Rav Shaoul David BOTSCHKO – 082 – Émor – 5786

Entre la sainteté du Sanctuaire et la sainteté du Foyer

La Torah ouvre cette section en détaillant l’interdiction pour le Cohen (prêtre) de se rendre impur au contact d’un mort, tout en précisant pour quels proches il a, au contraire, l’obligation de le faire :

« L’Éternel dit à Moïse : Parle aux prêtres, fils d’Aaron, et dis-leur : Qu’aucun d’entre eux ne se rende impur pour un mort parmi son peuple, sauf pour son plus proche parent : pour sa mère, pour son père, pour son fils, pour sa fille et pour son frère ; ainsi que pour sa sœur vierge, qui est sa proche parente […] pour elle, il se rendra impur. » (Lévitique 21, 1-3)

Arrêtons-nous sur deux points que Rachi éclaire dans cette Paracha :

A. « Son proche parent n’est autre que sa femme »

La Torah aurait pu écrire simplement « sa femme », mais elle a choisi une formulation indirecte et légèrement ambiguë : « son proche parent qui lui est lié » (She’ero). Pourquoi ?

Il semble y avoir une différence fondamentale entre l’obligation du Cohen envers ses parents de sang (parents, enfants, frères et sœurs) et son devoir envers son épouse. Bien qu’il doive tous les honorer, il doit ressentir envers sa femme qu’elle est une partie intégrante de lui-même — comme sa propre chair (She’er).

La parenté de sang est naturelle et indépendante de notre volonté, tandis que l’amour conjugal naît d’un choix. Cette proximité choisie possède une valeur supérieure ; c’est pourquoi l’épouse, bien qu’elle ne soit pas un parent de sang, figure implicitement en tête de liste des priorités du Cohen.

B. « Pour elle, il se rendra impur » – Un commandement

Après avoir indiqué qu’il est permis au Cohen de se rendre impur pour ses proches, la Torah ajoute les mots : « Pour elle, il se rendra impur ». Rachi explique que cela vient nous enseigner qu’il ne s’agit pas d’une simple permission ou d’une tolérance, mais d’une Mitzva (une obligation).

Une leçon pour la vie

De ces précisions de Rachi émerge un message essentiel : la bonté et le respect envers les membres de sa famille l’emportent sur l’interdiction rituelle de l’impureté.

Nous en tirons un grand principe : dans les situations où une épouse a besoin de l’aide de son mari à la maison (en cas de maladie ou de grande fatigue), celui-ci doit lui venir en aide, quitte à manquer une autre Mitzva comme la prière en assemblée (Minyan) ou l’étude de la Torah. Le soutien au foyer et l’attention portée à la famille sont des devoirs qui priment sur ces pratiques communautaires.

Shaoul David Botschko