Mot du jour -  24 Iyar 5780 - 18 mai 2020 18.May.2020

Mot du jour -  24 Iyar 5780 - 18 mai 2020

 LeIllouye Nishmath, pour l’élévation de l’âme et à la mémoire de Rav Messod ‘HAMOU zatsal, parmi tous les Korbanoth de la Maguéfa, rappelés au Ciel lors de l'épidémie. 

Chers Amis, 

Nous reprenons le contact après un silence qui remonte à Pessa’h dernier. C’est bien long. Mais chacun peut comprendre pourquoi, en cette période de crise et de bouleversements qui a vu partir pour le monde de vérité des êtres très chers, dont le Rav Messod ‘HAMOU zatsal, le Rav Saadia BENHAYON zatsal, le Rav Yaakov Osher WESTHEIM zatsal et, hélas, beaucoup d’autres. Bien que demeurés à la maison, mon épouse et moi avons également été touchés et très affaiblis par le virus. Par la grâce de Hashem, un ami médecin nous a prescrit à temps ce qui nous a peu à peu permis de reprendre le dessus. Évidemment depuis nous prenons garde et plus aucun risque. Encore que l’on n’est jamais assez prudents. Nous voudrions vous alerter pour ne pas baisser la garde et que vous preniez toutes les précautions. Que ceux qui ont été touchés par le virus ne se croient pas immunisés ! Personne aujourd’hui ne peut l’affirmer. Or c’est extrêmement dangereux ! Ne risquez pas d’être contaminés et veillez à rester en bonne santé ! 

À l’heure actuelle, il nous faut encore prier intensément pour que Hashem accorde la Refoua Shléma, la guérison complète, à tous ceux qui sont encore hospitalisés, pour qu’ils puissent très vite rentrer dans leurs foyers, et aussi pour qu’Il nous protège tous. 

Le Rav Reouven LEUCHTER shlita, disciple du Rav Shlomo WOLBE zatsal, l’un des chefs de file du Moussar -éthique et morale- contemporain a expliqué récemment dans un message, en date du 26 mars dernier, comment le monde a perdu ses repères. L’homme s’était habitué à tout dominer et avoir la maîtrise sur tout. Or depuis le corona, rien ne va plus. C’est avec beaucoup de peine que les médecins parviennent -hélas pas toujours- à empêcher le virus de se répandre et permettre ainsi à chaque malade de reprendre le dessus. Le confinement imposé a porté un coup très dur à l’économie mondiale florissante. Elle s’en est trouvée extrêmement affectée et même de nombreux secteurs sont encore complétement paralysés. L’homme en avait oublié l’existence d’Hashem. Il avait oublié que Hashem est le Maître du monde et qu’Il a le pouvoir de tout diriger et d’en modifier les règles du jeu à sa guise. Une infime créature à elle seule vient tout bouleverser. Où en est cet homme qui dominait le monde ? Un excellent dossier sur le sujet publié par Kountrass dans son dernier numéro http://www.kountrass.com mérite qu’on le lise (et même qu’on s’y abonne !). 

Le confinement, même administrativement allégé, doit être l’occasion pour faire le point, vérifier où l’on en est réellement, chacun dans sa vie, pour ce qui le concerne en propre. Que ce soit vis-à-vis de lui-même, comme dans sa relation avec ses proches, son conjoint, ses enfants. Prendre conscience combien « la vie » nous a conduits à nous restreindre et à ne leur accorder que trop peu d’attention et de temps. Tout cela dans un contexte souvent stressé par la compétition effrénée et son lot d’intrigues, de traquenards ou d’entourloupes. Où en suis-je avec les idéaux de ma jeunesse ? Où en suis-je avec ce qui compte vraiment ? Qu’est-ce qui compte donc vraiment ? Et ma relation avec Hashem dans tout cela ? Reléguée je ne sais où ? Ou bien dois-je recevoir un coup de massue sur la tête, une épreuve de taille, pour me réveiller et me dire que je ne peux continuer sur ma lancée, pour encore combien de temps ?.... Le corona ne suffit-il pas ? 

Tous les gouvernants sont eux-mêmes dans l’attente d’une solution « miracle », que serait la découverte d’un sérum et d’un vaccin pour nous guérir et nous prémunir. Et en attendant… Serait-ce seulement la solution, la vraie réponse à cette situation ? Si Hashem nous envoie cette épreuve, c’est pour nous dire quelque chose et pour que nous en tirions parti. Car le propre de toute épreuve est d’être surmontée, et ainsi il nous est donné de grandir ! Sauf si nous n’y prêtons pas l'attention requise. Dans ce cas ce serait comme une lettre qui nous est adressée et que l’on ne prend pas la peine d’ouvrir. Et ainsi on passerait à côté de ce que l’on voudrait nous apprendre et nous dévoiler. Et tous ces merveilleux et grands Tsadikim qui sont partis, n’est-ce pas justement, entre autres, pour nous faire réfléchir et nous amener à nous corriger et à nous « réparer » pour qu’enfin nous remplissions notre mission ? 

- De quelle mission parlez-vous ? 

- Parce que vous croyez que l’on vient sur terre comme cela, sans raison, sans but ni finalité ? Même l’herbe des champs a une mission à remplir. 

- Ah oui, et laquelle ? 

- Par exemple celle d’être broutée par un animal destiné à la boucherie qui ensuite viendra nourrir l’homme. 

- Et l’homme, quelle devrait être sa mission ? 

- Tout d’abord d’accomplir ce qui est attendu de lui, en l’occurrence de respecter les préceptes de la Torah, et parmi eux de l’étudier pour en premier lieu savoir ce qu’elle contient et donc ce qui lui incombe. Attendez un petit peu vous allez mieux saisir. L’accomplissement des Mitzvoth n’est pas une charge, bien au contraire ! Savez-vous que tout homme perçoit qu’en réalisant les Mitzvoth il s’élève, se sanctifie, devient de plus en plus Kadosh, saint, au fur et à mesure qu’il intègre en lui la nécessité absolue de vivre les Mitzvoth selon les prescriptions de la Torah ? Or ce serait une contrainte s’il accomplissait les Mitzvoth sans rien ressentir, s’il agissait de manière machinale sans en comprendre ni en rechercher le sens. Dans ce cas, le courant ne passe pas et ce n’est pas surprenant. Cela ne vous parle toujours pas ? Écoutez, il vient en mémoire l’histoire d’un homme qui dit à un Rav : « si vous m’expliquez pourquoi il faut mettre les Tefilines, je m’engage à les porter chaque jour ». Le Rav lui dit « Mets-les pendant 15 jours et ensuite viens me voir, je t’expliquerai ». Au bout de quelques jours l’homme comprit de lui-même pourquoi il fallait les mettre. Il n’eut plus besoin de l’explication du Rav. 

Chacun d’entre nous se situe dans le « registre » du Naassé VeNishma = nous ferons et il nous sera alors donné de comprendre, selon nos capacités propres et les efforts déployés à vouloir saisir. Globalement le sens des préceptes de la Torah n’est pas plus compliqué que cela. Mais il faut les observer parfaitement et complètement, d’une manière intègre, en désirant et en s’attachant à les réaliser le mieux possible. Si nous les accomplissons sans Kavana, sans y porter l’attention requise, voire d’une manière machinale et sans comprendre, on n’accomplit pas pleinement ce qui est attendu de nous. Si nous ne sommes pas réellement dans le faux, nous sommes très loin d'être entièrement dans le vrai. Or, n’est-il pas impératif de se rapprocher le plus possible de la vérité, jusqu’à s’y fondre et s’y identifier complètement ? C’est là où la Mitzva d’étudier la Torah et les Halakhoth, les lois et les préceptes, prend tout son sens. Et en fait, ici aussi son sens est réellement totalement atteint lorsque j’éprouve une vraie joie à les étudier. Or cette joie me vient parce que l’étude de la Torah me remplit, me nourrit, me fait vivre, en me procurant un grand bien. Une connexion intime s’établit entre le texte sacré qui est étudié et mon âme. Tous deux sont d’origine divine. 

En nous donnant la Torah, Hakadosh Baroukh Hou, le Maître du monde, n’a voulu exclusivement que notre bien. Et c’est ce qui se produit lorsque nous réalisons effectivement ce qu’Il nous a prescrit. Chemin faisant, nous extirpons de nous les écorces et autres écrans que sont blocages, gênes, et tout ce qui venait auparavant nous freiner, nous rendait gauches et empêtrés, sourds et aveugles. Et comme conséquence, nous découvrons que notre potentiel est porteur de nouvelles capacités, de nouveaux moyens, élans, possibles, et rôles à remplir, d’où de nouvelles missions. Tout cela, Hashem nous en a fait don. C’est un immense cadeau que nous ne pouvons laisser au bord du chemin au lieu de nous l’approprier. C’est un peu de cela qu’il nous faut avoir davantage conscience. 

Certains se trouvent très éloignés de ces quelques réflexions. Seules des dispositions tranchées, des décisions fermes, dures à prendre, peuvent les aider à s’en rapprocher. 

- Lesquelles par exemple ? 

- Se détacher de son smartphone le plus vite possible, voire s’en défaire complètement. 

- Qu’est-ce qu’un smartphone a à voir avec le rapprochement de la Torah et l’accomplissement des Mitzvoth ? 

- Le smartphone c’est internet et internet est une porte grande ouverte vers l’aliénation de l’homme. Lorsqu’il est sous l’emprise d’internet, son temps ne lui appartient plus. Il fait partie d’un système qui le lie constamment à une multitude de contacts qui l’assujettissent, le rendent totalement dépendant, addicted, et lui font perdre sa personnalité et son identité. Il n’existe plus par lui-même, mais seulement à travers ses réseaux. Alors il perd son identité, il devient un numéro, qui le déconnecte de son intériorité. Il n’est plus maître de lui et devient inféodé. Or Hashem Veut que nous soyons libres pour pouvoir Le servir sans entrave. Sinon quel sens peuvent avoir nos Mitzvoth et notre Tefila si en les accomplissant notre esprit est ailleurs ? Valent-elles quelque chose ? Si nous voulons leur donner le sens que la Torah leur attribue, ou celui que les Sages de la Grande Assemblée -qui ont rédigé et ordonné les prières, guidés pas l'inspiration divine- les ont pourvues, nous devons choisir.  
 

Il faut être doté d’une très grande force pour être capable de se défaire du smartphone. Mais comme rien ne résiste à la volonté... chacun en est forcément capable. Certes, au plan professionnel, il y a certaines nécessités. Et nous-mêmes, à DVAR TORAH, nous utilisons internet et disposons même d’un site que vous connaissez www.dvartorah.org. Mais nous ne l’utilisons que pour vous et pour que vous en profitiez.  
 

- Mais alors je ne comprends pas car nombre de Rabbins ont des smartphones et, par ailleurs, une multitude de sites de Torah se trouvent sur la « toile ».  

- Effectivement, et seuls les smartphones qui possèdent des filtres, pour prévenir toutes intrusions dommageables et communications interdites, peuvent être utilisés, et uniquement parce que c’est un moyen privilégié pour ces rabbins d’avoir un lien avec leurs fidèles pour les rapprocher des valeurs de la Torah. Il faut réellement être très fort pour ne pas risquer de faire de faux pas et tenir bon. C’est parce que l’homme est faillible que des précautions sont nécessaires et sont effectivement prises pour l’empêcher de chuter. Car autant une chute peut intervenir en un instant, qui en entraîne un second, puis un troisième, et ainsi de suite, autant remonter une pente peut être extrêmement ardu, voire impossible. 

Que ceux qui ne peuvent se passer de leur smartphone et qui n’ont pas encore de filtre en fassent installer un au plus vite. Ils peuvent se mettre en contact avec TAG au Tel. ou SMS 01 40 05 15 50 ou encore avec NATIV au Tel. ou SMS 06 86 56 93 48 qui sauront répondre à leur demande. Du reste les filtres s’appliquent également aux ordinateurs et autres tablettes. Ceux qui le veulent, leur vie va changer et alors, non seulement ils seront à l’abri de bien des dangers, mais il pourront beaucoup mieux et percevoir tous les bienfaits d’Hashem et en jouir pleinement. 

Quant aux sites de Torah, ils rapprochent ceux qui sont au loin des valeurs de la Torah, tout comme ceux qui ne peuvent se déplacer alors qu’ils auraient préféré assister de visu à un cours ou à un événement. Cependant, le risque existe de s’en servir comme alibi, pour finalement aller voir tout autre chose qui, au plan spirituel, se situe à des milliards de kilomètres. Et ce risque doit mobiliser toutes nos énergies pour ne pas flancher, à D.ieu ne plaise ! 

Le sujet n'est qu'à peine effleuré. Si vous êtes inspiré pour ajouter votre contribution, merci de l'adresser par mail à  info@dvartorah.org  en précisant vos coordonnées. 

Que les nouvelles dispositions qui pourraient résulter de ces quelques lignes ne procurent que le plus grand bien, pour vous, vos familles et pour tous ceux à qui vous voudrez bien les faire suivre et les transmettre. Tizkou LeMitzvoth ! Qu’il vous soit donné de faire de nombreuses Mitzvoth ! Et avec l’aide du Ciel, nous vous retrouverons très bientôt ! 

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