DE UNE À TROIS SEMAINES APRÈS
Une inquiétude résignée, presque sereine.
Chacun vaque à ses occupations, dans la mesure du possible. Certaines restrictions commencent à être levées, notamment l’ouverture d’écoles pour les classes les plus avancées, dans les régions les moins exposées. Les attitudes varient selon le Bita’hon, la confiance qu’ont les gens en ce que rien ne peut arriver sans que le Ciel ne l’ait décidé. Le Pikoud HaOref, correspondant à la défense passive, indique toujours régulièrement qu’il faut se rendre dans les abris dès l’annonce d’une alerte et donc qu’il faut pouvoir se situer à proximité. Néanmoins, les bus circulent dans tout le pays, sans compter le trafic des voitures. Certes, avec moins d’embouteillages, mais l’économie a ses règles et il est tout autant vital qu’elle remplisse son rôle.
Il est vrai que lors d’un voyage de Safed à Jérusalem, qui prit trois heures, nous n’étions que huit dans un car de cinquante places. Vendredi dernier, en descendant d’un bus à Bétar Illith, une alerte a été déclenchée. Les gens se sont alors dirigés dans le calme vers l’abri le plus proche. Il était situé au premier sous-sol d’un immeuble, à proximité. L’abri accueillait aussi un commerce de produits d’électronique. C’est quasiment une règle en Israël. L’espace y est trop cher pour être laissé sans usage la plupart du temps. On trouvera ainsi fréquemment des synagogues installées dans des abris publics. Ce Shabbath, dans l’une d’elles, l’assemblée y était réellement investie. Les chants et les prières reflétaient la ferveur intérieure des participants. Bien que leurs habits ne reflétaient aucune appartenance religieuse marquée, hormis pour le Rabbin et son fils.
Arrivés chez un cousin, à Jérusalem, il nous est donné de côtoyer les Israéliens dans la vie de tous les jours. Quelques français, parmi ceux qui comme nous sont empêchés de rentrer en France, ou d’autres qui ont fait leur Aliya, nous croisent. L’occasion d’échanger quelques salutations et mots d’encouragement. Il est vrai que malgré l’apparente sécurité, on sent que les gens sont un peu tendus et préoccupés. Il est sûr que la guerre et les messages transmis par les media en soutien aux réalisations et accomplissements, que ce soit par l’aviation ou sur terre, entretiennent une certaine tension. Mais cette tension est permanente depuis le déclenchement de la guerre avec le ‘Hamas et le ‘Hezbola, et même en diverses périodes, depuis l’indépendance du pays, avec des pics, récemment, lors des libérations des otages et d’autres revers au cours des négociations. De sorte que l’israélien vit en permanence dans un climat tendu, auquel il semble s’être habitué. Et en réalité il est moins tendu qu’il le serait à situation comparable partout ailleurs dans le monde. Pourquoi ? Parce qu’il est constamment accompagné d’une Hashga’ha, d’une protection spéciale, miraculeuse.
Combien de fois des catastrophes ont été évitées ?! C’est de loin la dernière en date : un missile tiré du Liban est tombé à Tsfath, là où, deux heures auparavant une cinquantaine de soldats stationnait, sans faire le moindre blessé, mais seulement un gros trou dans la chaussée, quelques séries de vitres brisées et d’autres dégâts très mineurs.
La dernière catastrophe remonte à ce Motsé Shabbath, dans la nuit entre le 21 et le 22 mars à Arad où un gros missile tiré d’Iran est tombé au milieu d’un groupe de trois immeubles. Le souffle était si puissant que seule l’armature et les planchers des bâtiments ont résisté. Par contre les murs extérieurs, constitués de blocs, ont été soufflés, projetés et se sont effondrés. Dans deux occurrences des enfants qui dormaient dans leur lit proche des murs extérieurs ont été expulsés, happés par le souffle et le vide, qui du deuxième, qui du quatrième étage, pour l’un, projeté à plus de soixante mètres de là. Ils ont tous-deux été retrouvés, l’un avec seulement quelques égratignures, l’autre se remet très vite et sort déjà de l’hôpital.
« Voir les miracles » est un cours donné par le Rav SITRUK zatsal il y a quelque trente ans. Nous sommes ici en plein « dedans » avec une vision quasi « palpable » sur quantité de miracles vécus au quotidien. Sûr que cette protection miraculeuse aide à vivre la tension permanente. Celle-ci est, du coup, moins intense et moins dramatique que si la Hashga’ha, la protection très spéciale de HASHEM, n’était pas perçue. Certes, la protection anti-missile, associée au système de préalerte et d’alerte rassure aussi. Mais que personne ne se leurre ni ne l’oublie : la « main » de HASHEM est bien présente d’un bout à l’autre de cette chaîne protectrice, depuis la conception de ces moyens d’interception jusqu’à leur mise en œuvre sur le terrain. Et lorsque des missiles ne sont pas interceptés, d’autres miracles interviennent et nous montrent avec éclat la Hashga’ha, la protection individuelle et collective qui nous est miraculeusement accordée.
Israël vit avec cette réalité. Elle lui permet d’exister ! Et en plus Israël offre à l’ensemble des Nations un exemple de droiture, de moralité et de courage. Israël ne vise pas les populations d’Iran ou du Liban, comme le font l’Iran ou le ‘Hezbola, mais seulement les objectifs militaires et stratégiques. C’est là un enseignement pour ces pays dits démocratiques et civilisés. Il dicte à leurs gouvernements une autre conduite. L’écoutent-ils ? Certains craignent encore de reconnaître les réelles menaces qui pèsent sur le monde et préfèrent préserver « égoïstement » ce qu’ils croient être leurs intérêts.
C’est d’ailleurs dans la vocation d’Israël d’enseigner au monde le chemin de la Vérité. Même si un grand parcours doit encore être achevé avant de se situer en pleine adéquation avec le verset qui commande à Israël d’être « Vetiyou Li Mamlékheth Kohanim VeGoye Kadosh » « Et vous serez pour Moi un royaume de prêtres et un peuple saint » (Shemoth, Yitro, 19, 6). Mais il semble d’ores-et-déjà que Israël se trouve dans la bonne voie. Et peut-être que HASHEM voudra nous faire « brûler les étapes » en nous rendant dignes de pouvoir accueillir Mashia’h, le Messie, très bientôt, peut-être de façon imminente ?
C’est dans cette perspective que nous ne pouvons qu’encourager tous ceux qui hésitent encore à faire le pas, à se rapprocher et à se conduire selon ce que HASHEM attend de nous. Ce n’est pas évident pour ceux qui ont baigné toute leur vie dans un monde éloigné de la Yiddishkaïth, du monde où l’on vit les valeurs juives conformément à la Torah. Il n’y a pas de potion magique. Seule une réelle prise de conscience et une volonté engagée et résolue peuvent y conduire. Néanmoins, une indication très forte avait été formulée par Rav STEINMANN zatsal pour une personne qui était prête à n’accomplir qu’une seule Mitzva. Il dit : « Qu’elle mange Kasher ! ». Car il est connu qu’une personne qui ne respecte pas les règles de la Kashrouth, qui mange « Trèff », de tout, sans distinction, « Metamtèm Eth Halèv », cela « bouche le cœur » à l’entendement de la Torah et donc à tout ce qui est prescrit pour chaque Juif. Si une intention réelle de se rapprocher existe, il est donc vivement recommandé de s’en tenir à tout d’abord manger Kasher en toutes circonstances. Alors le sens du Émeth, de la vérité de la Torah, pourra être dévoilé et perçu. Il viendra peu à peu s’ancrer et remplacer toutes les pensées et les concepts qui conduisaient jusqu’alors l’existence de ceux qui veulent dorénavant connaître le monde de la vérité absolue. Que l’on ne s’en étonne pas, s’ouvrir au monde de la Torah grâce au fait de manger Kasher ne repose sur aucun raisonnement dit « logique ». Car la Torah n’est pas limitée à la logique qui voudrait que je ne crois que ce que je vois. Elle s’ouvre encore pour nous sur l’horizon immense et infini de HASHEM qui appelle à être reconnu et vécu.
Chemin faisant, au fur et à mesure de leur avancée, ils se rendront compte que le monde qu’ils ont quitté reposait sur de fausses idées, de fausses vérités, voire sur des slogans de partis politiques, forcément limite, voire tronqués. Et qu’au contraire, le monde de la Torah, s’il est exigeant, en entraînant bien des changements, notamment en mangeant uniquement Kasher, offre au fur et à mesure de son vécu, enthousiasme, sérénité et plénitude.
Que tous ceux qui désirent prendre le train en marche n’hésitent pas à y monter tant qu’il est encore temps. Qui sait si lorsque Mashia’h viendra, il y aura encore un train pour y monter ?
