Le flux de bénédictions qui découle des dépenses en l’honneur du Chabbath.
| «Mais chacun donnera selon ses moyens, selon les bénédictions que l’Éternel, ton D.ieu, t’aura dispensées.» (Devarim 16,17). Rabbi Chlomo de Zwill, que son mérite nous protège, s’adressa un jour à son Chamach (bedeau), Reb Eli Roth zal de Jérusalem, en ces termes : « Si tu veux connaître la définition du Bita’hon, la confiance en D.ieu, voici de quoi il en retourne » : « À Zwill, l’usage était de fiancer les jeunes filles à l’âge de douze ans, et le mariage n’avait lieu que trois ans plus tard, à quinze ans. Ces trois années étaient consacrées à récolter les fonds, pièce à pièce, pour les frais du mariage. « Je connaissais un Juif, résident de Zwill, qui fiança sa fille, et comme c’était l’usage dans les années depuis les fiançailles jusqu’au mariage, il récolta une belle somme. Alors que la date du mariage approchait, le Juif eut une pensée de nos Maîtres (Betsa 16a) : « Tous les revenus de l’homme sont fixés de Roch Hachana à Roch Hachana suivant, à l’exception des dépenses pour le Chabbath et les fêtes. »Certainement, l’argent dépensé pour les frais en l’honneur du Chabbath pour d’autres personnes n’entre pas dans le calcul. Or, à Zwill, vivent de nombreux pauvres et démunis qui n’ont pas les moyens de débourser de l’argent pour le Chabbath, et de ce fait, il est louable que l’argent que l’on possède soit distribué aux pauvres en l’honneur du Chabbath. En effet, cet argent est en dehors du budget annuel fixé pour lui. Il en ressort que les démunis en tirent profit, tandis qu’il n’a rien perdu dans l’affaire. « Il distribua ainsi des fonds en l’honneur du Chabbath pour les démunis de la ville. Chaque mercredi, il offrait une belle somme aux pauvres. Il bénéficia d’une aide divine, et il ne manqua pas de fonds pour le mariage de sa fille. « Depuis lors, cette coutume se répandit à Zwill : chaque veille de Chabbath, des charrettes remplies de nourriture en l’honneur du Chabbath étaient distribuées aux pauvres, qui ignoraient d’où provenait cette abondance de nourriture.» Le Rabbi de Zwill acheva son récit et conclut : « C’est cela, le Bita’hon. » Après le décès du Rabbi, Reb Eli discuta avec son fils et successeur, Rabbi Guédalia Moché de Zwill zatsal, et lui demanda s’il connaissait l’identité du protagoniste du récit. Rabbi Guédalia Moché répondit : « Ce Juif était mon père et maître lui-même.» Rabbi Chlomo de Zwill zatsal mérita en effet une assistance divine extraordinaire grâce à la confiance qu’il nourrissait que ses dépenses en l’honneur du Chabbath seraient remboursées. Dans le même ordre d’idées, un Juif de Jérusalem, Reb Bentsion Krinfus, eut un jour un rêve pendant son sommeil la veille de Chabbath. Il rêva qu’il apportait des bougies au Rabbi de Zwill. À son réveil, il prit un paquet de bougies et les emporta au domicile du Rabbi. Sur le seuil de la maison du Rabbi, il surprit le Rabbi en train de dire à son épouse : « Du Ciel, on sait que chaque Juif a besoin de bougies en l’honneur du Chabbath, et si c’est le cas, il va de soi qu’on en trouvera pour nous. » Nous devons bien retenir ces propos de nos Maîtres, stipulant qu’à chaque début d’année, à Roch Hachana, est fixée pour chacun la somme d’argent qui lui sera allouée pour l’année suivante, qu’il pourra utiliser pour ses besoins matériels et ceux de sa famille. Pour certains, une Parnassa généreuse, au-delà de leurs besoins, est fixée du Ciel, tandis que d’autres reçoivent des ressources minimales et finissent l’année en déficit, avec des dettes. De ce fait, lorsqu’un homme constate que ses revenus sont inférieurs à la moyenne, il doit réduire ses dépenses et renoncer à des produits achetés par la majorité des foyers, car telle est la volonté du Créateur, qui a décrété pour lui un gagne-pain limité, et cela aussi est pour le bien. Cependant, pour les besoins spirituels, comme les dépenses du Chabbath, même si on ne gagne pas largement sa vie, il est louable d’engager les dépenses nécessaires pour profiter au maximum du Chabbath. En effet, ces frais lui seront remboursés, conformément à la promesse que si un homme engage des dépenses supplémentaires, on lui ajoute du Ciel. Même si, au final, il termine l’année en déficit, il doit savoir que cela a été fixé à Roch Hachana et s’il n’avait pas dépensé cet argent pour le Chabbath, il aurait perdu de l’argent par d’autres moyens. Ce sujet est discuté dans l’ouvrage Tiféret Chlomo : comme, pendant les six jours de la semaine, on bénéfice des bénédictions du jour du Chabbath, (comme l’indique le Zohar Hakadoch), ainsi, ce que l’homme ajoute à ses dépenses en l’honneur du Chabbath, on lui ajoute pendant les six jours de la semaine, dépassant la somme qui lui avait été allouée à l’origine à Roch Hachana. Certains sont d’avis qu’il convient pour chaque Juif de dépenser en l’honneur du Chabbath au minimum le double de ce qu’il dépense pour un jour profane. Ainsi, il bénéficiera de la promesse de nos Maîtres, stipulant que « quiconque en ajoute, on lui ajoutera.» En d’autres termes, mesure pour mesure, on lui paiera du Ciel le double de la somme dépensée en l’honneur du Chabbath. La Michna, au début du traité Chabbath, préconise cette conduite : « Les dépenses pour Chabbath sont doubles. » Autrement dit, on dépense le double pour le Chabbath par rapport à un jour profane, « ce qui correspond à quatre » : on reçoit à ce titre un salaire double, qui représente quatre fois plus que les dépenses d’un jour ordinaire. On connaît ce récit mentionné dans la Guémara (Chabbath 119a) au sujet de Yossef Mokir Chabbath : par le mérite de ses dépenses pour honorer continuellement le Chabbath par l’achat de bons poissons, il mérita de découvrir dans un poisson une pierre précieuse. Nous en découvrons une allusion dans notre verset : « Ich (chacun)» est une allusion au Chabbath. En effet, ce terme Ich forme les lettres de Yichmerou Et Chabtotaï, vous respecterez Mes Chabbatot (Yéchayahou 56,4), « selon ses moyens » : en fonction des sommes que l’homme débourse pour ses dépenses du Chabbath et celles des autres, « selon les bénédictions que l’Éternel, ton D.ieu, t’aura dispensées » : selon ses dépenses, Hachem lui ajoutera au-delà de ce qui avait été fixé à Roch Hachana. Chabbath Chalom ! |
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