LE RABBI DE KALOV – 195 – Kora’h – 5786

L’importance vitale des rassemblements de Torah.

« Faites ceci : munissez-vous d’encensoirs, toi Korah, et tout ton parti.» (Bamidbar 16,7).

On raconte au sujet de Rabbi Pin’has de Koritz zatsa qu’un jour, un ‘Hassid se plaignit à lui qu’il avait des difficultés à poursuivre convenablement son service divin, car il était l’objet de nombreuses moqueries à ce sujet.
Le Rabbi de Koritz lui répondit :
«Le Rama écrit au début du Choul’han ‘Aroukh : « L’homme n’aura pas honte de ceux qui se moquent de lui dans son service divin. » Nous pouvons interpréter ses propos ainsi : « Il n’aura pas honte » : s’il demande d’où il puisera la force de n’avoir pas honte, voici la réponse : « De ceux qui se moquent de lui dans son service divin. » Il apprendra d’eux qu’ils ont une raison de ressentir une forte honte, car ils suivent la voie du mensonge et se moquent de la vérité. S’ils n’ont pas honte de leurs actes indécents, à plus forte raison, il ne doit pas avoir honte devant eux, car il détient la vérité. »
Dans cette même optique, le Ba’al Chem Tov, que son mérite nous protège, interprète ces propos du roi David dans le Livre des Téhilim (119,98) :
« que mes ennemis » : des actions de mes ennemis mécréants qui se précipitent hâtivement vers les plaisirs éphémères,
« Tes commandements me rendent plus sage » : je m’efforce d’apprendre, a fortiori, combien il vaut la peine de m’empresser de respecter les Mitsvot,
« car ils sont pour moi un bien inépuisable » : le respect des Mitsvot apporte un plaisir éternel qui perdure à tout jamais.
Ce principe est absolument impératif à notre époque, alors que divers organismes de tendance irréligieuse œuvrent pour éliminer le sentiment de honte naturelle, afin de pouvoir s’adonner à toutes sortes de plaisirs problématiques en public, et, dans ce but, ils s’efforcent de donner à leurs opposants un sentiment de honte de cette opposition.
Nous devons apprendre d’eux que, s’ils déploient tant d’efforts pour satisfaire leurs désirs et pour éliminer la honte qu’ils devraient ressentir, à plus forte raison nous est-il nécessaire de faire de même pour le service divin. Nous devons faire un effort pour ne pas ressentir de honte à l’idée de suivre la voie de la vérité de la Torah et de nous opposer à leur doctrine mensongère.
Nous pouvons nous inspirer d’eux pour savoir comment nous renforcer, ainsi que notre famille, pour suivre la voie de la Torah, par le biais de réunions avec nos semblables, sources de renforcement et de puissante influence.
La poursuite des mauvais désirs est une sottise : les hommes y investissent toutes leurs pensées, leurs forces, leur temps et leur argent, dans le but de profiter de quelques moments de plaisir factice, et ils oublient que cette conduite peut leur nuire considérablement sur le plan matériel et spirituel.
De même, l’implication importante dans des activités comme le sport est totalement dénuée d’intérêt. Quelques d’hommes courent après un ballon, tandis que des milliers d’autres gaspillent leur argent et leur temps pour les regarder avec passion. Cette poursuite vaine est illogique et n’apporte aucun bienfait réel.
Mais les organismes qui s’y consacrent parviennent à diffuser ces bêtises, en créant des clubs de fans qui sont actifs dans ce domaine. Ils organisent de grandes réunions pour se renforcer, et la participation massive des membres les conforte dans l’idée qu’ils sont nombreux à suivre cette voie, et cela attire encore un nouveau public. De cette façon, ils continuent à suivre cette voie, même si l’on constate qu’elle gâche la vie.
Nous déduisons de cette observation la puissance de l’union et des réunions ; à nous de faire appel à cette idée en faisant l’effort de nous lier à de bons amis et voisins, à faire partie d’une communauté d’hommes qui craignent D.ieu, et de tenter d’exploiter chaque occasion pour se réunir avec des Juifs qui respectent la Torah et les Mitsvot, que ce soit par des cours de Torah, des rassemblements pour se renforcer au Beth Hamidrach, ou tout rassemblement le Chabbath ou les jours de fête.
Il convient aussi de se rendre de temps en temps dans des lieux où vivent de nombreux Juifs respectueux de la Torah, ce qui nous renforce à suivre la voie du bien, comme le préconise le Séfer Ha’hinoukh (Mitsva 612) et le Rambam (fin des Hilkhot ‘Haguiga), ce qui constitue le fondement de la Mitsva de Hakhel : tout le peuple juif avait reçu la Mitsva de se rassembler au Beth Hamikdach lors de la fête de Soukot, pour entendre la lecture du Livre de Dévarim par le roi. Le fait même de voir cette réunion d’un grand public d’hommes craignant D.ieu, venus écouter des paroles de Torah, constituait un renforcement de la foi pour chacun. C’est pourquoi il leur était prescrit d’amener également les enfants, qui ne comprenaient pas les divré Torah, mais seraient impressionnés par ce rassemblement, comme l’indique le Malbim.
Nous déduisons ce principe essentiel des réunions des mécréants, comme l’explique le Rabbi de Ropshitz zatsal, dans son ouvrage Zéra Kodèch : le roi David, que la paix soit sur lui, choisit de commencer le Livre des Téhilim de la façon suivante :
« Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, et ne prend point place dans la société des railleurs » : ne suivons pas les mécréants qui organisent divers rassemblements pour renforcer leur position,
« mais qui trouve son plaisir dans la Loi de l’Eternel » : on fera appel à cette idée uniquement pour consolider le désir de suivre la voie de la Torah, en organisant des réunions et rassemblements destinés à renforcer la foi.
Les Juifs de la génération du désert ont pu apprendre cette leçon de Kora’h : il réunit tout son groupe pour une réunion toute la nuit, pour énoncer des propos railleurs sur la pratique des Mitsvot, et la force de la majorité renforça chacun d’eux pour les inciter à s’opposer à leur maître, Moché Rabbénou.
C’est ce sujet que Hachem aborde dans ces propos au peuple juif :
« Faites ceci : munissez-vous d’encensoirs » : adoptez ce conseil de vous empresser pour ce qui a trait à la Kédoucha, comme par exemple les encensoirs sur lesquels brûle le feu,
« toi Korah, et tout ton parti». Korah s’est rassemblé avec tout son parti pour les inciter à adhérer à sa doctrine. De la même façon, réunissez-vous toujours pour renforcer le respect des Mitsvot avec un enthousiasme né de la Kédoucha.
Chabbath Chalom !