Le « Mot du Jour » 14 Adar 5786 – 03 mars 2026

POURIM 5786 – suite – le 14 Adar – 03 mars 2026

Nous sommes à Tsfath, dans la vieille ville, parmi les ‘Hassidim. Ce n’est pas exactement le milieu que nous fréquentons en France, probablement parce qu’il n’existe pas. Nous sommes touchés par l’attention des gens en général, voyant en nous des « visages nouveaux », traduction de « Panim ‘Hadashoth », qui nous saluent chaleureusement en nous souhaitant en yiddish « joyeux Pourim ». Le son « ou » est prononcé « i » ce qui donne Pirim, mais on s’y fait. Les alertes, il n’y en a eu que deux cette nuit, et le bruit des avions, gâche un peu la Sim’ha. Malgré les apparences, au dire de nos hôtes, Pourim n’est pas vécu comme chaque année. Cette Tefila était pourtant joyeuse ainsi que la lecture de la Meguila d’Esther où chaque fois que le nom de Amann était lu, un joyeux brouhaha suivait, nourri de sifflets, de crécelles, du claquement de couvercles de casseroles en guise de cymbales…

Mais le sentiment de confiance qu’à Pourim rien ne se passe comme prévu est palpable. Chacun sait que tout est dirigé par le Maître du monde et que la situation peut être renversée du tout au tout en un instant. Comme ce fut le cas en Perse, après l’exile qui suivit la destruction du Premier Temple de Jérusalem. Et, au vu de la raréfaction des alertes, nous sentons que cela se prépare activement. Il reste qu’il y eut des victimes lorsqu’un engin de mort n’a pu être intercepté. Un drame qui est largement partagé au point que dimanche matin la Tefila s’est poursuivie avec une longue lecture de Tehilim, psaumes du Roi David, avec sonnerie du Shofar, la corne de bélier.

Voici les devoirs que nous devons réaliser durant la fête de Pourim.
. Zékher LeMa’hatsith HaShékel (en souvenir de la valeur de la moitié d’un cicle d’argent, qui servait à la fois au recensement du Peuple et pour procurer des fonds à l’entretien du Temple),

. Kriyath HaMeguila (la lecture dans un parchemin et l’écoute de la Meguila d’Esther, une fois le soir et une fois le lendemain durant la journée),

. Matanoth Laévionim (des dons aux pauvres, de quoi s’acheter un repas),

. Mishloa’h Manoth LeRééou (deux ingrédients consommables oPert à au moins une personne pour resserrer les liens),

. HaMishté (le festin de Pourim, durant le jour, où nous invitons familles, amis et personnes isolées).

Chacun d’eux porte en lui le souci de nous unir davantage. C’est du reste alors que le soutien de HASHEM pour Son peuple est le plus manifeste. L’évidence s’impose d’avoir constamment à l’esprit le souci du bien d’autrui. Sûr qu’alors nous nous rapprocherions, serions plus solidaires et bien plus forts tant par nous-mêmes, que grâce à la protection octroyée par le Ciel.

Est venu pour nous le temps de rejoindre le Mishté, le festin de Pourim. Qu’on se rappelle toutefois que les villes entourées de murailles du temps de Yehoshoua Bin Noune fêtent Pourim le 15 Adar et non le 14. À l’exception de villes comme Tsfath, pour qui réside un doute qu’elle pourrait avoir été entourée de murailles depuis lors. Dans ce cas on y célèbre Pourim durant deux jours, avec les mêmes devoirs. Sauf que l’on lira la Meguila le deuxième jour sans dire la bénédiction au préalable, ni on ne dira « Al Hanissim » après « Modim » durant la Amida ou après « Nodé » dans le Birkath Hamazon, ni il n’y aura de lecture dans le Séfer Torah.

Pourim Saméa’h, très joyeux Pourim à tous !