voie qui a la préférence de la Thora : c’est cela qu’elle voulait enseigner ici. Et c’est cela que le geste de Moïse a – en quoi que ce soit – voilé.
Il ne faut pas chercher à vaincre mais à convaincre. Plus que la seule soumission, la Thora requiert l’adhésion.
Shaoul David Botschko
