LA LETTRE DE   DVAR TORAH      N° 2 - Iyar 5762  - avril 2002 02.Apr.2002

LA LETTRE DE DVAR TORAH N° 2 - Iyar 5762 - avril 2002

Ce n°2 est dédié à la mémoire et pour l'élévation de l'âme de Yaakov Mena'hem ben Yamine et Fraoua Oliel (zal). 

 

Quel bonheur de se retrouver ! Mais combien la situation s'est dégradée et durcie depuis ces toutes dernières semaines. Il n'est presque pas de familles en Israël qui ne pleurent parents ou amis tués ou blessés du fait de cette seconde Intifada. Et l'on voudrait que l'on reste impassibles ?! Les dirigeants des Nations auraient-ils eux aussi perdu leurs repères ? Quelle partialité ! Nous le disions déjà dans le n° 1 : les Nations exigent de nous un sans faute, l'irréprochabilité absolue. Or, l'absolu ne réside qu'en Hashem. Exigeraient-elles de nous d'être des dieux ? C'est totalement fou et irréaliste ! Car une guerre peut-elle se faire sans balles perdues, sans le moindre accident ? Une guerre implacable et mauvaise où l'ennemi tue vraiment pour tuer et le plus possible et d'abord des civils, femmes, enfants, sans discernement. Nous ne nous sommes guère occupé de géopolitique durant ces deux dernières décennies. Nous ne sommes donc pas du tout des spécialistes et nous ne tenons pas à le devenir. Pourtant la relation des faits apparaît comme totalement faussée. Rappelons-nous. Il y a eu les accords d'Oslo où Israël a accepté, après des années de guerre et d'attentats, de considérer les dirigeants palestiniens comme pouvant être dignes de confiance. Les deux parties ont donc signé des engagements qu'elles étaient toutes-deux tenues de respecter. Curieusement, seul Israël les a réellement honorés, notamment en se dégageant et en transmettant des territoires placés dorénavant sous l'Autorité palestinienne et même en armant leur police. En contrepartie, un réel processus de paix devait être amorcé. Et, à terme, il devait conduire à une autonomie, à une autodétermination, et même à une indépendance totale, puisque la paix devait régner. Au lieu de cela, des armes ont été introduites frauduleusement, des milices ont été encouragées à perpétrer des attentats et à semer la terreur, des générations d'enfants ont été profondément endoctrinées pour haïr les Israéliens et tous les Juifs. Cela, grâce à des programmes éducatifs payés par la Communauté européenne, donc aussi avec l'argent de tous les contribuables français ! Mais alors, c'était un marché de dupes ! Pourtant, d'abord à Camp David, puis à Taba, Ehoud Baraq leur avait fait des concessions incroyables, à la limite de l'acceptable pour la majorité des Israéliens. Les dirigeants Palestiniens ont néanmoins refusé de signer des accords qui les liaient à vivre en harmonie aux côtés d'Israël. Les dirigeants palestiniens, rappelons-le, signataires des accords d'Oslo, ne se sont pas arrêtés là et ils se sont finalement dévoilés au monde, qui pourtant applaudissait devant les concessions d'Israël ! La deuxième Intifada n'est autre qu'un Djihad, une guerre sainte islamique selon laquelle tout musulman qui y adhère se doit de combattre tous les infidèles à l'Islam qui refusent la soumission à l'Islam. Les dirigeants palestiniens ont donc eux-mêmes organisé et commandité des attentats suicides que certains ont noblement qualifié de kamikazes. Ne l'oublions pas, les kamikazes étaient des pilotes d'avions de guerre japonais qui mouraient en précipitant leurs avions sur des cibles militaires américaines durant la deuxième guerre mondiale. Pour ces endoctrinés à la haine contre les juifs, les passagers d'un autobus, les gens attablés dans un restaurant, ou ceux qui assistent à une fête de Bar-Mitzvah sont, bien entendu, des cibles militaires. Pour nous, ce sont des assassins. Ne pas le reconnaître, c'est aussi de la désinformation. Les dirigeants de la Communauté européenne ont beaucoup de mal à identifier comme assassins ceux qui se font sauter avec leur charge d'explosifs au cœur de la population civile. Ce serait reconnaître que les centaines de millions d'euros octroyés, entre autres, pour financer des programmes éducatifs, l'ont été en vain. Bien plus encore. Par cet acte, les pays donateurs se sont associés et sont donc au moins partiellement responsables des conséquences qui en résultent : la haine, les crimes, les morts et les blessés. Comment ont-ils pu en arriver à cette dérive ? Probablement par aveuglement, par intérêts mercantiles, pour préserver la France d'une menace terroriste, comme elle en a connu à plusieurs reprises, ou encore parce que la haine des Juifs, cet antisémitisme qui a prévalu avant et pendant la Shoa, n'a pas été éradiqué, ni complètement éteint et, à l'instar d'un volcan endormi, se réveille et explose ? Même laisser faire, c'est agir ! Après le terrible attentat des Twin Towers de New York et sur le Pentagone à Washington, qui a secoué tout le monde occidental, la France a aussi été atteinte. Avec l'explosion de l'usine A.Z.F. de Toulouse, soufflée 10 jours plus tard. Ce n'est qu'à demi mots que les autorités reconnaissent, et seulement ces jours-ci, la thèse de l'attentat. Par aveuglement aussi, ou par calcul politique, les dirigeants de la France ne veulent/peuvent pas non plus considérer que les populations qu'ils dirigent sont elles-mêmes en très grande majorité des infidèles à l'Islam. Et qu'à ce titre, elles sont tout autant concernées par les aspirations du Djihad. Chaque enfant scolarisé de la République a un jour appris que Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers en 732. Que c'est loin !...  

 

La France va mal parce que ses dirigeants sont paralysés par la peur de déplaire à l'opinion publique. Surtout en période électorale. Une opinion publique qu'ils ont façonnée avec des messages tendancieux et désinformants. Ces dirigeants ont certes été surpris par la mobilisation de quelque 200.000 manifestants à Paris et encore quelque 100.000 autres dans le reste de la France, en ce début d'avril.  Mais ils ont tout fait pour la minimiser et la ridiculiser, puisque les media officiels n'ont reconnu que 55.000 manifestants à Paris. Encore une désinformation !  

 

Hormis le sentiment agréable, largement partagé entre les participants, du fait de la multitude animée de mêmes sentiments, se pose la question de la pertinence d'une telle manifestation. Car elle intervient, on l'a vu, dans un contexte extrêmement poreux. La population française musulmane acquise aux thèses extrémistes pèse dorénavant assez lourd pour fragiliser un candidat lors des prochaines élections. Les dirigeants actuels ont aussi peur que le terrorisme Proche oriental ne vienne rompre la tranquillité intérieure et signer leur incompétence à assurer la liberté. Où en sont l'égalité et la fraternité ?... Il y a eu marché de dupes. Mais le monde n'est pas dupe. Et pourtant il y a comme une spirale d'enfermement, un cercle vicieux duquel il faudra bien sortir, espérons-le, au plus tôt.  

 

Les dernières manifestations, du début avril :  

- contre l'insécurité vécue et ressentie par la Communauté Juive de France, 

- contre la position complètement déséquilibrée de la politique française à l'égard d'Israël,  

- pour exprimer le soutien à Israël, 

ont eu un effet globalement très rafraîchissant sur la santé morale de la population de l'hexagone. Simplement parce qu'y ont été rappelées quelques vérités toutes simples, chères à l'esprit de la République, par trop malmené en ces temps de crise et de perte de valeurs identitaires. Mais cet effet -salutaire- ne pouvait pas durer, les media continuant leur travail destructeur oh combien plus efficace... Certes, quelques masques sont tombés, mais tout cela apparaît finalement tellement dérisoire !...  

 

Les dirigeants de nos pays perçoivent-ils cela ? Entraînés dans la spirale du calcul politique, de la peur et du mensonge, certains ne peuvent plus faire marche arrière. Au contraire, ils plongent et s'enfoncent encore plus avant. Si seulement ils étaient cohérents ! Face au marché de dupes dans lequel ils ont vivement encouragé Israël à s'engager avec les Palestiniens et où seul Israël a rempli ses obligations, pourquoi exigent-ils des seuls Israéliens de ne pas revenir en arrière ?  

 

Nous l'avons rappelé, les accords d'Oslo prévoyaient le transfert de territoires à l'Autorité palestinienne qui à son tour devait peu à peu conduire les populations à la coexistence harmonieuse et à la paix. L'Autorité palestinienne a fait tout le contraire. Dès lors, Israël devait rétablir son contrôle sur les territoires transférés, ne fût-ce que pour assurer sa propre sécurité. La sécurité d'Israël serait-elle devenue illégitime pour la Communauté européenne ? Pourquoi, dès lors qu'Israël a rempli ses obligations, la Communauté européenne n'est-elle pas intervenue auprès de l'Autorité palestinienne pour qu'elle aussi remplisse les siennes ? Curieusement, aucune pression, si pression il y a eu, n'a produit d'effet en ce sens sur l'Autorité palestinienne. Par contre, les Nations s'élèvent aujourd'hui pour exiger le retrait d'Israël et menacent même de sanctions. Si les dirigeants européens ne font rien pour condamner l'incohérence -certains y voient plutôt de la duplicité et de la perfidie- des dirigeants palestiniens, c'est qu'ils tolèrent ou même souhaitent une situation à deux vitesses. En somme, deux poids, deux mesures !  

 

Si c'est donc ce qui conduit les dirigeants européens, se pose maintenant d'une manière lancinante la question de la réelle utilité du type de manifestation à laquelle la Communauté Juive de France s'est massivement rendue en ce début avril. Et donc, si quoi que l'on fasse, cela ne fonctionne pas comme cela devrait, c'est que quelque part quelque chose est vraiment faussé.  

 

Ces dernières semaines, il y a eu en France un certain nombre d'événements tragiques. Des déclarations publiques sont venues les condamner. Des mesures de sécurité ont certainement été prises. Mais de manière très insuffisante puisque chaque jour vient avec son lot d'agressions, d'abord verbales puis de plus en plus physiques. Il semble qu'il ne sert à rien de revendiquer quoi que ce soit. C'est vrai que nous sommes Français et que nous assumons tous nos devoirs. Nous pouvons être les meilleurs citoyens de ce pays, les amalgames sont parfois si vite faits... Et cela ne date pas d'hier. Même les anciens poilus juifs, décorés pour hauts faits de guerre, ont quand même été déportés à Auschwitcz ou à Tréblinka. Idem outre-Rhin. C'était d'autres temps. Aujourd'hui, nous sommes en plein dans la phase préliminaire, quasi imminente, à la venue du Machia'h, du Messie. Et tout ce qui se déroule devant nous, toute cette incohérence, cette partialité, cette haine, ne sont là que pour nous faire prendre conscience que nous avons un tout autre rôle à jouer. Et notre rôle ne peut prendre forme sans une conformation la plus stricte aux préceptes de la Torah. Seule la Teshouva, le retour vers Hashem, en accomplissant les Mitzvoth, les préceptes de la Torah, nous permettra d'être délivrés et de jouir de la Rédemption.  

 

Tout se ligue contre nous. Vous l'avez compris. Il ne s'agit pas d'en pleurer, mais de se ressaisir. Alors qu'il en est encore temps. C'est vraiment la toute dernière limite. Il ne faut pas tarder, au risque d'être abandonnés et, à D.ieu ne plaise, de périr. Il en est qui se réfugient dans leur refus de croire. Nous disposons de toutes les preuves. Tout notre être, l'existence même du peuple Juif en est la preuve. L'accomplissement ces jours-ci des prophéties contenues dans la Torah le prouve aussi ! 

 

Chaque jour nous évoquons le souvenir de la sortie d'Egypte où nous avons été esclaves de Pharaon. Nous venons tout juste de vivre Pessa'h, la fête qui marque notre libération d'Egypte. Nous y relatons les dix plaies qui furent infligées aux Egyptiens pour qu'ils acceptent de nous laisser partir. La neuvième plaie fut celle des ténèbres. Durant sept jours, l'Egypte était engourdie par une obscurité opaque, dense, qui empêchait tout Egyptien de se mouvoir. Sauf dans les foyers des Bené Israël. Pourquoi ?  Pour qu'ils puissent enterrer leurs frères, les quatre cinquièmes de tout le peuple ! morts parce qu'ils avaient refusé de quitter l'Egypte. Les Egyptiens ne s'en rendirent donc pas compte et le peuple n'en eut pas honte aux yeux des Egyptiens. Mais quelle catastrophe !  

 

Il appartient maintenant à chaque juif d'agir tout de suite pour accomplir les Dix Commandements de la Torah. Observer le Shabbath. Manger toujours Cachère, et pas seulement chez soi. Respecter les lois de la pureté familiale. N'avoir aucune relation sexuelle interdite. Mettre les Tefilinn, dès 13 ans pour les hommes. Pratiquer la Tsnioutt, la pudeur et la discrétion, pas seulement vestimentaire. Prononcer le Chema Israël et adresser ses prières à D.ieu avec toute l'intention requise, et pas d'une manière machinale. Respecter son épouse/mari, et tout faire pour que la paix règne dans chaque foyer. Ne pas faire de Lashone Hara - ne rien dire qui puisse nuire de quelque manière que ce soit à notre prochain, sauf dans les très rares cas autorisés. Agir avec loyauté et bonté à l'égard de son prochain. Respecter autrui. Faire de la Tzedaka - venir en aide à nos frères nécessiteux et soutenir les institutions d'étude et de propagation de la Torah. S'entourer de maîtres pour nous guider, et consacrer du temps pour étudier la Torah.  

 

Certes, on ne peut faire tout, tout de suite. La plupart du temps, il manque des bases de connaissance. Et il n'est pas concevable de les acquérir en un clin d'oeil. Mais il faut vouloir et s'attacher à faire le mieux possible, et interroger nos Rabbanim pour qu'ils nous guident et nous soutiennent. Mais ils ne pourront rien faire à notre place ! Si vous avez déjà eu le bonheur d'écouter les cassettes de Dvar Torah, ou d'autres d'ailleurs, vous savez que vous avez là une source particulièrement vivante qui relate notre patrimoine. Il en est pour tous les niveaux et il convient, presque toujours, d'écouter plusieurs fois les mêmes cours pour en saisir le sens profond. Ce n'est que lors d'écoutes successives que des pans de compréhension, que nous n'avions même pas soupçonnés, se font jour. Nous ne pouvons que vous inviter à les réécouter le plus souvent possible pour davantage encore vous imprégner de leurs messages. Nous voudrions aussi vous suggérer l'étude de certains livres comme "La Voix de la Torah", du Rav Elie Munk, et "Un Jour, une Halakha" à partir de l’enseignement du 'Hafetz 'Haïm. Mais, encore une fois, s'en suffire serait se leurrer, car chaque Juif/juive doit avoir un Rav auprès de qui poser ses questions et demander conseil. 

 

Tout Juif, non imprégné de ces valeurs, de la nécessité de les intégrer et de les vivre, a le plus grand mal à les comprendre et admettre de les adopter et de les appliquer. Cela est en soi tout à fait normal si l'on se limite au rationalisme qui exige de comprendre pour faire. Or, le monde Juif ne fonctionne pas de cette manière. Au Mont Sinaï, lorsque la Torah nous a été donnée par Hashem, et transmise par l'intermédiaire de Moshé Rabbénou, tous les Bené Israël ont répondu "Naassé VeNichema = Nous ferons et nous comprendrons". Chez-nous, ce n'est qu'en faisant que nous pouvons être amenés à comprendre. Nous pouvons être l'esprit le plus brillant du monde, collectionner plusieurs prix Nobel de science et de philosophie, si nous ne pratiquons pas les préceptes de la Torah, nous seront complètement fermés, "bouchés" à sa compréhension profonde et nous ne pourrons ni comprendre le message Divin, ni jouir de la protection Divine. C'est une donnée incontournable, qui dépasse le domaine de la rationalité de Descartes. C'est strictement et uniquement par l'accomplissement des Mitzvoth que nous pouvons effectivement attirer sur nous la miséricorde et la protection d'Hashem. Par elles, Hashem nous rapprochera vers Lui et nous attribuera des horizons autrement lumineux.  

 

Que personne d'entre nous ne repousse sa Techouvah, son retour vers Hashem. Nous avons tous, qui que nous soyons, quelque chose à corriger et à améliorer ! 

 

Rav Lederberger avait une fois raconté dans l'un de ses cours, et le Grand Rabbin de France Joseph Sitruk, qu'il lui soit très vite accordé une guérison complète, parmi l'ensemble des malades d'Israël, l'avait également raconté. ”Dans un avion vers les Etats-Unis l'un des grands Rabbanim de la génération était assis avec son fils juste à proximité d'un des plus éminents professeurs de physique du moment, qui voyageait aussi avec son fils. Le fils du Rav s'attachait à devancer toutes les sollicitudes possibles de son père. Il s'inquiétait de son confort, s'il était bien installé, s'il avait assez chaud, s'il avait soif, si la lumière n'était pas trop forte, etc... Bref il avait vraiment toutes les attentions les plus délicates. Par contre, le fils du professeur ne s'intéressait pas du tout à son père et s'occupait de tout autre chose et l'avait même quelque peu abandonné à son sort. Lorsque le fils du Rav s'est absenté un instant, le professeur s'est adressé au Rav et lui a demandé comment il faisait pour trouver un serviteur aussi dévoué. Le Rav lui répondit que ce n'était pas un serviteur, mais son propre fils. Le professeur était littéralement interloqué. Il dit au Rav que son propre fils n'avait cure de lui et demanda au Rav comment il pouvait expliquer une telle différence. Le Rav lui répondit que cela était tout à fait logique pour lui puisque, selon sa conception, l'homme descend du singe. De sorte qu'à chaque génération l'homme s'améliore, du fait qu'il s'éloigne du singe. Pour votre fils, sa propre génération est pour lui meilleure que la vôtre. Il n'a donc rien à apprendre ni à retirer de vous, et il n'éprouve donc pas le besoin de vous considérer outre mesure. Tandis que chez-nous, non seulement nous savons pertinemment que nous ne descendons pas du singe, mais nos modèles, nos exemples les plus parfaits sont les Patriarches, puis tous les grands hommes qui leur ont succédé. Et nous avons compris qu'à chaque génération, celle qui suit est spirituellement moins élevée, moins accomplie, que la génération précédente”. Dès lors, chaque nouvelle génération a à coeur de vouloir retirer le meilleur et, en tout cas, le plus possible d'enseignements de ses anciens. Outre le fait que nous avons aussi l'obligation de respecter le précepte d'honorer son père et sa mère. C'est le cinquième commandement de la Torah.  

 

Nous avons accumulé beaucoup d'épreuves au cours des décennies passées. Mais le propre d'une épreuve est d'être surmontée. Hashem n'envoie des épreuves qu'à ceux qui peuvent les surmonter. Et il le fait justement pour nous donner une occasion de nous ressaisir pour nous corriger. Si nous n'y réfléchissons pas, si nous n'en prenons pas conscience, et si nous n'agissons pas en conséquence, c'est comme un acte manqué. L'absence de compréhension nous prive d'aller plus loin, de dépasser le handicape, d'aller dans le droit chemin. Celui qui est attendu de nous parce que nous avons été choisis. L'attrait du monde, ses valeurs étrangères, nous ont parfois complètement accaparés, aveuglés, rendu inconscients. Nous nous sommes parfois terriblement éloignés des repères qui auraient dû nous guider. De sorte que c'est maintenant très souvent un grand fossé qui nous sépare du niveau des générations passées.  

 

Mais il nous appartient de nous reprendre. Hashem nous a accordé un immense cadeau, un immense privilège. Celui de pouvoir revenir vers Lui, de faire Teshouva. De prendre les grandes décisions - parfois très douloureuses - qui s'imposent à nous. D'abandonner ou corriger nos mauvaises manières et se réapproprier celles qui auraient toujours dû être les nôtres.  

 

Il n'est aucunement question de culpabiliser quiconque. La quasi-totalité des gestes répréhensibles, ceux que nous n'aurions pas dû commettre, l'a été, le plus souvent, par pure ignorance. Ils n'ont donc pas du tout la même gravité que s'ils avaient été commis en pleine connaissance de cause. Nos Maîtres disent que là où se tient un vrai Baal Teshouva, celui/celle qui fait une véritable Teshouva, les Tzadikim Guemourim, les très grands Sages qui ont toujours grandi dans la Torah, ne peuvent se tenir. Tant est élevé le niveau du Baal Teshouva. Comment cela ? Parce qu'en faisant une véritable Teshouva, ses fautes sont mues en Mitzvoth ! Le travail sur soi, pour se transformer et passer de là où il était à ce qu'il est devenu, le fait accéder à un niveau très supérieur, des plus enviables. Et si cette démarche n'est pas facile, et l'on comprend pourquoi, Hashem nous offre toujours le loisir de Le solliciter, de faire appel à Lui. Il comprend toutes les langues. Et Il répond à tous ceux qui L'appellent du plus profond de leur coeur. Les non encore hébraïsants ne doivent donc avoir aucun scrupule à Lui adresser leurs prières avec leurs mots et même leurs larmes. Les larmes des Baaléï Teshouva constituent, du reste, l'un des plus grands trésors d'Hashem. Et c'est tellement bon, tellement réconfortant, et porteur, que de pouvoir nous reposer sur Lui, notre Père qui est au Ciel.  

 

Nous voudrions vous dire encore plein d'autres choses. Combien nous sommes inquiets, terriblement inquiets même, pour certains de nos frères qui se sont vraiment beaucoup trop éloignés de leur essence juive, de leur spiritualité juive. Il en est, et nous ne leur reprochons absolument rien, qui ne perçoivent pas le moins du monde ce qu'est la sainteté d'Hashem, la sainteté d'Eretz Israël, la sainteté du Mur occidental du Temple de Jérusalem, la sainteté du peuple Juif. S'ils sentent que ce qui nous anime est intrigant, déroutant même. Parce qu'en définitive tout être sensé reconnaît que nos valeurs visent le bien et réprouvent le mal. Pour peu qu'ils soient conséquents, honnêtes avec eux-mêmes, ils devraient vouloir en savoir plus. Leur quête du vrai devrait les amener à se demander : mais qu'est-ce qui les amène à penser, à sentir, à agir et à tellement tenir à ce qu'ils font, sont ? S'ils se donnent juste un tout petit peu les moyens de savoir et de comprendre, les réponses viendraient sûrement et, avec elles, leur apparaîtrait tout un univers qu'ils ne soupçonnaient même pas. 

 

Pour que cela soit possible, il semble extrêmement urgent que quelques familles, bien engagées dans la vie juive, s'organisent pour pouvoir accueillir chez elles, pour un Shabbath, ou même plusieurs, d'autres Juifs qui ne connaissent pas encore et qui sont réellement et humblement désireux de découvrir ce qu'est un véritable Shabbath. Nous vous invitons à nous contacter, dans l'un ou l'autre cas, pour l'envisager très sérieusement. Qu'Hashem nous aide et nous protège tous, pour aller encore mieux au devant de ce qu'Il attend de nous.  

 

La sortie d'Egypte à Pessa'h était sans doute plus laborieuse que prévue. De même étions-nous probablement trop investis par les événements qui l'ont précédé pour que nous ayons pu publier ce deuxième numéro au moins un mois plus tôt. Parmi les grands moments spirituels que la Communauté a vécus, nous n'en relaterons ici qu'un seul, trop brièvement, mais avec l'intention d'y revenir dans notre prochain numéro.    

 

Les Rasheï Yeshivoth des Yeshivoth Ketanoth (les directeurs spirituels des instituts d'études talmudiques pour adolescents) en France, ont pris une initiative que d'aucuns ont qualifié d'historique. Ils ont fait venir Rav Aharon Leïb Steinman, l'une des toutes premières grandes personnalités du monde de la Torah. Et cela, depuis Bné Braq en Eretz Israël, pour une très riche visite durant quatre jours. Probablement plus de 20.000 juifs ont pu l'approcher de près. D'abord à Paris, puis au Raincy, puis à Aix-les-Bains, puis à Strasbourg, et enfin à Saint Louis. Au-delà d'une forte mobilisation, et ce, malgré la relative exiguïté des lieux disponibles pour permettre de plus grands rassemblements, c'étaient tous des moments d'une rare Kedousha, sainteté, pleins du désir de se rapprocher, de s'identifier et d'honorer la Torah pour la sanctification du Nom. Les mots ne suffisent pas à décrire la grandeur des moments partagés. C'est une grande bénédiction pour toute la Communauté de France d'avoir été à même d'accueillir Rav Steinman. Nous sommes tous redevables envers tous ceux qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour permettre sa venue et l'organiser ainsi. A cette occasion, notre action a été vivement encouragée par Rav Steinman - au même titre que toutes celles qui visent à la diffusion de la Torah. Les bénédictions qu'il nous a adressées viennent ainsi s'ajouter à celles de Rav Eliashiv, de Rav Kaniewski, de Rav Gueshhttetner et de Rav Zilbestein, déjà évoquées dans le n° 1. Auxquelles nous avions omises celles de Rav Mikh'al Yehouda Levkovitch, ainsi que celles de Rav Elazar Sim'ha Wasserman (zatsal) et de Rav Chaïm Yits'hok Chajkin (zatsal), formulées il y a quelques années. En soutenant notre action, vous serez associés avec Hashem aux bénédictions de ces Guedolim ! Nous serions très honorés de pouvoir recevoir vos réactions et contributions pour, entre autres, élargir et mieux diffuser cette lettre de Dvar Torah. 

Avec nos plus chaleureuses pensées.