MESSAGE À CŒUR OUVERT.
Chers Amis,
Les mots nous manquent pour exprimer au nom de toute la famille notre gratitude pour les dons et les soutiens reçus suite à la disparition tragique et brutale de notre gendre Rav Shmouel HaLévi BLOCH zatsal. Il s’est déjà écoulé plus d’un mois. Nous remercions très vivement HASHEM d’avoir donné à Ses émissaires la conscience et les moyens de prodiguer si généreusement leurs concours dans de telles circonstances. Que le mérite des Mitzvoth accomplies protège et plaide pour qu’il vous soit accordé tout ce dont vous avez besoin à l’aube de cette nouvelle année, que nous souhaitons pour vous douce, riche et bénie.
En témoignage d’amitié recevez ci-après ce qu’il m’a été donné de transmettre, en tant que beau-père de Rav Shmouel zatsal, lors de la célébration des Shloshim, du Mois. Elle s’est tenue au Kollel Shivteï Israël, à Paris, où Rav Shmouel zatsal a étudié ces cinq dernières années.
Ces lignes relatent ce qui a été évoqué lors de ma prise de parole avant la Kevoura, l’enterrement. Que cela serve aussi à consoler et à procurer un peu de sérénité à tous ceux qui ont perdu un être cher, que ce soit récemment ou pas. Qui que nous soyons, au-delà de la peine toute naturelle, l’être aimé ne souhaite pas que nous soyons affligés trop longtemps, car autrement comment pourrions nous servir HASHEM dans la joie ? Certes, il y a un temps pour pleurer, comme le Roi Shlomo le dit dans Kohéleth. Mais nous demandons aussi à HASHEM d’effacer les larmes de nos visages… Nous devons penser que là-haut, l’être aimé est accueilli comme un prince où toutes ses bonnes actions sont reconnues. Voici le texte :
Mon très Shmouel,
Mais il me faut t’appeler Rav Shmouel parce que tu es un Rav et même un grand Rav si l’on considère ton étude approfondie de la Torah, les Smi’hoth, les reconnaissances Hala’hiques qui t’ont été attribuées, mais aussi les très nombreux élèves que tu as formés et qui se sentent si redevables envers toi pour tes connaissances, ton sérieux dans la préparation de tes cours, ton immense patience et ta gentillesse. Tu n’as pas inspiré la crainte, mais l’amour, en toute modestie. Nulle part tu ne t’es imposé, mais ta marque, elle, s’est imposée naturellement et a inspiré le respect.
Je te demande Me’hila, pardon, de ne pas t’avoir assez montré combien je t’aimais et que je t’aime encore bien évidemment. J’en ai pris conscience suite à ton départ si subit, brutal, qui nous a tous pris au dépourvu. HASHEM t’a cueilli en un instant, tel une rose, la plus belle de Son jardin, parmi toutes les roses. Tous ceux qui te sont liés sont bouleversés. Pourtant HASHEM ne fait rien qui ne soit pour le bien et bon pour chaque homme. Alors comment comprendre ? Nous ne le pouvons pas. Les pensées de HASHEM ne sont pas celles des hommes. Il nous reste à croire et à faire confiance en la Providence et à attendre que quelque chose nous soit révélé. Probablement qu’en y pensant constamment, en priant et en implorant, il nous sera donné de comprendre.
C’est pour tout le monde un véritable choc et, pour ta famille, un immense tremblement de terre. HASHEM veut sûrement nous dire de faire très attention à ne pas perdre son temps en futilités, en bêtises, en disputes même, à éprouver de la rancœur envers quiconque. Car la rancœur naît d’un reproche, d’une critique négative qui, en définitive, sont porteurs d’un sentiment de haine. Or on s’en souvient. Il y a peu nous venons de vivre le 9 Av et tout ce que cela représente, dont la destruction des deux Beith Hamikdash, les deux Temples de Jérusalem. Le deuxième a été détruit du fait de la haine gratuite qui régnait alors en Israël. C’était la plus grave de toutes les fautes qui nous a plongés dans le plus long exil, près de deux mille ans ! Or il nous faut mettre « le holà » et réfléchir. Est-ce que tout cela vaut vraiment la peine de se priver, de souffrir et de faire souffrir ? Au lieu d’être Makpid, de reprocher, d’être trop exigeant, pointilleux, regardant, voire rigide, soyons au contraire tolérants, longanimes et sachons pardonner les écarts, bien souvent accomplis par insouciance ou inconscience. Le pardon, c’est faire preuve de ‘Hessed, de bonté. C’est un don que l’on fait à autrui. Comme tous les dons faits sans attendre quoi que ce soit en retour, c’est aussi un acte de ‘Hessed envers soi. C’est prendre soin de soi, de nous. « Bishvili Nivra HaOlam », c’est pour moi que le monde a été créé. Je suis donc important. Un roi ne peut faire ce qu’il veut. Il ne peut se négliger. Il perdrait toute considération, et son rang et son statut et son trône. Nous sommes des Benei Melakhim, des fils de roi, des fils et des filles du Roi des rois. Ne l’oublions pas. HASHEM Natane VeHASHEM Laka’h, HASHEM a donné et Il a repris. Chacun de Ses dons est un bien inestimable qu’Il nous a attribué gratuitement. Certes, le mérite de nos pères, comme celui découlant de nos actions, de notre conduite et de nos Midoth Tovoth, nos beaux traits de caractère, peuvent influer sur ce que nous pouvons recevoir. Mais rien, absolument rien ne nous est dû. C’est donc un cadeau qui, en fait et d’une certaine manière, ne nous appartient pas. Nous ne pouvons donc ni revendiquer, ni nous en enorgueillir. Et moins nous en tirons profit, plus nous nous sentons détachés et humbles, plus nous nous approchons de ce que Le Créateur souhaite de mieux pour nous. Par l’étude de la Torah et son enseignement, sans le souci d’en retirer le moindre avantage, donc LeShem Shamayim, pour la gloire du Nom de HASHEM, en faisant abstraction de soi, assurément on y parvient. C’est ce que faisait Zirkhono Livrakha Rav Shmouel ben Rav Rephaël Shimon Halévi BLOCH Yibadel Le’Hayim Tovim VeAroukim. Que d’ici-là, sois Mélitz Yoshèr, interviens, plaide et intercède au Ciel pour le bien et la protection de ton épouse qui t’a toujours soutenu et qui a réellement été une Ézer Kenégdo et une Ésheth ‘Haïll. Que tu sois aussi Mélitz Yoshèr pour tes merveilleux enfants. Que tu sois Mélitz Yoshèr pour tes parents, qu’ils soient en bonne santé, pour tes frères et tes sœurs, pour tes élèves aussi, pour tes ‘Havérim du Kollel et leurs familles, pour tous les membres de la communauté de Rashi Shoule, celle de Rambam et de toutes les communautés dans lesquelles tu as œuvré, pour tout le Klal Israël, Amen ! De là où tu vas résider, fais que tous soient protégés, que ta chère épouse, mais aussi tes enfants, tes frères et tes sœurs, comme tes parents, parviennent à surmonter la peine immense qui les submerge aujourd’hui. Qu’ils puissent la surmonter, comme c’est le propre de toute épreuve d’être surmontée. Que HASHEM Les aide et nous aide tous. Qu’ils sachent que nous sommes à leurs côtés. Nous ne resterons pas indifférents, ‘Hass VeShalom, à D.ieu ne plaise. Nous, comme tous ceux qui vous sont chers. Oubila HaMaveth LaNétza’h OuMa’ha HASHEM ÉLOKIM Dima MéAl Kol Panim, que la mort disparaisse à jamais et que HASHEM efface les pleurs de tous les visages, Amen.
Aujourd’hui, à l’occasion de la célébration des Shloshim, du mois, que pouvons nous ajouter ? Tout d’abord des remerciements fraternels à tous ceux qui ont pris part, que ce soit par leur soutien moral, affectif, spirituel et matériel. À commencer par le Rav ‘Habad Rav TEBOUL et la Rabbanith de Bastia qui ont été admirables ainsi que le grand Rabbin PINSON de Corse qui, après le drame terrible, ont accueilli ma fille et ses enfants comme des membres de leur famille et qui ont œuvré pour rendre chaque contact, formalité ou démarche pour leur départ les plus faciles possible. Puis tous ceux qui ont agi par leur soutien financier, que cela soit venu du côté ‘HABAD, celui de Rashi Shoule, qui tous deux ont pris l’initiative de lancer une cagnote via AlloDons, celui de Rambam rue Galvani, celui du Kollel Shivteï Israël et de tous ces inconnus qui se sont manifestés et ont aidé. Et nous avons senti une immense Siyata DiShemaya, une grande aide du Ciel, tant de fois et aux moments les plus cruciaux et il y en eu. Mais au-delà de cette reconnaissance éternelle de notre famille envers eux, je voudrais évoquer une réflexion qui apparaissait déjà en filigranne dans le Hesped prononcé juste avant la Kevoura. C’est le fait qu’il ne faut pas attendre que les personnes soient appelés dans le monde de vérité pour reconnaître leurs qualités et leur grandeur. Chacun de nous contient en lui une émanation de HAKADOSH BAROUKH HOU, c’est notre Neshama, notre âme. Il est de ce fait exceptionnel et il ne faut pas se priver de le lui dire et pas une fois, mais chaque fois qu’il le mérite et pas seulement lorsqu’il se dépasse. Certes, il ne faut pas alimenter un sentiment d’orgueil. Mais en prenant les précautions et en étant attentifs aux réactions, on doit savoir comment agir. C’est vrai que c’est un travail en soi, mais cela vaut la peine à tous points de vue. Notamment parce qu’en procédant ainsi nous concourons à dévoiler le potentiel d’autrui, celui que HASHEM a mis en chacun de nous. Cela peut lui donner des ailes pour réaliser et se réaliser au lieu d’avoir à « ramer », parfois durant des années et le plus souvent à contre courant.
Le deuxième point est celui de la Anava, la réserve, la modestie, l’humilité. Tout le monde connaît la réponse de Moshé Rabbénou : “Ana’hnou Ma ? Que sommes-nous ?” Nous n’avons rien à prétendre, rien à attendre. Personne n’est redevable envers nous de quoi que ce soit. Et pourtant, HAKADOSH BAROUKH HOU nous donne tout. C’est ce mélange de ne rien attendre et d’être capable de tout pouvoir qui donne à l’homme son sens et sa capacité d’agir.
Le troixième point est à relier au testament de Rav Schakh zatsal dans lequel il indiquait que chaque Avrekh devait consacrer au minimum deux heures par semaine à étudier avec quelqu’un pour le rapprocher et l’attacher au Limoud Torah. Notre Rav Shmouel a rempli son « contrat » chaque jour et pas seulement une fois par semaine. Et cela a certainement contribué à son épanouissement.
Enfin, le quatrième point est celui de la Sim’ha, de la joie intérieure qui habite l’homme et qui l’accompagne dans chacun de ses actes. Elle est le fruit à la fois de la compréhension que rien ne nous est dû, de l’humilité qui en découle et du sentiment de gratitude éprouvé envers HAKADOSH BAROUKH HOU Qui nous donne tout gratuitement. Il nous remplit et nous fait vivre lorsque nous étudions la Torah Lishma, pour elle-même, pour ce qu’elle est, sans l’intention d’en retirer un profit personnel.
Ce sont ces sentiments, ces attitudes et cette plénitude qui guidaient et nourrissaient chaque jour Rav Shmouel dans ses contacts, le renforçait et réjouissait tant son entourage. Tiyé Nishmato Tzoura Betzror Ah’Hayim ! Amen ! Que son âme soit rattachée au faisceau de la vie !
Shana Tova, Metouka OuMevorékhèth ! Merci de transmettre ce message autour de vous dans la Communauté.
Ceux qui souhaiteraient encore pouvoir participer en contribuant au soutien de la veuve et des orphelins le peuvent à l’aide du lien suivant : https://www.allodons.fr/dvar-torah-parole-de-torah/categories/rav-shmuel-bloch
