3ème lumière de ‘HANOUKA – CLARIFICATION IMPORTANTE SUR LE FAIT QUE TOUT CE QUE FAIT HASHEM EST UNIQUEMENT POUR NOTRE BIEN.
Dans notre tout dernier « Mot du Jour » pour la fête de ‘Hanouka, nous le terminions par ces mots :
« C’est donc tout ce pan de notre histoire que nous devons revivre en remerciant HASHEM pour tous les miracles qu’Il a accomplis pour nous, qu’Il réalise encore et pour tout le bien qu’il nous fait constamment. Et cela, même lorsque nous ne le percevons pas immédiatement. Il suffit d’être convaincu que HASHEM n’intervient toujours et uniquement que pour notre bien. Très joyeux ‘Hanouka à tous ! »
Alors que simultanément à l’envoi de ce message se déroulait le terrible massacre de Sydney en Australie, au cours duquel au-moins 15 juifs furent assassinés et des dizaines d’autres furent blessés.
D’aucuns se sont étonnés, d’autres se sont peut-être même élevés contre ce que nous avons écrit sans nous le dire et ont pu penser : « Comment pouvez-vous affirmer que tout ce que fait HASHEM est pour le bien ?! Voyez ce qui vient de se passer. Sans compter toutes les épreuves que le Peuple Juif a subits, ne fusse que durant le siècle passé avec la Shoa* ».
C’est vrai que lorsque l’on souffre, il y a la souffrance et rien d’autre. Elle est parfois totalement insupportable. Quel sens lui donner ? Certes, la logique veut que l’on vive, et même que l’on vive bien, sans souffrir. À nous de faire tout notre possible pour cela. Mais nous sommes limités. Nous avons certes un rôle à jouer lorsque nous donnons la vie. N’oublions pas toutefois que nous ne sommes pas les seuls à décider. En dernier ressort, chacun sait que la vie elle-même ne dépend pas de nous**. Notre regard doit être posé à un autre niveau, sur une intention plus haute, plus lointaine, moins immédiate, qui attribue des rôles. Nous sommes, disons-le schématiquement, à la fois sujets et objets.
Sujets, par le fait que nos actions s’inscrivent positivement ou négativement. Elles sont inspirées par notre libre arbitre eu égard aux situations rencontrées dans un espace balisé et régi par des lois. C’est en fonction de cela que des « champs » de possibles s’ouvrent à nous ou bien se ferment, toujours par l’intervention de la Providence.
Objets, parce que nous dépendons du Maître du monde. Il s’est associé avec notre père et notre mère pour autoriser notre venue au monde. Il perçoit et prend en compte les gestes et les pensées de chacun d’entre nous, et cela à plusieurs échelles.
. Un niveau microscopique, si l’on peut dire, en considérant chacun individuellement. « Il (HASHEM) veille sur chacun d’entre nous individuellement ». C’est ce que nous avons à l’esprit lorsque nous prononçons son nom dans le Shema Israël.
. Un niveau plus global aussi, en considérant une partie, petite, grande ou même toute l’humanité. Cela, en y intégrant tant les notions d’espace, de lieu, que celle de temps.
Ainsi, un événement qui se produit aujourd’hui en tel endroit pourrait entraîner une intervention divine qui affecterait tel groupe de personnes, en tel lieu et dans « x » temps.
C’est vrai que la vie de chaque être a une valeur sans prix. Elle peut être tourmentée par une sensation physique aussi bien que métaphysique. Marcher avec une profonde épine dans le pied rend le moment insupportable. Une vexation ou encore l’annonce de la perte d’un être cher peut affecter autant et même davantage.
Interpellons cela maintenant à une tout autre échelle. Si la souffrance vécue par un petit groupe pouvait épargner celle d’un très grand groupe, ne pourrait-on pas penser que cela serait moins grave, moins dramatique et donc plus tolérable ? Dans le judaïsme cela ne se justifie pas. On ne peut sacrifier un homme au profit du Klal, pour sauver un ensemble de personnes, sauf s’il s’avère qu’il est déjà passible de mort. Or c’est pourtant une pratique courante parmi les nations. Les bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki ont fait plus de cent mille morts. Mais elles ont aussi peut-être « permis » d’en sauver des millions en ce qu’elles ont signé la fin de la deuxième Guerre mondiale. Cette dernière, on le sait, a fait quelque 40 millions de morts***.
Imaginons que le massacre qui eut lieu à ‘Hanouka sur la plage de Sydney entraîne une prise de conscience générale contre la violence, le terrorisme, l’antisémitisme. Que suite à cela, des mesures efficaces, réellement dissuasives, soient prises un peu partout dans le monde, même de façon progressive. Qu’en conséquence de cela, les foyers de terrorisme se vident comme un abcès et s’assèchent complètement. Ce serait en soi merveilleux (sans pour autant accepter de lier la cause à l’effet) ! Combien de vies et de souffrances pourraient être épargnées ? Et d’aucuns éprouveraient de la gratitude envers ceux qui ont payé de leur vie en ce jour de ‘Hanouka à Sydney, pensant que c’est aussi par leur biais que cela aurait été rendu possible. Mais il y a lieu de craindre que ce ne soit que pure utopie et, qu’à notre très grand regret, il pourrait ne rien en résulter. Trop de gouvernements ont peur de la vérité et d’agir en conformité. Serait-ce l’une des œuvres auxquelles Mashia’h, le Messie, que nous attendons tous pour bientôt, aura à s’atteler ?
Que voyons-nous de cela ? Que l’on peut essayer de réfléchir autant que l’on veut et, malgré cela, l’on n’aboutira nulle part. Pourquoi ? Parce que des données essentielles nous manquent. Nous ne sommes pas maîtres de la situation, loin de là. Elle est entièrement gérée par le Ciel. Il a Ses raisons, Ses objectifs. À nous d’essayer de les comprendre en suivant le mieux possible les règles et les préceptes qu’Il nous a donnés. Ils nous ont été dévoilés au Mont Sinaï par Moshé Rabbénou, Moïse, notre Maître. Règles et préceptes sont tous formulés dans la Torah. À nous de les étudier pour les vivre. Nous comprendrons alors qu’ils nous ont été prescrits uniquement pour notre bien et que tout ce que fait HASHEM est uniquement pour notre bien.
Les victimes de Sydney sont mortes « Al Kidoush Hashem », en sanctifiant le nom de D.ieu. C’est le statut le plus élevé et le plus apprécié par le Ciel. Au-moins cela leur est acquis et personne ne peut le leur prendre. Des dizaines d’autres ont été blessées et il nous faut prier pour qu’elles se rétablissent le plus complètement possible. Il reste que nous en sommes tous terriblement affectés et qu’il nous faut aussi prier pour que cette violence insupportable cesse. Et cependant il faut vivre et autant que possible remercier HASHEM pour la vie, la qualité de vie, dont nous jouissons, parce qu’Il nous en a fait don. Mais aussi parce qu’Il continue à veiller sur nous, même si nous ne le percevons pas encore. Sûr que si nous faisions l’effort de mieux scruter ce qui se déroule devant et tout autour de nous, nous pourrions prendre plus conscience de Sa présence, de Sa protection et de tout le bien que cette perception nous procure. Et pour cela il faut aussi remercier HASHEM, encore et toujours. Que chacun réussite du mieux qu’il peut pour qu’il y accède et que cela lui procure la plus grande joie.
‘Hanouka Saméa’h, très joyeux ‘Hanouka à tous !
*Chacun pourra trouver un vif intérêt à écouter le cours intitulé « Les Grands Malheurs et le Projet Divin » de Rav A.D. HEYMANN shlita, depuis notre site www.dvartorah.org
**Nous ne pouvons considérer le suicide, parce qu’il nous est strictement interdit de porter atteinte à notre vie. Celle-ci nous a été confiée, elle ne nous appartient pas, nous ne pouvons donc pas mettre fin à notre vie sous aucun prétexte.
***Dont 20 millions sont morts en URSS sous Staline.
