SHAVOUOTH 5786
La fête du Don de la Torah sera célébrée du 21 mai 2026 (à 21:15 à Paris) au 22 mai (à 21:16 veille de Shabbath à Paris) pour le 1ᵉʳ jour et depuis l’entrée du Shabbath jusqu’au 23 mai (à 22:37 à Paris) pour le 2ᵉ jour.
DE L’ORGE AU BLÉ
Au lendemain de Pessa’h, un 0mer (mesure d’1/10ᵉ d’Epha = approximativement 2,5 kg) d’orge était offert au Beith Hamikdash, au Temple, à Jérusalem et, cela, chaque jour jusqu’à Shavouoth. Alors, l’Omer d’orge était remplacé par deux pains pétris à base de farine de blé. L’orge est l’aliment de choix de l’âne, ‘Hamor, du mot ‘Homer en hébreu, qui signifie : matière, fixe, statique, sans spiritualité. L’âne est l’archétype de l’animal. Tandis que le blé est l’aliment propre de l’homme, dont la vocation est de s’élever au-dessus de la matière pour acquérir la sagesse. Au sortir d’Égypte, les Hébreux se trouvaient à un niveau spirituel extrêmement bas, au 49ᵉ degré dans l’échelle de 50 degrés d’impureté. Il leur fallut sept semaines pleines de pérégrinations dans le désert pour, jour après jour, s’élever, se purifier et parvenir à renverser complètement leur état pour atteindre le 49ᵉ degré de pureté. Le chemin était dur, parsemé d’épreuves. Il est difficile d’imaginer le bouleversement qui a dû s’opérer en chacun. Mais il n’y avait pas d’autre issue pour devenir apte à recevoir le plus beau cadeau jamais offert à l’humanité. La première épreuve qu’ils eurent à surmonter après le passage de la mer était la soif due à l’absence d’eau durant trois jours. Lorsqu’ils arrivèrent à Mara, l’eau tant attendue s’est avérée amère et imbuvable. Le Peuple récrimina et HASHEM dit à Moshé Rabbénou d’y jeter un bâton. Par miracle, l’eau s’adoucit et devint potable. Puis il y eut la guerre avec Amalek. Cette peuplade défiait HASHEM, refusant d’admettre que le peuple hébreu était sous Sa protection, malgré les miracles grandioses qui eurent lieu lors du passage de la mer, dont le monde entier eut connaissance. Amalek vit que le peuple était faible. Il ne voyait que la partie de l’Erev Rav, ces Égyptiens que Moshé Rabbénou avait autorisés de sa propre initiative à se joindre au Peuple hébreu lors de la sortie d’Égypte. C’est Yehoshoua Bin Noune, l’élève de Moshé Rabbénou – qui lui succéda pour conduire le Peuple en Eretz Israël quarante ans plus tard – qui dirigea l’offensive contre Amalek. Quant à Moshé Rabbénou, il était monté sur une colline, accompagné de Aharon et de ‘Hour, d’où ils voyaient le champ de bataille. Lorsque Aharon et ‘Hour maintenaient les bras de Moshé Rabbénou levés vers le Ciel, Israël avait le dessus sur Amalek. Dès qu’il les baissait, l’inverse se produisait. Or les bras de Moshé Rabbénou se faisaient lourds. Aussi, Aharon et ‘Hour placèrent de chaque côté une pile de pierres pour les soutenir. Amalek fut bien entendu défait. Mais le peuple juif a depuis lors reçu l’injonction de l’anéantir jusqu’à en effacer le souvenir. Il y eut aussi l’épreuve de la Manne, ce pain céleste, tombé du Ciel, à raison de la quantité d’un Omer par personne. Il était inutile d’en prendre davantage car le lendemain la Manne pourrissait. Le Peuple devait apprendre à s’y accoutumer, à accepter de ne dépendre exclusivement que du Ciel et à être confiant que chaque jour la Manne tomberait. Le vendredi il y avait deux parts d’un Omer par personne, à la fois pour le vendredi et pour le Shabbath. La Manne ne tombait pas le jour du Shabbath, ni elle ne se gâtait ce jour-là.
LE DON DE LA TORAH
Le Peuple hébreu était sorti d’Égypte 49 jours plus tôt. Il se trouvait en ce 50ᵉ jour au mont Sinaï. C’était le 7 Sivan de l’an 2448 de la Création. En 2026, cela fait donc 3338 ans. Le 7 et non 6 Sivan, parce que Moshé Rabbénou avait demandé qu’il soit accordé au Peuple un jour de purification supplémentaire. Il se purifia donc durant les trois jours précédents, puis il reçut les Dix Paroles, ou Dix Commandements. En fait, le Peuple ne put supporter d’entendre que les deux premières Paroles. Tant la puissance de l’événement, qui était accompagné d’éclairs, de grondements de tonnerres et de sonneries du Shofar (corne de bélier) assourdissants, lui était intolérable. Il demanda à Moshé Rabbénou d’écouter les autres Paroles et de les lui répéter ensuite.
Ce 50ᵉ jour célèbre le Don de la Torah et la fête de Shavouoth. Elle tire son nom des 7 semaines pleines (Shavoua = semaine) qui séparent Pessa’h de Shavouoth. Au lendemain du Don des Dix Commandements, Moshé Rabbénou monta sur le mont Sinaï. Il y eut l’insigne privilège de la révélation et de l’enseignement de la Torah par HASHEM en vue de les transmettre à tout le Peuple. Au bout de quarante jours, Moshé Rabbénou en redescendit. Il portait les premières Tables de la Loi où les Dix Commandements avaient été gravés de part et d’autre du doigt de D.ieu.
LE PAIN ET LA TORAH
Il est ô combien légitime de s’interroger sur le rapport entre les deux pains offerts à Shavouoth et le Don de la Torah. En effet, la consommation du pain permet à l’homme d’accéder à la sagesse. Sans compter tous les gestes matériels qu’il doit accomplir pour assumer son quotidien et qui sont riches d’enseignements. Non, la sagesse ne s’obtient pas sur un plateau d’argent, mais bien suite à une lutte et à des tiraillements incessants entre ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. L’homme se doit d’avancer et, de fait, il ne doit pas régresser. Or c’est par la Torah, par l’étude de la Torah et la pratique des Mitzvoth, qu’il peut recevoir l’impulsion, l’énergie et la volonté pour combattre les forces qui l’en détournent, qui révèlent le mauvais penchant qui nous habite tous, pour toujours dépasser obstacles et épreuves et progresser. Et c’est dans cette lutte qui, d’échecs surmontés, mais aussi de francs succès, procure du sens, on voudrait dire du « carburant », pour continuer et aller encore plus loin. C’est ce cheminement qui permet à l’homme de se parfaire et de parvenir à la vraie joie. S’il n’y avait que cela, nous mériterions déjà de le fêter, non ?! La Torah recèle tant d’enseignements de vie qui nous entraînent naturellement à en découvrir d’autres, à les intégrer, au point de faire corps avec eux et, au final, de nous construire. Chemin faisant, nous nous rapprochons toujours davantage du Emeth, de la vérité absolue. Et cela n’a manifestement pas de prix. Rien ne peut l’acheter. Seule la constance de notre effort peut nous y amener, nous procurer cette joie qui, en réalité, est à la portée de tous !
NOS COUTUMES
On en retiendra quatre que nous perpétuons à Shavouoth.
. Nos synagogues et nos demeures sont décorées de fleurs et de plantes vertes en souvenir du jour du Don de la Torah où le mont Sinaï était miraculeusement recouvert de verdure et de fleurs. Ce qui dénotait franchement avec le paysage désertique alentour.
. De nombreux hommes et jeunes gens étudient durant toute la première nuit de Shavouoth. La deuxième nuit et le jour qui suit sont uniquement fêtés par ceux qui demeurent en ‘Houtz LaAretz, en dehors d’Israël. On se souvient que l’événement du Matane Torah, du Don de la Torah, était tellement impressionnant, tant par la vision des éclairs que par les sonneries du tonnerre et du Shofar, que le Peuple a été littéralement projeté à des miles, a perdu connaissance et, de fait, a été ensuite en quelque sorte ramené à la vie. Cette veillée d’étude vient ainsi combler le temps durant lequel les Beneï Israël ont été privés de la possibilité d’étudier la Torah lors du Don de la Torah.
. À Shavouoth nos mères comme nos épouses préparent des mets lactés en souvenir du refus de Moshé Rabbénou de prendre le lait d’une nourrice égyptienne. C’était lorsqu’il avait été retiré du Nil par Bitia, la fille de Paro, Pharaon. Miriam, la sœur de Moshé Rabbénou, proposa alors à Bitia de faire appel à Yokhéved, sa mère, en tant que nourrice. Celle-ci put ainsi nourrir son fils en toute légalité, en dépit de l’ordre donné par Pharaon de tuer tous les nouveaux-nés mâles. Ses astrologues avaient perçu que l’un d’entre eux délivrerait les Beneï Israël de l’esclavage et les feraient sortir l’Égypte. Le Rav Frankforter shlita avait précisé lors d’un de ses cours sur la Parasha que « la bouche qui allait parler avec la Présence divine ne pouvait pas être souillée par du lait provenant d’une femme impure ».
. En souvenir de Ruth qui alla glaner l’orge dans les champs de Boaz à Beth Le’hem, à l’approche de Shavouoth, nous lisons la Meguila de Ruth qui relate son héroïsme et son don de soi pour servir HASHEM. Ruth était l’arrière grand-mère du roi David, duquel descendra Mashia’h, le Messie, que nous attendons tous pour bientôt et de nos jours. Amen !
Que nous puissions tous vivre Shavouoth le mieux possible, dans la joie bien sûr et avec l’élan, l’impulsion et l’élévation que cette fête nous inspire et qui ne devrait plus nous quitter. ‘Hag Saméa’h, joyeuse fête de Shavouoth, du Don de la Torah à tous !
Que chacun profite à son aise des cours audio sur Shavouoth. Que ce soit “Le Don de la Torah”, “La Torah Écrite et la Torah Orale”, ou “Recevoir Shavouoth” qui, comme tous les autres titres, sont accessibles en libre écoute depuis notre site. Les commentaires publiés à l’onglet “Parasha” et les “Mots du Jour” des années précédentes à l’onglet “Nos Écrits” combleront tous ceux qui aiment lire. Et, enfin, n’hésitez surtout pas à transmettre ce message à tout votre entourage dans la Communauté.
Avec nos meilleures pensées.
