PESSA’H 5786 – BRÈVE HISTOIRE DE LA SORTIE D’ÉGYPTE
Les Prémices.
Lors du “Brith Bein Habetarim”, l’alliance des morceaux, Avraham Avinou offrit à HASHEM le sacrifice qu’Il lui avait prescrit. HASHEM lui annonce que sa descendance demeurera dans un pays étranger. Elle y sera asservie et l’objet de brimades durant 400 ans (Bereshith, Lekh Lekh, 19, 13). Cependant, elle en ressortira avec de grandes richesses. Auparavant, HASHEM promit à Avraham Avinou que la Terre d’Eretz Israël lui reviendra en héritage. Suite à quoi Avraham Avinou demanda : “Comment saurai-je que j’en hériterai ?” C’est en considérant l’étonnant manque apparent de confiance en HASHEM, contenu dans cette question, que l’on comprend pourquoi HASHEM fit plus tard migrer la descendance d’Avraham Avinou. Celle-ci devait être parfaitement soudée pour marcher dans Ses voies. Les épreuves, les brimades et la servitude qui les attendaient en pays d’Égypte allaient “s’en charger”.
Ce serait donc depuis cet instant que le plan divin se mit en place en suivant la chronologie décrite ci-après, probablement de façon par trop schématique. Ce qui suit provient uniquement de l’enseignement de nos maîtres et des ouvrages de Torah à la portée de tous, principalement du Livre de Bereshith et, bien évidemment, de celui de Shemoth, dont les Parashioth (sections de la Torah lues de semaine en semaine) Shemoth, Vaéra, Bo et Beshala’h.
Le point déclencheur est sans doute la préférence manifestée par Yaakov Avinou envers son fils Yossef, le fils aîné de Ra’hel, sa femme préférée. Yossef reçut une magnifique robe à rayures qui le distinguait de celles de ses frères. Suivit la jalousie des frères de Yossef, puis la vente de Yossef par ses frères à une caravane qui descendait en Égypte. Acheté en tant qu’esclave, Yossef s’est très vite vu confier la gestion de la maison de Potifar, ministre de Pharaon. Puis il passa dix ans en prison pour avoir refusé les avances de la femme de Potifar, qui l’avait calomnié. Puis Yossef dut subir encore deux ans de prison supplémentaires du fait qu’il plaça sa confiance en l’échanson au lieu d’en HaKadosh Baroukh Hou. Yossef avait révélé à l’échanson le sens de son rêve et sa réhabilitation très prochaine auprès de Pharaon, contrairement au destin du panetier qui, lui, fut pendu. Puis vinrent les rêves de Pharaon. L’appel soudain à Yossef pour les résoudre. La nomination de Yossef en qualité de vice-roi et son règne sur l’Égypte. Sa gestion des sept années d’abondance pour faire face aux sept années de famine qui allaient suivre, annoncées par les rêves de Pharaon. Puis le dévoilement de Yossef à ses frères et la descente des soixante-dix membres de la famille de Yaakov Avinou en Égypte. Puis l’asservissement, d’abord de façon insidieuse, puis de plus en plus ouvert, dur et cruel, des Béné-Israël. Il commença après la mort de Lévi, qui mourut en dernier parmi les fils de Yaakov Avinou. Les astrologues de Pharaon avaient perçu qu’un enfant allait naître et qu’il viendrait délivrer et faire sortir les Beneï Israël d’Égypte. Pharaon décida de faire jeter dans le Nil tous les nouveaux-nés mâles. Amram, qui était le grand de la génération, décida de divorcer d’avec sa femme. Tous les hommes firent de même. Miriam, la fille d’Amram, dit à son père qu’il était plus cruel que Pharaon. Celui-ci ne visait que les garçons, tandis que lui, Amram, empêchait aussi la venue au monde des filles. Amram comprit son erreur et épousa à nouveau sa femme, Yo’hévèd. Tous les hommes épousèrent à nouveau leurs femmes. Moshé put ainsi naître dans son foyer. Mais à peine âgé de trois mois, sa mère le déposa dans un berceau d’osier sur le Nil. Elle ne pouvait plus le garder, au risque qu’il soit saisi par la milice de Pharaon et jeté dans le Nil. Bitia, la fille de Pharaon, l’y découvrit, en allant se baigner. Enfreignant l’ordre de son père, Bitia le confia à Yo’hévèd, la mère de Moshé, grâce à l’intervention de Miriam, la sœur de Moshé, qui veilla de loin sur son frère pour savoir ce qu’il en adviendrait. Puis, quand Moshé fut sevré, il grandit au palais de Pharaon, en tant que fils adopté de Bitia. Un jour, il saisit la couronne de Pharaon et la mit sur sa tête. Il fut soupçonné de vouloir viser le trône et d’être celui qui libérera les Hébreux. Yitro, conseiller de Pharaon, suggéra qu’on teste son intelligence. Un plateau de diamants et un autre contenant des braises incandescentes furent posés devant Moshé. Il devait choisir entre les deux. Sa main se dirigea naturellement vers le plateau de diamants, mais l’ange Gabriel la détourna, lui fit prendre des braises qu’il porta à sa bouche, la brûla et il devint bègue. Moshé n’apparut alors pas assez intelligent pour être celui qui allait libérer les Beneï Israël et les faire sortir d’Égypte. La menace qui planait sur lui fut ainsi écartée. Moshé sortit plus tard voir les Hébreux Il vit qu’ils étaient maltraités et il fit ce qu’il put pour les soulager. Un jour un Égyptien frappa un Hébreu Moshé vit, par esprit prophétique, qu’il ne sortirait rien de sa descendance et le fit mourir en prononçant le Nom divin, puis il l’ensevelit dans le sable. Une nuit, cet Égyptien avait éloigné le mari d’une femme hébreu pour prendre sa place et abuser d’elle. Le lendemain, le mari et le frère de cette femme se disputèrent. Moshé vit leur querelle et voulut leur faire entendre raison. Ils l’accusèrent de vouloir s’élever en juge sur eux et d’agir comme il le fit avec l’Égyptien. Moshé prit alors conscience du bas niveau de moralité du Peuple qui pouvait user de Lashon Hara, de médisance, mais aussi qu’il risquait d’être dénoncé. Il le fut effectivement. Condamné à mort, Moshé fut toutefois sauvé du bourreau. Son cou était miraculeusement devenu dur comme du marbre. Il n’a pas demandé son reste et réussit à s’enfuir. Moshé avait alors vingt ans. Il se rendit au pays de Kouche, qui correspond à l’Éthiopie, et y régna durant vingt ans. Il abdiqua lorsqu’on voulut lui imposer d’épouser la femme du précédent roi de Kouch Puis il alla à Midiane où il vit des bergers s’en prendre à des bergères. Moshé vint à leur secours. C’étaient les filles de Yitro. On l’a vu, Yitro était conseiller de Pharaon, en même temps qu’Iyov -ou Job- et Bil’am. Il était aussi l’ancien grand prêtre à Midiane. Yitro avait renoncé à sa charge de grand prêtre idolâtre parce qu’il n’y croyait plus. En représailles, personne ne voulait le servir et Yitro fut contraint d’employer ses propres filles pour mener ses troupeaux. Moshé fut invité chez Yitro. Il reçut Tzipora, l’une des filles de Yitro, pour épouse, lorsqu’il réussit à déterrer le bâton de Yaakov qui était très solidement, en fait miraculeusement, enfoncé dans le jardin de Yitro. Yitro l’avait prélevé du trésor de Pharaon avant de s’enfuir d’Égypte.
La Révélation
Tzipora eut deux garçons : Guershom et Éliézer. Peu avant la naissance d’Éliézer, Moshé vit un agneau s’enfuir. Il voulut le rattraper pour le ramener au troupeau. L’agneau finit par conduire Moshé au ‘Horèv, le mont Sinaï. Là, Moshé vit le buisson ardent qui ne se consumait pas (Shemoth, 3, 2). Moshé était intrigué. C’est alors qu’un dialogue avec HASHEM commença et se prolongea durant une semaine. HASHEM exhorte Moshé d’aller délivrer les Hébreux de l’esclavage, de les faire sortir d’Égypte et de les conduire vers une terre où coule le lait et le miel. Moshé ne s’en trouvait pas digne et refusa la mission. HASHEM lui dit de jeter son bâton à terre. Il devint un serpent. Moshé prit peur et s’enfuit. Puis HASHEM lui dit de saisir le serpent par la queue et il redevint son bâton. Puis HASHEM lui dit de mettre sa main dans son sein, puis de l’en sortir. Sa main était recouverte de lèpre et était devenue blanche comme neige. Puis, Il lui dit de la remettre dans son sein et de l’en ressortir. Sa main retrouva son aspect sain d’avant. Et si cela ne suffisait pas, Moshé devait prendre de l’eau du Nil et la verser à terre. L’eau se transformera alors immédiatement en sang. Moshé rétorqua qu’il était bègue et qu’il lui était difficile de parler. HASHEM lui dit : « Qui a fait à l’homme une bouche, l’a rendu muet ou sourd, intelligent ou aveugle, si ce n’est Moi ? » Moshé finit par accepter la mission qui lui était confiée lorsque HASHEM lui annonça que son frère Aharon était en chemin pour le rejoindre et qu’il éprouvait de la joie que la mission ait été confiée à Moshé. Aharon sera le porte-parole de Moshé auprès de Pharaon.
Moshé avait promis à Yitro qu’il ne quitterait pas sa maison sans son autorisation. Yitro comprit l’urgence et autorisa Moshé à rejoindre ses frères en Égypte. Moshé avait séjourné quarante années à Midiane. Tous ceux qui pouvaient lui nuire avaient depuis cessé d’exister. Datan et Aviram, le mari ainsi que le frère de la femme qui avait été abusée par l’Égyptien, et qui avaient dénoncé Moshé à Pharaon, s’étaient entre temps appauvris. De ce fait, ils étaient considérés comme morts et n’avaient donc plus aucun pouvoir, ni bien sûr d’influence.
Moshé partit donc avec sa femme Tsipora et leurs deux enfants. Éliézer venait de naître. Il n’avait pas été circoncis en prévision des risques du voyage, d’autant que Moshé avait reçu l’ordre de HASHEM de retourner en Égypte. C’est alors qu’un Tanine, probablement un très grand crocodile, avala Moshé, depuis la tête jusqu’au bassin, le libérant et le reprenant, s’arrêtant à l’endroit de la Brith Mila. Tsipora comprit l’allusion. Elle prit un silex et circoncit son fils Éliézer. Et Moshé fut ainsi sauvé.
Le Début de la Mission
Aharon, le frère de Moshé, le rencontra au ‘Horèv. Il s’étonna que Moshé ait emmené sa famille avec lui, comme s’il n’y avait pas assez de souffrances en Égypte. Moshé renvoya donc Tsipora et leurs deux enfants chez Yitro et il se rendit avec Aharon en Égypte. Là, il convainquit les Bené Israël que HASHEM l’avait effectivement chargé de les délivrer de l’esclavage et de les faire sortir d’Égypte. Moshé réunit les anciens. Ils accompagnèrent Aharon et Moshé vers le palais de Pharaon, mais ils firent défection en cours de route par crainte de représailles. Moshé s’adressa à Pharaon, toujours par l’intermédiaire de Aharon, lui disant que « HASHEM, le D.ieu d’Israël lui ordonne d’envoyer son peuple pour le fêter dans le désert ». Pharaon répondit : « Qui est D.ieu pour que je lui obéisse ? Ni je ne Le connais, ni je renverrais les Beneï Israël. Moshé et Aharon dirent que le D.ieu des Hébreux nous prie d’aller durant trois jours dans le désert y offrir des sacrifices, de peur que nous ne succombions par la peste ou par le glaive. Pharaon leur répondit : « Pourquoi gênez-vous le peuple ? Allez, occupez-vous de vos affaires » En tant que membres de la tribu de Lévi, représentant la prêtrise, ils étaient exempts d’esclavage. C’était un statut instauré par Yossef lorsqu’il était vice-roi d’Égypte. Pharaon ordonna que dorénavant les Hébreux devront en plus rechercher la paille qui leur était auparavant fournie pour faire les briques, sans pour autant diminuer leur quota journalier. Les contre-maîtres Égyptiens frappèrent les policiers Hébreux lorsque les quotas n’étaient pas respectés. Ces derniers protestèrent auprès de Pharaon de l’iniquité de cette nouvelle imposition. Pharaon leur répondit qu’ils étaient des fainéants, prétextant qu’ils voulaient offrir des sacrifices à D.ieu. Il maintint son ordre, leur imposant de se procurer eux-mêmes la paille nécessaire à la confection des briques, sans en diminuer les productions. Parmi les policiers Hébreux se trouvaient Datan et Aviram. Ils apostrophèrent Moshé Rabbénou et Aharon, leur disant que HASHEM les jugera pour les souffrances qu’ils ont causées, pour l’inimitié qu’ils ont fait naître entre eux et Pharaon et comme s’ils avaient donné aux serviteurs de Pharaon des glaives pour les tuer. Moshé Rabbénou à son tour s’est adressé à HASHEM lui demandant pourquoi avait-Il entraîné le malheur de Son peuple et pourquoi L’avait-Il envoyé en Égypte ? HASHEM lui dit : « Tu verras ce que je vais faire à Pharaon. D’une main forte il vous fera partir et d’une main forte il vous renverra de son pays ».
Vint ensuite une déclaration que HASHEM fit à Moshé Rabbénou dans laquelle Il évoque l’alliance qui L’unissait aux Patriarches Avraham, Yits’hak et Yaakov. Ainsi que la promesse qu’Il leur fit de leur donner la terre d’Eretz Israël, dans laquelle ils ont habité. Et enfin qu’Il a entendu les plaintes des Beneï Israël que les Égyptiens opprimaient. HASHEM ordonna à Moshé de dire aux Beneï Israël « qu’Il les fera sortir du joug de l’Égypte, qu’Il les sauvera de leur esclavage, qu’Il les libérera d’une main tendue avec de grands prodiges, qu’Il les prendra pour Lui en tant que Peuple et que Je serai pour eux le D.ieu de justice et vous saurez que Je suis votre D.ieu qui vous fait sortir du joug de l’Égypte. Et Je vous conduirai vers la terre que Je M’étais engagé à donner à Avraham, à Yits’hak et à Yaakov et que Je vous donne en héritage, Je suis HASHEM (Shemoth, Vaéra, 6, 2-9) »
Puis, HASHEM ordonne à Moshé Rabbénou et à Aharon de se rendre chez Pharaon et d’exiger qu’il laisse partir les Beneï Israël d’Égypte. HASHEM prévient Moshé Rabbénou qu’Il endurcira son cœur et que Pharaon refusera de les laisser quitter l’Égypte. Mais simultanément HASHEM va user de signes et de prodiges qui frapperont le pays d’Égypte pour pousser Pharaon à les laisser partir. Signes et prodiges ont donné lieu aux dix plaies infligées à l’Égypte.
Avant que l’Égypte eut à les subir, Moshé Rabbénou dut prouver sa légitimité devant Pharaon. Aharon jeta alors le bâton de Moshé Rabbénou qui devint un serpent. Pharaon appela ses sorciers, qui firent de même. Mais une fois que les serpents redevinrent des bâtons, le bâton de Moshé, que Aharon avait jeté, avala les bâtons des sorciers de Pharaon. C’était au-delà de ce que les sorciers pouvaient faire. Et bien que Pharaon en fût stupéfait, il demeura inflexible. Moshé Rabbénou avait alors quatre-vingts ans et son frère Aharon, quatre-vingt-trois ans.
Les Dix Plaies
Sur ordre de HASHEM, Moshé Rabbénou se rendit de bon matin près du fleuve, le Nil, où Pharaon allait pour y faire ses besoins. Pharaon se prenait pour une divinité, prétendant qu’il n’avait pas de besoins naturels, il se rendait au Nil en s’en cachant. Moshé Rabbénou lui annonça la plaie du sang, qui allait survenir lorsqu’il aura frappé l’eau de son bâton. C’est Aharon qui allait frapper l’eau du Nil, car Moshé Rabbénou était redevable envers le Nil pour le rôle qu’il joua dans son sauvetage. Et, de même, Aharon étendit le bâton sur toutes les eaux d’Égypte qui se transformèrent en sang. Les poissons moururent et une odeur pestilentielle emplit l’Égypte. Ce fut la première plaie qui atteignit tous les Égyptiens, à l’exception toutefois des Beneï Israël. Ils eurent ainsi l’opportunité de monnayer l’eau que les Égyptiens voulaient boire. Peu à peu les Égyptiens allaient percevoir que les Hébreux jouissaient d’un statut et d’une protection toute spéciale.
Entre chacune des plaies qui allaient suivre, Moshé Rabbénou se rendait chez Pharaon pour exiger qu’il laisse partir les Beneï Israël d’Égypte et il le menaçait, s’il refusait, qu’une nouvelle plaie s’abattrait sur l’Égypte.
La plaie des grenouilles, la deuxième donc, suivit. Une multitude de grenouilles envahit alors l’Égypte et seulement parmi les Égyptiens. Elles étaient partout, dans les fours, dans les lits et même dans les entrailles des Égyptiens et ne cessaient de pousser leurs croassements qui les rendaient tous fous. Cependant, Pharaon allait devoir saisir que HASHEM dirigeait chaque élément et que tout dépendait de Lui. Moshé Rabbénou dit à Pharaon qu’il allait s’émerveiller de voir quand HASHEM allait ordonner à toutes les grenouilles de rester dans le Nil. Et HASHEM fit ce que Moshé Rabbénou lui demanda. Effectivement, dès le lendemain, toutes les grenouilles qui étaient dans les maisons et dans les champs moururent. Mais lorsque Pharaon vit que tout était rentré dans l’ordre, il durcit à nouveau son cœur et refusa l’ordre de HASHEM de laisser partir les Beneï Israël d’Égypte.
Puis HASHEM ordonna à Moshé Rabbénou de dire à son frère Aharon de frapper la poussière de la terre avec le bâton de Moshé Rabbénou. Ce fut la troisième plaie, celle des poux. Elle n’affecta que les animaux des Égyptiens et les Égyptiens eux-mêmes. Or les sorciers de Pharaon réussirent aussi à transformer la poussière en poux, mais pas l’action inverse de rendre les poux poussière. Ils dirent alors à Pharaon que ce signe vient du doigt de D.ieu. Et à nouveau, Pharaon durcit son cœur et refusa de laisser partir les Beneï Israël.
HASHEM dit à Moshé Rabbénou de se présenter de bon matin devant Pharaon lorsqu’il était au fleuve et lui ordonner au Nom de HASHEM « de renvoyer Son Peuple. Sinon HASHEM enverra contre toi et ton peuple les bêtes féroces ». Seul le pays de Goshen, où résident les Beneï Israël, sera soustrait à cette quatrième plaie. « Ceci pour que tu saches que HASHEM est bien présent au cœur de la terre et que c’est Lui qui dirige tout ». Et HASHEM établira une protection pour les Hébreux, les séparant des Égyptiens, dès demain. Et effectivement dès le lendemain, les bêtes féroces envahirent l’Égypte et firent des ravages parmi la maison de Pharaon, ses serviteurs et dans toute l’Égypte, hormis le pays de Goshen où vivaient les Hébreux. Pharaon a alors fait appeler Moshé Rabbénou et Aharon et leur a dit d’aller faire des sacrifices à leur D.ieu. Moshé Rabbénou répondit qu’ils ne le peuvent pas. Si les Égyptiens les voyaient sacrifier des animaux qu’ils vénèrent, les Hébreux risqueraient d’être lapidés. « Nous irons durant trois jours de marche dans le désert et nous offrirons les sacrifices que HASHEM nous ordonnera ». « Pharaon dit qu’ils peuvent aller offrir leurs sacrifices dans le désert, sauf que vous ne devrez pas vous éloigner et, aussi, priez pour moi ». Moshé Rabbénou lui dit qu’il priera à HASHEM pour qu’Il retire toutes les bêtes sauvages dès demain. Mais, cependant, que Pharaon n’en vienne pas à se rétracter et empêcher les Beneï Israël de partir dans le désert y faire les sacrifices pour HASHEM ! Moshé Rabbénou s’en alla prier HASHEM Qui fit ce que Moshé Rabbénou Lui demanda et il ne resta aucun animal féroce en Égypte. Toutefois, Pharaon endurcit son cœur et refusa de renvoyer les Beneï Israël.
À nouveau, HASHEM dit à Moshé Rabbénou et Aharon d’aller chez Pharaon et dites-lui que le D.ieu d’Israël lui ordonne de renvoyer les Beneï Israël pour qu’ils Le servent. Si tu refuses et les en empêches, J’enverrai la peste des animaux parmi tout ton bétail, tes chevaux, chameaux et ânes. Et Je distinguerai d’entre les troupeaux des Beneï Israël et ceux des Égyptiens. Demain Je le ferai. Et HASHEM le fit. Tous les troupeaux des Égyptiens périrent et aucun parmi ceux des Beneï Israël. Et à nouveau, Pharaon endurcit son cœur et Il ne renvoya pas les Beneï Israël. C’était la cinquième plaie.
Durant les cinq premières plaies, Pharaon disposait encore de son libre arbitre. Il pouvait décider de lui-même de libérer ou non les Beneï Israël et de les laisser quitter l’Égypte. C’est de lui-même qu’il endurcit son cœur. Mais pour les cinq plaies suivantes, cette liberté lui a été retirée, comme sanction pour ses refus et pour sa cruauté envers les Beneï Israël. Dès lors, c’est HASHEM qui va endurcir le cœur de Pharaon jusqu’à ce qu’il cède et laisse partir les Beneï Israël d’Égypte.
HASHEM dit alors à Moshé Rabbénou et à Aharon de prendre des poignées de cendres et de les lancer vers le ciel au vu de Pharaon. Notons qu’il n’y a plus eu de mise en garde, comme auparavant. Une poussière s’étendra alors sur toute l’Égypte, qui sur l’homme, qui sur les animaux, provoquant ulcères, furoncles, abcès et autres enflures insupportables. Moshé Rabbénou lança les cendres vers le ciel devant Pharaon. Et ce qui a été annoncé se réalisa. Les devins et sorciers de Pharaon ne purent se tenir devant Moshé Rabbénou, tant ils étaient couverts d’ulcères, comme tous les Égyptiens. Et HASHEM endurcit le cœur de Pharaon, qui ne les laissa pas partir, comme HASHEM l’avait annoncé à Moshé Rabbénou.
À nouveau HASHEM ordonna à Moshé Rabbénou de se rendre au fleuve, de bon matin, auprès de Pharaon et de lui dire, ainsi a dit le D.ieu des Hébreux « Renvois mon Peuple pour qu’il Me serve » Sinon J’enverrai toutes les souffrances vers ton cœur, vers tes serviteurs et vers ton peuple. Mais Je te préserverai pour que tu voies Ma puissance et que tu puisses la révéler au monde, partout sur terre. Je vais maintenant faire tomber la grêle comme jamais il n’y en eut à ce jour sur l’Égypte. Tout le bétail qui se trouvera dans les champs et qui n’aura pas été mis à l’abri, de même que tout homme sur qui la grêle tombera, mourront. Celui qui craint la parole de D.ieu s’abritera, lui et ses bêtes, contrairement à celui qui ne la craint pas. HASHEM dit à Moshé Rabbénou d’étendre son bras vers le ciel et la grêle s’abattit partout sur toute l’Égypte. Et la grêle frappa les hommes, les bêtes, et toute la végétation, brisant même les arbres. C’étaient de grosses boules de glace avec du feu en leur milieu. Elles étaient accompagnées de sons puissants et d’un brouhaha infernal. Seul le pays de Goshen, où demeuraient les Hébreux, fut épargné. Pharaon fit appeler Moshé et Aharon. Il leur déclara qu’il avait fauté cette fois et que HASHEM est le Tsadik et moi et mon peuple sommes les impies. Il demanda que l’on prie HASHEM de faire cesser la grêle et ces bruits assourdissants et qu’alors je vous renverrai. Moshé dit qu’il était tenu pour cela de sortir de la ville – parce qu’il ne pouvait prier en présence d’un Rasha, d’un impie – pour que tu saches, très bientôt, toi et tes serviteurs, que vous craindrez le D.ieu de justice. Moshé sortit de la ville. Il étendit ses mains vers HASHEM et les sons, le brouhaha, la grêle et la pluie cessèrent. Pharaon vit ce qu’il advint, il s’entêta et persista dans la faute. À nouveau, il endurcit son cœur et ses serviteurs firent de même. Et Pharaon ne renvoya pas les Beneï Israël, ainsi que HASHEM l’avait annoncé à Moshé Rabbénou.
HASHEM ordonne à Moshé de se rendre auprès de Pharaon en qui Il a endurci le cœur et celui de ses serviteurs, pour qu’ils intègrent et fassent entrer les prodiges de HASHEM dans leur cœur. Mais aussi pour que les Beneï Israël racontent à leurs fils et à leurs petits-fils les prodiges que J’ai faits en Égypte. Et vous saurez que Je suis HASHEM. Moshé et Aharon dirent à Pharaon : Ainsi a dit HASHEM : « Jusqu’à quand vas-tu t’obstiner à refuser de laisser partir mon Peuple pour qu’il me serve ? » « Si tu refuses encore, J’enverrai demain les sauterelles sur toute l’Égypte. Elles recouvriront toute la terre et mangeront tout ce que la grêle n’a pas détruit. Et elles rempliront tes maisons, celles de tes serviteurs et de toute l’Égypte, chose alors inconnue à ce jour » Et les serviteurs de Pharaon lui dirent : « Jusqu’à quand devons-nous supporter ce piège, ce fardeau ? Renvoie-les servir leur D.ieu avant que l’Égypte ne soit détruite ». Et l’on fit revenir Moshé Rabbénou et Aharon devant Pharaon qui leur dit d’aller servir leur D.ieu, mais… qui sont ceux qui vont partir ? Moshé Rabbénou lui dit : « Avec nos jeunes, nos anciens, avec nos garçons et nos filles, avec nos troupeaux nous irons, parce que ce sera une fête pour HASHEM » Pharaon répondit : « Qu’il en soit ainsi, que D.ieu soit avec vous quand je vous enverrai avec vos enfants, car vous avez de mauvaises intentions (vous voulez vous sauver et quitter l’Égypte). Que (seuls) les hommes partent servir HASHEM, c’est ce que vous demandez ». Et il renvoya Moshé Rabbénou et Aharon. Et HASHEM dit à Moshé Rabbénou : « Étends ton bras sur le pays d’Égypte. Les sauterelles y mangeront toute l’herbe et toute la végétation laissée par la grêle » Moshé Rabbénou étendit son bras. Un vent d’est souffla tout le jour et toute la nuit. Au matin les sauterelles recouvraient tout le pays d’Égypte et l’obscurcissaient tant elles étaient nombreuses. Elles dévorèrent ce que la grêle avait laissé. Pharaon se dépêcha de faire appeler Moshé Rabbénou et Aharon et leur dit : « J’ai fauté envers HASHEM et envers vous. » Pardonnez ma faute encore cette fois et priez votre D.ieu pour qu’Il retire de moi cette mort. Ils sortirent de la ville et Moshé pria HASHEM Qui détourna un vent violent de la mer, qui emporta toutes les sauterelles d’Égypte, qui s’abîmèrent dans la mer. Et HASHEM endurcit le cœur de Pharaon et il ne renvoya pas les Beneï Israël d’Égypte.
Puis HASHEM dit à Moshé Rabbénou d’étendre son bras vers le ciel et une grande obscurité régna sur la terre d’Égypte. Ce fut la plaie des ténèbres. Elle dura d’abord trois jours. Personne, hormis les Beneï Israël, ne pouvait voir. Ces trois premiers jours furent suivis par trois autres jours d’une obscurité redoublée, plus intense et opaque où personne ne pouvait même se mouvoir, hormis les Beneï Israël. Durant ces trois derniers jours, les 4/5ᵉ des Beneï Israël moururent. Ceux-là même qui se sont laissés complètement assimiler par l’Égypte. Ils étaient parvenus au cinquantième degré d’impureté, de sorte qu’ils ne pouvaient plus revenir en arrière et faire Teshouva. Dès lors, ils n’étaient plus aptes à sortir d’Égypte. Le 1/5ᵉ des Beneï Israël restant enterra alors leurs frères à l’insu des Égyptiens. Si les Égyptiens en avaient eu connaissance, l’image des Hébreux en aurait été affectée. Du fait de leur appartenance au Peuple élu, cela aurait aussi porté atteinte à HASHEM. Ainsi, un ‘Hiloul Hashem, une profanation du Nom de D.ieu, a été évité. Certes, les Beneï Israël profitèrent aussi de cette obscurité dense, où les Égyptiens ne voyaient rien, pour visiter leurs maisons et y découvrir les richesses qu’ils possédaient. HASHEM n’avait-il pas promis à Avraham Avinou que les Beneï Israël ressortiraient du pays où ils seraient exilés avec de grandes richesses ? Le temps était venu de les reconnaître, de savoir où elles se trouvaient, pour les emprunter le jour de leur départ d’Égypte. Pharaon appela Moshé Rabbénou et dit : « Allez servir HASHEM, seulement laissez vos troupeaux ici et emmenez vos enfants avec vous » Et Moshé Rabbénou répondit : « Et toi, Pharaon, tu nous donneras des animaux pour les offrir en sacrifices à HASHEM ?! Nous emmènerons nos troupeaux avec nous et aucun sabot ne restera en Égypte, car nous en prélèverons pour servir HASHEM. Nous ne savons pas quels sacrifices Il nous demandera d’offrir jusqu’à ce que nous soyons là-bas ». Et HASHEM endurcit le cœur de Pharaon et il ne voulut pas laisser partir les Hébreux. Pharaon dit à Moshé Rabbénou : « Vas-t-en, prends garde de ne plus voir ma face, car le jour où tu la verras, tu mourras ». Moshé Rabbénou lui répondit : « Tu as bien parlé, je ne reverrai plus ta face ».
Puis HASHEM dit à MOSHÉ Rabbénou : « J’infligerai encore une plaie à Pharaon et à l’Égypte. Après quoi il vous renverra comme une fiancée répudiée. Parle Je te prie, au Peuple et dis-lui que tout Ben Israël emprunte auprès d’un Égyptien et toute Bath Israël auprès d’une Égyptienne tout objet d’or et d’argent ». Et HASHEM fit en sorte que les Beneï Israël trouvent grâce aux yeux des Égyptiens. D’ailleurs, tant les serviteurs de Pharaon que le peuple Égyptien tenaient Moshé Rabbénou en très grande estime. Dès le Shabbath 10 Nissan, chaque chef de famille attacha à son lit soit un chevreau, soit un agneau d’un an, pour le sacrifier quelques jours plus tard. C’était à la fois risqué et une forme de défi. Risqué parce que les Égyptiens leur demandèrent pourquoi ils agissaient ainsi, alors que cet animal était une de leurs divinités. Ils auraient pu vouloir se venger et leur porter atteinte. Un défi envers les Égyptiens aussi parce que le pouvoir de leurs anciens maîtres s’en trouvait perturbé, voire inversé. Le Shabbath qui précède Pessa’h est depuis consacré et est dénommé Shabbath Hagadol, le grand Shabbath.
Moshé Rabbénou annonça aux Benéï Israël que HASHEM dit que vers la moitié de la nuit Il sortira en Égypte et alors tous les premiers-nés Égyptiens périront. C’est la dixième plaie, dite des premiers-nés. Depuis le premier-né de Pharaon qui est assis sur son trône, jusqu’au premier-né de la servante qui se trouve derrière sa meule, et même tous les premiers-nés parmi les animaux. Après quoi, de grands cris retentirent dans tout le pays d’Égypte, tels qu’il n’y en eut jamais et qu’il n’y en aura pas d’autres de cette ampleur. Mais, auparavant et dès le premier Nissan, les premiers-nés Égyptiens avaient su ce qui se préparait. Ils se révoltèrent contre Pharaon pour qu’il laisse partir les Hébreux. Ils ne voulaient pas mourir. Pharaon fit appel à son armée pour mater l’insurrection, dans un grand bain de sang.
Chaque famille des Beneï Israël eut à sacrifier l’agneau ou le chevreau le 14 Nissan, juste avant la nuit. Elle devait aussi prendre une branche d’hysope, la tremper dans le sang de l’animal et en badigeonner l’encadrement de leur porte d’entrée. Les maisons de Beneï Israël seraient ainsi reconnues. HASHEM passera au-dessus d’elles sans que leurs habitants n’encourent le moindre dommage. L’agneau devait être rôti, mangé sans en casser les os, accompagné d’herbes amères, par tous ceux qui avaient été désignés pour cela, avant ‘Hatsoth, soit le milieu de la nuit. S’il n’avait pas été entièrement consommé, ce qui restait devait être brûlé. La soirée du Séder nous fait revivre cette histoire, fondement de notre patrimoine et de notre identité juive.
Le départ de l’Égypte
Le temps nous manque pour poursuivre ici, avec tous les détails requis, avant la fête de Pessa’h. Disons seulement que durant cette nuit, Pharaon est lui-même venu rechercher Moshé Rabbénou et Aharon pour leur demander de quitter immédiatement l’Égypte. Pharaon avait accepté les termes de Moshé, c’est-à-dire que tout le Peuple, avec tous ses biens et ses animaux, sorte d’Égypte. Et, de surcroît, Pharaon demanda qu’ils le bénissent. Mais il n’était pas question de partir de nuit, comme des voleurs ! Cette nuit, “Leil Shimourim” HASHEM l’a décompté et l’attendait avec impatience depuis “Brith Bein Habetarim”, ce moment où HASHEM annonça à Avraham que sa descendance serait exilée durant quatre cents ans. Le décompte de quatre cents ans s’établit en relation avec la naissance de Yits’hak Avinou et de sa ligature, jusqu’à la sortie d’Égypte. Avraham Avinou s’était lui-même considéré en tant qu’étranger. N’a-t-il pas dû acheter très cher à Éphrone le caveau de Ma’hpéla à ‘Hévron, pour y enterrer Sarah Imanou ? Par ailleurs, les Beneï Israël restèrent effectivement en Égypte durant deux cent dix ans. Cette réduction de cent quatre vingt dix ans traduit la prise en compte par HASHEM de l’esclavage excessivement cruel, imposé par Pharaon, ses serviteurs et tous les Égyptiens, aux Beneï Israël. Arrivé à son terme, il n’était pas question qu’ils restent un instant de plus en Égypte.
Pendant que les Hébreux allaient chez les Égyptiens leur emprunter leurs richesses en leur précisant au besoin où elles se trouvaient, Moshé Rabbénou se mit à rechercher les ossements de Yossef. Les Beneï Israël s’étaient engagés à les emmener avec eux lorsqu’ils partiraient d’Égypte. Or les Égyptiens les avaient placés dans un cercueil de plomb au fond du Nil, pour empêcher les Beneï Israël de quitter l’Égypte. Séra’h révéla à Moshé Rabbénou l’endroit exact où les Égyptiens l’avaient enfoui. Sera’h était la fille d’Asher et petite-fille de Yaakov Avinou. Il l’avait bénie d’une longue vie lorsqu’elle lui avait annoncé que son fils Yossef était encore en vie. Elle le lui dit en s’accompagnant d’une douce mélodie, pour peu à peu l’éveiller à cette réalité sans le choquer. Yossef était alors le vice-roi d’Égypte. C’était après qu’il se fut dévoilé à ses frères. Yaakov Avinou avait gardé le deuil pour Yossef depuis vingt-deux ans ! Au lieu indiqué par Séra’h, Moshé Rabbénou jeta une plaque d’or sur laquelle il avait gravé « Alé Chor », qui signifie « monte taureau ». Le taureau est le symbole attaché à Yossef. Et son cercueil remonta comme un bouchon à la surface du Nil. Et les ossements de Yossef purent être emmenés par Moshé Rabbénou. Il fut plus tard enterré à Shekhem, en Éretz Israël, là où Yaakov Avinou avait acheté une parcelle pour s’y installer, peu après qu’il revint de chez Lavan.
Les Égyptiens pressèrent alors les Beneï Israël pour qu’ils quittent l’Égypte le plus vite possible. Ils craignaient qu’ils allaient tous mourir. Les Beneï Israël firent d’abord ce que Moshé Rabbénou leur ordonna. Ils demandèrent aux Égyptiens des objets d’or, d’argent, ainsi que de belles robes. Et HASHEM insuffla la grâce des Hébreux aux yeux des Égyptiens qui les leur donnèrent. Et le peuple partit, emportant avec lui ces richesses, ainsi que la pâte qui n’avait pas eu le temps de lever. De là nous est prescrite l’obligation de ne manger que des Matzoth, du pain azyme (dont toute la durée de fabrication n’excède en aucun cas dix-huit minutes, car au-delà, la pâte est réputée lever) au lieu du pain levé, durant les sept jours de Pessa’h (huit jours, pour ceux qui résident hors d’Israël). De plus, nous devons éliminer de nos demeures, avant Pessa’h, toute trace de ‘Hamets, de produits à base de céréales fermentées. Et tout produit contenant du ‘Hamets, qui serait resté en notre possession durant Pessa’h sans avoir été vendu à un non-juif, selon les règles établies, sera interdit à la consommation. Nous ne pouvons même pas en faire profiter un non-juif, du fait qu’aucun profit ne peut en être retiré. Il ne peut donc non plus être vendu.
Le départ d’Égypte des Beneï Israël s’est donc déroulé en plein jour, dans la précipitation, incités et pressés à partir par les Égyptiens, selon la volonté de HASHEM. Ils ne purent emporter des provisions de route, si ce n’est la pâte qui n’avait pas eu le temps de gonfler. C’est dire l’immense confiance qu’ils avaient en la parole de HASHEM, transmise par Moshé Rabbénou, de s’engager, quasiment sans ravitaillement, dans un périple en direction du désert.
Lorsqu’ils partirent, Moshé Rabbénou accepta de lui-même d’intégrer le Érev Rav. Il était constitué d’Égyptiens fraîchement “séduits”, désirant s’associer aux Beneï Israël. Israël n’eut pas trop à attendre pour le regretter. Ce sont eux qui initièrent la révolte et la faute gravissime du veau d’or et ses conséquences désastreuses.
Les Conditions du Périple
Les Beneï Israël partirent au printemps, de Ramsès, vers Soukoth, puis de Soukoth vers Étam, à l’extrêmité du désert. Ils furent quelque six cent mille hommes, âgés de vingt à soixante ans, sans compter les femmes, les enfants et les vieillards. Les estimations totales varient entre trois et dix millions. HASHEM ne leur fit pas prendre le chemin de la côte, le plus court, mais celui qui, vers le sud, longe la mer Rouge. Ainsi, en cas de guerre, les Beneï Israël ne se décourageront pas et ne seront pas tentés de retourner en Égypte. Devant eux, HASHEM fit précéder pendant le jour une nuée qui aplanissait et dégageait leur chemin de tout obstacle, éliminant aussi serpents et autres scorpions. Durant la nuit, une colonne de feu les éclairait Ils avançaient ainsi le jour comme de nuit.
Pharaon, fourbe qu’il était, y avait joint des espions pour suivre les faits et gestes des Beneï Israël. Après trois jours, ils rapportèrent à Pharaon qu’en réalité les Hébreux avaient fui et qu’ils n’avaient nullement l’intention de revenir en Égypte. Contrairement à ce qu’il avait compris au moment où il les laissa partir. Alors HASHEM va à nouveau endurcir le cœur de Pharaon et celui de tous ses sujets. Ils poursuivront les Beneï Israël pour les ramener en esclavage en Égypte. “Mais Je l’anéantirai, lui et son corps d’armée, pour qu’il sache que Je suis HASHEM.” Pharaon reconnut l’erreur qu’il commit en les laissant partir. Il réunit six cents chars d’excellence, équipés chacun de trente fantassins, plus tous les autres chars que l’Égypte possédait, conduits par le Peuple. Ils se lancèrent à la poursuite des Beneï Israël. Ceux-ci étaient conduits de haute main par HASHEM. Cependant, les Égyptiens finirent par les rattraper. Les Beneï Israël eurent très peur et prièrent HASHEM de les sauver. Ils se sentirent pris au piège. D’un côté les Égyptiens les menaçaient. Face à eux s’étendait la mer. Et sur le troisième côté, s’ouvrait l’immensité du désert et ses dangers. Ils reprochèrent à Moshé Rabbénou : “N’y avait-il pas de cimetières en Égypte pour nous emmener mourir dans le désert ?” Et ils formulèrent bien d’autres récriminations de ce type. Moshé Rabbénou leur dit : “N’ayez crainte, redressez-vous et vous verrez le sauvetage que HASHEM va opérer aujourd’hui pour vous. Tels que vous voyez les Égyptiens, vous ne les reverrez plus jamais. HASHEM combattra pour vous et vous, taisez-vous !” Puis HASHEM dit à Moshé Rabbénou de cesser de prier, car ce n’était pas le moment, et dis au Peuple d’avancer. Puis, “Élève ton bâton et étends-le sur les flots”. La mer se fendra et vous avancerez dans la mer à pieds secs. Et J’endurcirai le cœur de Pharaon. Il vous suivra dans la mer et Je le frapperai, lui, ses chars et ses fantassins. Et l’Egypte saura que c’est Moi qui l’ai frappée. Et la nuée se tint devant les Beneï Israël, mais aussi entre eux et les Égyptiens. Elle formait comme un immense écran ou bouclier. Ainsi, toutes les flèches, javelots et catapultes qu’ils lancèrent sur les Beneï Israël ne pouvaient pas les atteindre. Puis, Narshone Ben Aminadav avança le premier dans la mer, jusqu’à ce que l’eau lui parvînt au niveau du nez. Alors la mer s’ouvrit. Un vent extrêmement puissant souffla toute la nuit. L’eau s’en trouvait maintenue comme une muraille de part et d’autre, offrant douze passages, dont le fond était entièrement asséché, soit un passage pour chaque tribu. Les Beneï Israël y entrèrent. Les Égyptiens les poursuivaient toujours. Les nuées faisaient tampon et un écran entre eux. Les Beneï Israël n’ont pas traversé la mer de part et d’autre, mais y firent comme une boucle qui les amena sur la même rive que celle de laquelle ils y étaient entrés. Une fois qu’ils furent tous sur la rive, HASHEM observa le camp Égyptien qui était entré dans la mer, encore à sec. Les nuées mouillèrent alors le sol qui devint boueux et la colonne de feu le rendit brûlant, bouillonnant même, au point de faire fondre les sabots de leurs chevaux. Puis les roues des chariots se sont disloquées et les Égyptiens ne purent plus avancer. Ils reconnurent alors que HASHEM menait le combat pour les Beneï Israël. Et HASHEM dit à Moshé Rabbénou d’étendre son bras sur les eaux pour qu’elles s’abattent sur l’armée d’Égypte, sur ses chars et sur ses fantassins. Ce qu’il fit, et l’armée de Pharaon fut engloutie et tous se noyèrent. Chacun fut châtié et fut gratifié d’un supplice selon ses forfaits et ses démérites. Et HASHEM délivra en ce jour les Beneï Israël de l’Égypte. Puis, ils virent les cadavres des Égyptiens rejetés sur la rive et bien entendu l’œuvre de la Main puissante de Hakadosh Baroukh Hou. Alors ils crurent en HASHEM d’une foi parfaite, ainsi qu’en Moshé Rabbénou. Leur foi était si intense qu’ils purent alors jouir d’une clarté lumineuse leur donnant accès à des secrets de la création réservés aux plus grands érudits. Ainsi, une simple servante put percevoir une vision du “Char céleste” plus nette que celle qu’a vue le prophète Ye’hézkel Ben Bouzi. Alors, Moshé Rabbénou composa le chant de louange à HASHEM, “Az Yashir”, qui est un chant prophétique qui relie Israël au monde à venir. Il fut repris en chœur par tout Israël. Ce chant a d’ailleurs été intégré au corpus de la prière du matin, établie par les Hommes de la Grande Assemblée, à l’époque du deuxième Beith Hamikdash – Temple. Miriam, la prophétesse et la sœur de Moshé Rabbénou, sortit alors avec son tambourin, entraînant toutes les femmes à danser et à chanter la gloire de HASHEM.
La Promesse
Avant de partir à la poursuite des Beneï Israël pour les ramener en Égypte, tous les officiers, fantassins et soldats de Pharaon s’étaient parés de somptueux bijoux. Était-ce une manière de se donner du courage pour être victorieux ? Était-ce un rituel idolâtre ? Ou était-ce les deux à la fois ? Toujours est-il que maintenant leurs cadavres jonchaient sur la rive et les Beneï Israël n’avaient plus qu’à y prélever leurs riches bijoux. Ils venaient s’ajouter aux richesses empruntées juste avant leur sortie d’Égypte. La promesse que HASHEM avait faite à Avraham Avinou que ses descendants en repartiraient avec de grandes richesses s’est ainsi pleinement réalisée.
L’Espoir
Que chacun puisse vivre un merveilleux Pessa’h, avec la célébration de deux Sédarim (pluriel de Séder) pour ceux qui résident hors d’Israël, au lieu d’un seul Séder pour les Israéliens. Qu’ils soient vécus avec beaucoup de SIM’HA, de JOIE et de KEDOUSHA, de SAINTETÉ. Veillez à ce que les enfants, s’il y en a, y soient pleinement associés pour que la transmission soit assurée et qu’ils vous en remercient durant toute leur vie. PESSA’H KASHER VESAMEA’H À TOUS !
N’hésitez pas à relire les messages adressés les années précédentes juste avant Pessa’h qui sont publiés sur notre site à l’onglet « Nos Écrits » au sous-onglet « Le Mot du Jour » et à celui de « La Lettre ». De même que les messages des Rabbanim dans l’onglet « Parasha ». Et bien entendu, si vous le pouvez, écoutez tous les cours traitant de Pessa’h, qui sont également publiés sur notre site en accès libre. Enfin, imprimez ce message pour le lire à votre aise. Vous pouvez aussi l’adresser à tout votre entourage pour qu’il en profite aussi.
