Rosh 'Hodesh Iyar 5777 - 27 avril 2017  27.Apr.2017

Rosh 'Hodesh Iyar 5777 - 27 avril 2017 

L’AMOUR, PAS LA HAINE ! 

Tous ceux qui ont appris des rudiments d’algèbre se souviennent des règles mnémotechniques qui fixent le sens positif ou négatif du résultat, à savoir :  

. les amis de mes amis sont mes amis 

. les amis de mes ennemis sont mes ennemis 

. les ennemis de mes amis sont mes ennemis 

. les ennemis de mes ennemis sont mes amis 

Qui cherche à être l’ennemi d’autrui ? A priori personne ! 

En tout cas pas ceux qui ont à cœur de respecter le Commandement « Aime ton prochain comme toi-même ».  

Le sentiment d’amour et d’amitié porté envers notre prochain est tellement gratifiant. Ne fut-ce que par le contentement qui se lit sur le visage, dans les yeux, qui expriment l’acquiescement, l’appréciation et la reconnaissance pour ce qui est donné et donc reçu. Il justifie notre élan. Il le prolonge. Il donne un sens à notre geste. Il nous fait vivre. Nous en recevons tellement en retour que nous avons envie de donner, tant et plus, autant que possible.  

Mais lorsqu’une personne qui nous était proche en vient à nous haïr, parce que nous refusons sa conception de la relation à autrui, cela fait mal, très mal. On devrait pouvoir lui parler, mais tout dialogue est devenu impossible. Il lui est intolérable que l’on puisse penser autrement qu’elle. C’est en soi, pour elle, s’opposer à elle et donc lui refuser sa domination. Des tentatives de rapprochement ont été repoussées. Trop de rancœur s’est accumulée et il semble que le fossé soit infranchissable. Si nous étions les seuls à ressentir cette haine ce serait bien moins grave. 

Durant des années, ce sentiment n’émanait que de cette personne. Il n’avait d’autre explication que ce qui a été décrit. Son entourage restait parfaitement bienveillant. Nous ne voulions absolument pas que ce sentiment de rejet se propage auprès d’autres personnes que nous apprécions depuis longtemps.  

Et puis dernièrement, il y eut un changement. Il y avait moins de sourires sur les visages. Certains, qui auparavant étaient chaleureux, se fermaient, écourtaient les rencontres ou les évitaient. L’air devenait comme pollué. 

La police des consciences semblait à l’œuvre. Gare à celui qui ose enfreindre l’interdit. Cela peut lui coûter cher. Eh oui, pour ne pas perdre quelques prérogatives, certains seraient prêts à sacrifier une amitié vraie, ne plus être conséquents avec eux-mêmes, une partie de leur liberté et donc leur autonomie.  

Notre réaction a suivi sans faire un pli et nos sourires eux aussi disparurent peu à peu de nos visages et nous devenions plus distants, de plus en plus neutres. Les expressions d’amitié disparaissaient. 

Et puis, on s’est rendu compte qu’on jouait le jeu qui était imprimé en nous depuis les premiers cours d’algèbre où les amis de mes ennemis sont mes ennemis. Etait-ce une fatalité et une obligation ? « Aime ton prochain comme toi même » est une Mitzvah de la Torah. Non, nous ne pouvons et ne devons pas suivre le mouvement facile et faussement naturel de la haine gratuite, alors qu’il nous faut justement aimer !  

Mes amis, aidez-moi ! Allez lui parler ! Faites-lui comprendre qu’on doit aimer et non propager la haine ! Que toute personne qui incite à la haine réalise exactement le contraire de ce que la Torah exige. Il faut absolument et très vite qu’elle comprenne qu’elle fait fausse route. Qu’elle se trompe. Qu’elle doit descendre de son piédestal et faire preuve d’humilité. Qu’elle se rende compte de l’évidence. Tant et tant étaient proches d’elle et tant et tant s’en sont éloignés. Elle n’a pas le droit et c’est même un crime d’imposer à quiconque son « comment et quoi penser ». 

L’homme doit pouvoir s’épanouir en réalisant la volonté d’Hashem. S’il est aliéné, manipulé, par une volonté étrangère, que vaudra sa Avoda, ce que devrait être son dévouement et sa ferveur dans l’accomplissement des Mitzvoth ? 

Et si, en définitive, elle ne veut pas entendre raison, il faudra alors se résoudre à s’en écarter avec le cœur bien lourd. Le cœur lourd de celui qui aurait tant voulu son bien. De celui qui aurait aussi voulu pouvoir lui exprimer son affection et sa reconnaissance pour ce qu’elle lui a donné. En aucun cas il ne regrette tout ce qu’il lui a donné. 

Que Hashem fasse que cet appel soit entendu. Qu’il conduise uniquement à l’amour du prochain. Surtout pas à la haine gratuite.  'Hodesh Tov OuMevorakh !   

 

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