Le « Mot du Jour » 17 Tamouz 5786 – 02 juillet 2026

LE JEÛNE DU 17 TAMOUZ

Il a lieu depuis le 17 Tamouz 5786 – 2 juillet 2026 – dès 03:51 du matin jusqu’à 22:50 à la nuit tombée. 

Le premier événement fort, dramatique et déterminant de ce jour est le bris des Tables de la Loi -encore appelées les Tables de l’Alliance- par Moshé Rabbénou. 

Elles lui avaient été confiées par HASHEM au mont Sinaï où Moshé Rabbénou y était monté seul à l’appel de HASHEM le 7 Sivan, soit 51 jours après la sortie d’Égypte. C’était le lendemain du Don de la Torah aux Beneï Israël, révélé par l’énoncé par HASHEM des 10 paroles, le décalogue ou encore les 10 commandements. Ce sont ces 10 paroles que HASHEM avait Lui-même gravées sur les deux Tables de l’Alliance, également taillées par Lui.

Pour mémoire, lorsque Moshé Rabbénou monta au Ciel, les Anges demandèrent de façon dédaigneuse « Qu’est-ce que ce fils d’Homme vient y faire ? » Hashem leur répondit qu’il était venu pour recevoir la Torah et la faire descendre sur terre. Les Anges protestèrent et dirent que les hommes n’étaient pas dignes de la recevoir. Ils prétendaient qu’elle leur était réservée. Les secrets qu’elle recelait exigeait une très grande élévation spirituelle à laquelle, selon eux, les hommes ne pouvaient avoir accès. La Torah n’existait-elle pas déjà 2000 ans avant la création du monde, soit 974 générations avant la création, plus les 26 générations qui s’étaient écoulées depuis ? HASHEM exhorta alors Moshé à répondre aux Anges. Moshé Rabbénou dit qu’il craignait d’être brûlé par leur haleine. Il ne leur répondit qu’après que HASHEM l’ait assuré qu’en s’agrippant au trône céleste il ne risquait rien. Il ne fait aucun doute que HASHEM le protégeait. Et Moshé Rabbénou dit à HASHEM : « Qu’est-il écrit dans la Torah que Tu me donnes « Je suis HASHEM votre D.ieu Qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte » Puis il dit aux Anges « Êtes-vous descendus en Égypte ? Étiez-vous esclaves de Pharaon ? Pourquoi la Torah serait-elle à vous ? » Puis il demanda : « Qu’y est-il écrit : « Vous n’aurez pas d’autre D.ieu » Est-ce que vous vivez parmi des nations imbibées d’idolâtrie ? » -pour ne pas devoir résister à leurs tentations-.  Puis il leur demanda encore : qu’est-il écrit dans la Torah : « Tu te souviendras du jour du Shabbath et tu le sanctifieras » « Quels travaux faites-vous que vous ayez besoin de chômer ce jour-là ? Puis Moshé Rabbénou demanda : Il est écrit : « Vous ne prononcerez pas le Nom de HASHEM en vain » « Faites-vous du commerce et avez-vous besoin de prêter serment -pour faire valoir vos droits dans vos transactions devant un Beth Din (tribunal Rabbinique)- ? Puis il est écrit : « Honore ton père et ta mère » « En avez-vous ? ». Puis, il est écrit : « Ne tuez point ! Ne commettez pas d’adultère ! Ne volez pas ! La jalousie existe-t-elle parmi vous ? Êtes-vous habité par le Yétser Hara, le mauvais penchant ? »  -pour que vous soyez tentés de commettre de tels crimes ?- Les Anges n’étaient en mesure de réaliser que le Nishma, l’entendement, de comprendre le message caché de la Torah. Tandis que lors du Don de la Torah, les Beneï Israël s’étaient engagés à l’accepter en disant « Naassé VeNishma » : nous ferons et nous comprendrons (en la faisant il nous sera alors donné d’en saisir le message). C’était donc une position supérieure à celle des Anges puisqu’elle sous-tend un accomplissement. Les Anges reconnurent alors que HASHEM avait raison et qu’il était donc préférable qu’Il donne la Torah à Israël plutôt qu’ils ne la gardent. De dénigrants, ils devinrent aimants et offrirent des cadeaux à Moshé Rabbénou.

Moshé Rabbénou resta 40 jours au Ciel (sur le mont Sinaï) en contact permanent avec HASHEM Qui lui enseigna les profondeurs de la Torah. De sorte qu’une très grande intimité de pensée était née. Moshé Rabbénou pouvait vivre, penser et agir, en harmonie avec ce qu’aurait fait HASHEM selon les circonstances qui se présentaient. 

C’est dans cet esprit que Moshé Rabbénou est revenu rejoindre le camp d’Israël établi tout près du Mont Sinaï. 

C’est alors qu’il entendit des cris, des chants et qu’il vit les Beneï Israël danser autour du veau d’or. Moshé Rabbénou comprit que le peuple n’était pas en mesure d’accueillir les Tables de la Loi qu’il portait avec lui pour les lui donner. Il les jeta à terre et elles se brisèrent. (Tout ceci est décrit à partir des pages 88 et 89 du traité Shabbath, Talmud Bavli, ed. Metivta). Les lettres gravées dans la pierre s’étaient envolées vers le Ciel. Les Tables étaient alors trop lourdes pour être portées par Moshé Rabbénou.

Les Tables taillées et gravées par HASHEM, imprégnées de l’Esprit de D.ieu, en l’occurrence ce qu’il y avait de plus saint, ont pu être jetées à terre par Moshé Rabbénou avec l’approbation de HASHEM -qui nous est révélée traité Shabbath 87a-. Voilà le 1er moment dramatique et déterminant de ce jour, le 17 Tamouz. 

Il est vrai que cette manifestation autour du veau d’or n’exprimait pas au début une réelle intention de servir un culte idolâtre. Les instigateurs voulaient remplacer Moshé Rabbénou pour continuer à servir HASHEM. Celui-ci, selon leur appréciation, avait tardé à redescendre du mont Sinaï. Le Satan était à l’œuvre. Il avait réussi à leur faire croire que Moshé Rabbénou était mort. Tout d’abord et principalement parmi le Érev Rav, composé d’Égyptiens qui avaient demandé à se joindre au Peuple Hébreu lors de la sortie d’Égypte. Le Satan parvint à faire apparaître dans le ciel une représentation du cercueil de Moshé Rabbénou. Ils se sont adressés avec une insistance extrême à Aharon HaKohen, le frère de Moshé Rabbénou, pour qu’il réponde à leur attente. Les 70 Zekénim, qui s’étaient opposés à eux furent réduits au silence. ‘Hour, le fils de Miriam qui était lui-même prophète, voulut à son tour leur faire entendre raison, s’est interposé, il en a payé de sa vie. Aharon HaKohen comprit alors le risque énorme qu’encourait toute la nation, car si lui, le Kohen Gadol aussi mourrait le jour où un prophète a été assassiné, cela causerait un vide intolérable qui pourrait être fatidique pour tout le Peuple. Il comprit qu’il fallait temporiser, placer des embûches et gagner du temps pour que Moshé Rabbénou puisse revenir à temps pour éviter la catastrophe. Il leur dit qu’il fallait d’abord construire un autel pour y faire des sacrifices. Enfin, il leur dit de revenir le lendemain avec l’or des anneaux et boucles d’oreilles de leurs femmes et ceux de leurs enfants. Leurs femmes refusèrent de les donner. Ce qui leur valut de leur voir attribué le jour de Rosh ‘Hodesh -le premier jour du mois- en tant que récompense. Finalement les hommes durent se séparer de leurs propres boucles et anneaux. Ils amenèrent l’or demandé, dont une plaque sur laquelle Moshé Rabbénou avait gravé « Alé Shor », « monte, élève-toi taureau », qui avait été récupérée par Mikha, un enfant que les Égyptiens avaient emmuré, pour remplacer les briques que les Hébreux n’avaient pu fournir. Mikha avait donc été sauvé par Moshé Rabbénou bien que HASHEM savait qu’il n’en résulterait rien de positif. On s’en souvient, Moshé Rabbénou avait jeté cette plaque dans le Nil à l’endroit où les Égyptiens avaient enfoui le cercueil de Yossef pour empêcher les Benéï Israël de sortir d’Égypte. Ils savaient que Yossef leur avait fait prêter serment d’emporter ses ossements lorsqu’ils quitteraient l’Égypte. Le cercueil de Yossef était alors remonté aussi vite qu’un bouchon à la surface du Nil. Aharon HaKohen prit l’or, le jeta dans le feu et il en sortit un veau. C’est autour de ce veau qu’ils se sont mis à danser, à se dévoyer et à offrir un spectacle incompatible avec la réception des Tables de l’Alliance que Moshé Rabbénou voulait leur donner au nom de HASHEM.

Les instigateurs, nous l’avons vu, étaient parmi le Érev Rav. Mais le fait qu’une partie du Peuple ait assisté sans s’y opposer supposait une forme d’acquiescement de sa part, d’où une culpabilité partagée.

Après quoi, Moshé Rabbénou saisit le veau d’or, le pilla, au point de le réduire en poussière, qu’il mélangea à de l’eau lustrale et fit boire à tout le Peuple. Ceux qui avaient servi l’idole du veau d’or mouraient dans de grandes souffrances, les mêmes qu’eut à subir la Sota, la femme infidèle, lors de son épreuve face au Kohen au Beth Hamikdash. 

De plus, Moshé Rabbénou appela : « Mi LaShem Élaye ? » que tous ceux qui sont avec HASHEM viennent à moi, prenez vos épées et soyez prêts à tuer, même vos frères, s’il le fallait. Trois mille hommes périrent ce jour-là. Il s’avéra que personne de la tribu de Lévi n’avait pris part à la faute du veau d’or. Depuis lors, les Léviim remplacèrent les premiers-nés dans leurs prérogatives, puis dans le service du Mishkane, le Tabernacle, lorsqu’il fut inauguré le 1er Nissan suivant. Ceci eu lieu les 17 et 18 Tamouz.

Avant la faute du veau d’or, la Présence divine résidait partout parmi les Beneï Israël. « VeShakhaneti BeTokham, BeTokh Kol É’had VeÉ’had » « Je résiderai parmi vous » comprenez « en chacun d’entre vous ». Après la faute du veau d’or, la Présence divine eut besoin de se retirer dans un lieu à part, protégé, d’accès réservé. Elle se manifesta d’abord dans le Ohèl Moëd, la Tente d’Assignation, où Moshé Rabbénou se rendait pour parler avec HASHEM. Puis, plus tard, dans ce qui donna lieu à la construction du Mishkane, le Tabernacle, pour servir HASHEM et y offrir les sacrifices.

Le lendemain, le 19 Tamouz, Moshé Rabbénou monta à nouveau sur le mont Sinaï et y implora la clémence de HASHEM dans Son jugement des Beneï Israël. L’enjeu était colossal parce que HASHEM était prêt à anéantir tout le Peuple et à tout recommencer à partir de Moshé Rabbénou. Ce dont Moshé Rabbénou s’est opposé, au point que si HASHEM ne voulait pas pardonner, Moshé Rabbénou Lui demandait d’effacer son propre nom de la Torah. Il plaida que ce serait un terrible ‘Hilloul HASHEM, une profanation de Son Nom, qui serait perçu comme une immense faiblesse. Les nations auraient alors pu comprendre que HASHEM était dans l’incapacité de supporter Son Peuple et qu’Il l’aurait emmené dans le désert pour l’y faire mourir. 

Moshé Rabbénou demeura lors de cette deuxième montée au Sinaï à nouveau durant 40 jours, qu’il consacra à prier pour obtenir le pardon d’Israël. Il en redescendit le 29 Av. Puis il y remonta une troisième fois, le Rosh ‘Hodesh Elloul, cette fois avec de nouvelles Tables qu’il avait lui-même taillées à la demande de HASHEM. Moshé Rabbénou en redescendit 40 jours plus tard, une fois le pardon obtenu, le 10 Tishri, le Jour de Kippour suivant, avec les nouvelles Tables sur lesquelles HASHEM avait gravé les mêmes 10 Commandements que sur les premières. 

Outre le bris des Lou’hoth, des Tables de l’Alliance, quatre autres événements tragiques eurent lieu le 17 Tamouz. 

Lors du siège de Jérusalem par Babylone, à l’époque du 1er Temple, le Korban Tamid, le sacrifice d’un mouton le matin et en fin d’après-midi, ne put être offert faute de menu bétail.

Une brèche fut percée dans les murailles de Jérusalem, prémisse de la destruction du 1er Temple le 9 Av. 

Apostomos brûla un rouleau de la Torah (quel rouleau de la Torah ? Celui écrit par Ézra le Sofer ?…) – et une idole fut installée dans le 2ème Temple, probablement durant la domination grecque.

Une première brèche fut percée dans la muraille de Jérusalem en l’an 69 à l’époque du 2ème Temple par les Romains, ce qui a conduit à la destruction du Temple le 9 Av et à l’exil du Peuple Juif.

Nous essaierons d’y revenir avant le 9 Av. D’ici-là « Tsom Kal », Jeûne facile, pour tous ceux qui peuvent jeûner. Rappelez-vous qu’il est totalement exclus que quiconque coure un danger à cause du jeûne. S’il y a un doute, d’ordre médical, parlez-en à votre Rav.

Avec l’espoir de vous retrouver bientôt ! 

Et pensez à transmettre ce message tout autour de vous dans la Communauté. ‘Hazak OuBaroukh !