Diffusion de cours de Torah et d'événements liés à la vie juive de grande qualité
LE RABBI DE KALOV – 173 – Vaye’hi – 5786
Une étude de Torah focalisée.
« Rassemblez-vous pour écouter, enfants de Yaakov, pour écouter Israël, votre père. » (Béréchit 49,2)
Le Gaon Rav Efraïm Ochri zatsal, Rav du Beth Hamidrach Hagadol de New York, m’a un jour fait part de ce récit, qu’il tenait du ‘Hafets ‘Haïm zatsal : Un jour, un grand commerçant entreprit un voyage avec sa famille pour vendre sa marchandise dans une grande foire, mais après avoir disposé sa marchandise sur l’étal, il disparut soudain. Sa famille partit à sa recherche, et le trouva assis au Beth Hamidrach, penché sur son étude. Ils protestèrent avec véhémence : « À chaque instant que tu te trouves au Beth Hamidrach, tu perds les bénéfices de nombreux clients qui passent par la foire et désirent acheter ta marchandise, mais ne trouvent pas le vendeur. » Or, le marchand leur répondit qu’on devait le considérer comme un mort pour qui il est impossible de se rendre à la foire. Il avait, en effet, rêvé pendant la nuit qu’il avait quitté ce monde et était arrivé au tribunal céleste. On avait tranché qu’il devait aller en enfer, car il avait perdu son temps en conversations futiles et n’avait pas suffisamment étudié la Torah. Il avait alors imploré qu’on lui accorde une nouvelle chance de réparer son erreur et d’acquérir de nouveaux mérites de l’étude de la Torah. Après de nombreux débats, on lui avait tout juste permis de redescendre dans ce monde. Depuis ce rêve, il méditait sur l’idée qu’il aurait dû mourir, et le fait que Hachem lui accordait la vie était soumis à la condition qu’il se plie à la volonté divine et étudie la Torah. En conséquence, lorsqu’il étudiait la Torah, il se conduisait comme un mort, à savoir qu’il était libéré de toutes les servitudes à l’égard des hommes de ce monde. La servitude à l’égard des autres hommes conduit à un Bitoul Torah de plusieurs manières. Certains participent à des visites ou à des occasions joyeuses en y restant trop longtemps, dans le but de plaire aux personnes présentes, même si, ce faisant, ils manquent leur étude quotidienne de Torah de la soirée. Ou bien le lendemain, ils se lèvent tard et sont absents à leur cours de Torah du matin. Ou bien, certains passent de longues heures chez eux à papoter avec leur femme et leurs enfants, bien plus que nécessaire, sur le compte de leur étude fixe de Torah, en raison de la servitude qu’ils ressentent à l’égard des autres. De même, lorsqu’on regarde son téléphone pendant l’étude, cela est à attribuer au fait qu’on se sent obligé de répondre immédiatement à chacun. De ce fait, chacun doit surmonter cette servitude à l’égard des autres, en s’engageant à prendre sur soi le joug divin dans sa totalité, et en se répétant qu’on est uniquement asservi à Hachem, Créateur de l’homme. Dans chaque situation et à chaque moment, l’homme analysera la volonté du Créateur, pour déterminer combien de temps consacrer à chaque activité. Il annoncera ensuite à tout le monde qu’il se soumet au joug de la Torah, si bien que sa servitude à l’égard de son cours quotidien écarte toutes les autres servitudes à l’égard des hommes. Ainsi, ce texte de nos Sages du traité Avot (3,5) s’appliquera à lui : « Celui qui prend sur lui le joug de la Torah, se trouve affranchi du joug de l’État et du joug du gagne-pain. » Retenons toujours que l’étude de la Torah insuffle de la vitalité à l’ensemble du monde et à tous les mondes supérieurs ; c’est la nourriture spirituelle que chaque Juif doit fournir à son âme chaque jour, tout comme il est tenu de nourrir son corps chaque jour. Tout comme les hommes ont l’usage de manger au moins deux fois par jour, le matin et le soir, il est souhaitable pour l’homme d’assister au moins à deux cours de Torah par jour, le matin et le soir. Une personne qui prend l’habitude de ne jamais annuler ses cours de Torah mérite ainsi de bénéficier d’un amour de la sainte Torah et des Mitsvot. Mon vénérable ancêtre, Rabbi Eliézer Tsvi de Kamarna, que son mérite nous protège ainsi que tout le peuple juif, dans son ouvrage sacré Damessek Eliézer, mentionne un enseignement entendu du Rabbi Its’hak Moché Meyer de Skali zatsal où il décrit l’amour qu’il a acquis pour la Torah et ce qu’il apprécie dans l’étude de la sainte Torah: il s’est imposé d’étudier dans des moments où il aurait pu trouver des prétextes pour s’en dispenser, et il s’efforça alors d’étudier encore plus. Nous découvrons aussi dans la Guémara (Guitin 60b) cet enseignement. Abayé a dit : « J’ai fixé un moment pour moi-même ». Les commentateurs affirment qu’il s’agit d’un moment réservé à l’étude de la Torah. Les Tsadikim expliquent que sur une étude régulière comme celle-ci, s’applique ce texte de nos Sages (Sota 21a) : « En ce qui concerne l’étude de la Torah, lorsqu’on s’y adonne, elle protège et sauve ; lorsqu’on ne s’y adonne pas, elle protège du malheur. » Ainsi, toute personne qui réserve un horaire pour étudier la Torah chaque jour, qu’il n’annule à aucun prix, mérite d’échapper à la faute. Yaakov Avinou, que son mérite nous protège, y fait allusion lorsqu’il s’adressa à ses fils pour les guider, peu avant sa mort : « Rassemblez-vous » dans les lieux où se réunissent les Juifs, les synagogues et les maisons d’étude, « pour écouter »: des cours de Torah, « enfants de Yaakov » : qui suivent les traces de leur père, qui était un « homme intègre assis dans les tentes », les tentes de la Torah de la yéchiva de Chem et Éver. Dans ces moments réguliers, retenez « d’écouter Israël, votre père » : soyez attentifs à votre volonté pure, ancrée en vous par votre ancêtre Israël, en s’inscrivant dans la dimension d’Israël, qui tire son nom de : « Car tu as jouté (ki Sarita) contre des puissances célestes et humaines et tu es resté fort. » Ce terme Israël est aussi composé des mêmes lettres que l’expression Li Roch (Je suis à la tête) : il s’agit d’être maître de soi-même, en évitant d’être asservi aux hommes qui cherchent à nous détourner de votre étude quotidienne de Torah. Vous maîtrisez ainsi le Satan et ses envoyés, et vous vous élevez grâce à l’étude de la Torah, suivant le désir de votre âme pure. Chabbath Chalom !