Le « Mot du Jour » 23 Kislev 5786 – 14 décembre 2025

HANOUKA 5786

‘Hanouka tombe cette année depuis ce dimanche soir 14 décembre au lundi 22 décembre 2025 inclus.

Un point n’a cependant pas encore été suffisamment abordé par nous jusqu’à présent, c’est l’inspiration, le courage et la capacité qu’a eu une famille, celle de Mattityahou ben Yo’hanan, Kohen Gadol, le grand Prêtre, à se révolter contre l’occupant Grec jusqu’à provoquer son éviction. Celui-ci était, au début, des milliers de fois supérieur en forces combattantes. Particulièrement cruels, les Grecs visaient à déraciner l’identité spirituelle du Peuple Juif en Israël. Rappelons quelques-unes de leurs exactions : 

. Chaque mariée devait être souillée par le gouverneur avant son mariage,

. Interdiction de la pratique du Mikvéh, le bain rituel, permettant la pureté familiale,

. Suppression des portes aux maisons privant leurs habitants de leur intimité, de leur sécurité et de la sainteté dans les foyers,

. Interdiction de procéder à la Brith Mila, la circoncision, 

. Obligation de graver sur les cornes des taureaux tirant les charrues qu’ils n’avaient pas de part dans le D.ieu d’Israël, 

. Interdiction de célébrer le Rosh ‘Hodesh, le nouveau mois, 

. Interdiction d’étudier la Torah, 

. Profanation du Temple de Jérusalem… 

Considérons l’interdit d’avoir une porte à l’entrée de sa demeure. Chacun sait que le foyer juif a la qualité d’un « Beith Mikdash Me’ath » un « petit Temple ». Il y règne une certaine Kedousha, sainteté, à l’instar du Mishkane, le Tabernacle dans le désert, et du Beith Hamikdash, le Temple de Jérusalem. Or cette Kedousha ne peut exister si les parties réservées aux Kohanim et aux Leviim étaient ouvertes et accessibles à tous, comme aux étrangers. Un foyer dans lequel la force occupante peut entrer à tout moment, perd l’intimité grâce à laquelle la Kedousha peut résider. Dès lors, La qualité de « petit Temple » lui est retirée. Les familles qui y vivent sont donc privées de la Présence divine ainsi que de Sa protection, de l’harmonie et de la paix qu’Elle insuffle. 

Une réflexion similaire peut évidemment être conduite pour chacun des autres interdits cités.

De plus, la puissance Grecque avait dévoyé une partie de la population juive, les attirant vers les gymnases et autres lieux de loisirs et de cultes idolâtres…

Cette oppression, plus la dégradation spirituelle et l’hémorragie causée au sein du peuple Juif, rendaient cette existence de plus en plus intolérable. Sans pouvoir respecter la Torah, la vie n’avait plus de sens. D’où la révolte. La famille de Mattityahou prit les armes et fut peu à peu rejointe par bien d’autres. La révolte grondait et des actions de guérillas menées sous l’étendard des Makabim harcelaient les troupes Grecques. Makabi est l’acrostiche de « Mi Kamokha BaÉlim » « Qui est comme Toi parmi les puissants… ». Par la Grâce divine, les armées grecques furent prises de panique lorsque la tête de Holopherne, le général d’armée de Antiochus, fut exposée sur la muraille de Yeroushalayim. Elles furent finalement évincées et Israël fut libéré de leur domination. 

Vint ensuite la purification du Temple et la découverte de la fiole d’huile pure qui servit à l’allumage de la Menora, le chandelier, durant 8 jours, au lieu d’un seul. C’est en effet ce miracle qui est mis le plus en avant et moins la rébellion des Makabim. Celle-ci relève peut-être plus de la Hishtadlouth, de l’effort et de la volonté manifestés pour leur libération, que de la recherche de la perfection dans l’accomplissement de la Mitzva qui consistait à purifier le Temple. 

D’ailleurs la Mitzva de l’allumage des lumières de ‘Hanouka se rattache au vécu du peuple Juif, dans le désert après la sortie d’Égypte. Lorsque les princes des tribus offrirent leurs somptueux présents pour le Mishkane, le Tabernacle, Aharon, le Kohen Gadol, au nom de la tribu de Lévi, n’y a pas été associé. HASHEM vit qu’il en était attristé et lui fit alors savoir qu’il ne s’inquiète pas. Sa part sera plus grande que la leur puisqu’il lui reviendra d’allumer chaque jour la Menora, le grand candélabre. Et même lorsque le Temple sera détruit, il sera associé à l’allumage des lumières de ‘Hanouka dans chaque foyer Juif (voir Bamidbar, Nasso et tout début de Baalothekha). 

C’est donc tout ce pan de notre histoire que nous devons revivre en remerciant HASHEM pour tous les miracles qu’Il a accomplis pour nous, qu’Il réalise encore et pour tout le bien qu’il nous fait constamment. Et cela, même lorsque nous ne le percevons pas immédiatement. Il suffit d’être convaincu que HASHEM n’intervient toujours et uniquement que pour notre bien. Très joyeux ‘Hanouka à tous !