KIPPOUR ET LES 3 PILIERS SUR LESQUELS REPOSE LE MONDE 10.Sep.2021

KIPPOUR ET LES 3 PILIERS SUR LESQUELS REPOSE LE MONDE

Des héros sont parmi nous !
Poser un regard, réfléchir, voire méditer, qui prend encore le temps aujourd’hui de s’arrêter un moment pour sortir du brouhaha trépidant du monde qui nous entoure ? Les gens d’âge mûr s’y adonnent encore. Ils le font en tout cas plus volontiers que ceux qui appartiennent à la « génération numérique », branchée aux smartphones et autres outils et gadgets qui gravitent autour. Tout défile si vite que « faire un break » devient hors norme, et se déconnecter pour se poser n’est souvent plus un geste naturel. Toutefois, cela n’est pas vrai pour les étudiants de la Torah. Ils ont compris que s’ils ne prennent pas le temps de décrypter, d’assimiler et même de disséquer les textes sacrés pour en saisir le sens -au plus profond- pour se les approprier et les vivre, le monde ne pourra pas se maintenir. L’étude de la Torah ne constitue-t-elle pas l’un des 3 piliers sur lesquels le monde repose (Pirké Avoth, les Maximes de nos Pères 1, 2) ? Ils en ont conscience et ils assument. Le moins que l’on puisse dire est que ce sont des « Mensh » ! Ils méritent toute notre reconnaissance, car sans leur engagement, nous n’existerions pas ! Nous leur devons donc tout ! En tout cas nous sommes éminemment redevables envers eux ! Est-il besoin de dire que tous gagneront à soutenir ceux qui s’y consacrent, soit directement, soit via les institutions qui les forment, les hébergent et leur procurent leur subsistance, souvent réduite au minimum faute de moyens ? Il est vrai qu’ils ne sont pas les seuls à être attentifs au bien d’autrui, comme à leur propre bien. La Guemilouth ‘Hassadim -la bienfaisance et la générosité envers autrui- constitue le 2nd pilier sur lequel repose le monde. Or, dans le contexte actuel, se préoccuper de soi pour se protéger, se faire du bien et grandir dans le chemin de la Torah est une sorte de défi lancé au monde environnant. Et lorsque en plus de cela mon « équation » intègre la recherche du bien d’autrui, ma démarche devient « héroïque ». De sorte que tous ceux qui y mettent de leur cœur avec sincérité sont des héros ! Comme sont des héros tous ceux qui désirent consolider le lien qui nous lie à notre héritage commun. Assurément vous faites partie de ces héros là !

L’engagement de Rosh Hashana
Que de belles pages dans le Livre de la Vie ont été écrites par le Peuple Juif à Rosh Hashana !

Nombreux sont ceux qui se sont engagés à s’améliorer, à se parfaire, à s’engager davantage pour se rapprocher d’Hashem. Chacun d’eux a ardemment aspiré à ce que l’Eternel soit beaucoup plus présent en nous. Nous avons tous reconnu Sa Royauté sur le monde et sur nous. De plus, nous avons décidé de nous attacher à mieux respecter et à vivre les prescriptions de la Torah. Chacun a pris des résolutions et, par miracle, nous avons même trouvé la force de nous lever plus tôt pour aller au Seli’hoth, -les prières de supplications matinales jusqu’à Kippour- pour obtenir le pardon pour nos fautes passées en nous engageant à nous améliorer, comme à étudier davantage.

L’avenir se présente donc sous un jour meilleur. Mais veiller à garder le cap pour ne pas faiblir est essentiel, tant l’enjeu est grand. S’agit-il seulement d’être pardonné ? Certes, le pardon déblaie, dégage, fait place nette, nous allège et bien sûr libère des énergies. Et c’est déjà énorme ! Oui, c’est certain.

Lorsque nous avançons sous la protection de Hashem, précisément sur le chemin qu’Il souhaite que nous empruntions, les premiers efforts demandés apparaissent souvent un peu contraignants. Or ils muent relativement vite pour devenir une nécessité impérieuse ardemment désirée. Elle est certes parfois contrariée par le Yetser Hara, notre mauvais penchant, qui tente tout pour nous détourner. Mais nous savons aussi ruser avec lui et prendre le dessus. La mutation d’une contrainte vers une nécessité désirée signe une adéquation parfaite entre ce que nous recevons -grâce aux efforts investis- et les besoins intimes de notre être, et plus précisément de notre Neshama, âme. C’est en soi un immense cadeau que le Ciel nous fait ici !  

Lire les messages
La sollicitude de Hashem envers nous se manifeste par des signes qu’Il nous envoie. Il suffit de les percevoir, de les décrypter et d’en retirer l’enseignement. Quelquefois cela prend des années avant que l’on comprenne. Chacun est concerné. En avons nous seulement conscience ? Prenons quelques exemples.  

Un père s’est obstiné à amasser de la paille dans la cour sous la fenêtre de l’appartement familial, au lieu de s’en défaire, comme le lui demandaient ses voisins. Un jour, l’un de ses enfants, âgé d’un peu plus de deux ans, a basculé dans le vide depuis le deuxième étage, et a atterri justement sur ce tas de paille. Il en est sorti indemne. Il fallait qu'il vive.

Un soir, reprenant un journal à grand tirage paru trois jours plus tôt, un jeune homme découvrit un article qui évoquait la fête de Shavouoth. Elle avait lieu précisément ce soir là. Ce jeune homme s’était déconnecté de la communauté, mais il se rappelait le sens de la fête du Don de la Torah. Puis il prit une douche, se badigeonna le front pour assécher son acné avec une lotion au soufre qui se déversa malencontreusement dans un œil. Il le lava abondamment tant le soufre le brûlait, au point qu’il craignit pour sa vue. Cette épreuve passée, il vit qu’une applique clignotait près de son lit. Il alla revisser l’ampoule et, par mégarde, toucha la douille. Il avait les pieds nus, un peu mouillés, sur le carrelage. Il prit une décharge foudroyante et trouva par miracle la force d’arracher l’applique du mur, sectionnant le câble électrique et basculant sur le lit, rompant ainsi le contact avec le sol. Il était ébranlé, mais indemne. Il lui fallait prendre conscience qu’il était Juif et qu’il devait le rester malgré son éloignement de la communauté. Ce qu’il fit.  

Un jour, sur une route presque droite, roulant à 100 km/h, il freina très légèrement et tout d’un coup la voiture prit un angle presque droit. Elle quitta la route, passa entre deux immenses arbres, fit un tonneau et se retrouva renversée sur le toit, les roues orientées vers le ciel. L’essence coulait. La clé de contact s’était cassée dans le neiman et le moteur s’était arrêté. Il fallait faire vite, la voiture pouvait encore s’enflammer. Suspendu en l’air, retenu par la ceinture de sécurité, il réussit à se faufiler par la fenêtre restée ouverte. Il n’avait qu’une toute petite égratignure au pied. Une voiture de dépannage suivait, son conducteur l’avait vu, et il put le conduire en lieu sûr. L’homme était indemne. Il prenait conscience qu’il devait mériter chaque instant de vie.  

Cela fait partie du rituel de chaque mariage juif : la Ketouba, contrat de mariage, est lue à haute voix. L’un des oncles du 'Hatane, du marié, vit qu’il y avait une erreur. Ce n’était pas le nom qui lui avait été donné à son Brith. L’oncle s’en souvenait parce qu’il y avait assisté. Et aussi parce que c’était le nom de son propre père -donc le grand-père du ‘Hatan- qui n’était pas revenu d’Aushwitz. Il intervint donc et le nom fut immédiatement corrigé sur la Ketouba. Vingt six ans plus tard, cet oncle décéda juste avant Shavouoth. Son neveu venait de partir en Eretz Israël pour préparer le mariage de sa propre fille qui devait être célébré juste après la fête. Par miracle ce neveu put être prévenu à temps. Il trouva un vol et arriva pour l’enterrement en France. Il s’avéra qu’il était le seul à connaître le nom Juif de cet oncle qui avait corrigé le sien lors de son mariage. Il put ainsi manifester sa reconnaissance et payer une dette de gratitude. Tout est lié. Un 1er pan de l’histoire semble avoir abouti.

La sollicitude de Hashem
Chacun peut faire cet exercice de mémoire et retrouver ces moments, restés parfois inexpliqués et pourtant tellement pleins de sens. Ce sont des messages adressés par la Providence pour nous rappeler que Hashem veille sur nous. Ils nous disent aussi que nous détenons un héritage qui est peut être enfoui au plus profond de nous. Un héritage qui non seulement nous concerne, mais dont nous devons être dignes. Nous sommes tous les descendants de nos Patriarches. Or, beaucoup plus proche de nous, qui n’a pas eu une grand-mère, voire une arrière grand-mère, qui avait un livre de Tehilim tout gonflé des larmes qu’elle a versée en récitant des psaumes et en priant pour que nous, ses descendants, soient protégés et aillent dans le droit chemin ? Le fil conducteur qui nous relie à ces prières peut-être rétabli. Comment ? En nous reconnectant et en renforçant le lien avec l’esprit et les valeurs qui habitaient nos aïeux, et bien sûr en étudiant la Torah. C’est en s’y attachant avec sérieux que nous pourrons devenir nous-mêmes. À défaut, nous passerions à côté, à D.ieu ne plaise. Notre existence ne correspondrait alors pas à celle pour laquelle nous sommes venus sur terre. Elle ne serait probablement qu’une version un peu fade qui ne lui ressemblerait que de loin.

Si nous n’y prenons pas garde les artifices et les paillettes de la vie prônée par la société qui nous entoure nous illusionnent et, partant, nous aliènent. Plus nous en sommes imprégnés et plus seule une lutte à contre courant peut nous sauver. Mais Hashem veille sur chacun de Ses enfants et est prêt à l’aider. Il suffit de L’appeler, de Le prier, de Le supplier, même au point de pleurer. C’est la Avoda -la prière, qui aujourd’hui remplace le service divin des offrandes et des sacrifices dans le Temple- qui constitue le 3ème pilier sur lequel repose le monde. Hashem, le Maître du monde, attend que l’on réponde à Ses signes et à Ses messages. Que chacun prenne le temps de les redécouvrir et de les comprendre. Enfouis sous la couche des ans ? Les efforts déployés pour les faire revivre seront certainement payés en retour par d’immenses trésors. À l’instar du sentiment de nécessité impérieuse ardemment désirée d’accomplir la Volonté de Hashem, entrevu précédemment. Le plus beau souhait que l’on puisse formuler est que chacun puisse atteindre ce degré et jouir pleinement de la sollicitude d’Hashem.

Que faire à Kippour ?
Rappelons les quelques prescriptions propres à Kippour : jeûner -s’abstenir de prendre toute nourriture et boisson, sauf nécessités d’ordre médical- s’interdire de se laver, sauf là où l’on s’est sali, de porter des chaussures de cuir, de s’enduire le corps, se frictionner, se mettre de la crème, se parfumer, et enfin s’interdire toute relation conjugale.

Introspection, réflexion, crainte et tremblement devant le jugement ne laissent aucune place aux pensées légères ou futiles. Ces dernières pourraient gâcher l’opportunité unique de ce jour d’être pardonné. Enfin, il reste à prier, autant que faire se peut, à l’unisson avec une assemblée fervente -consciente de la solennité extrême de ce jour le plus saint de l’année- parfaitement respectueuse du recueillement de chacun et imprégnée d’un réel désir de Teshouva, de retour vers Hashem.

La veille de Kippour tombe ce mercredi soir 15 septembre (à 19:45 à Paris). Yom Kippour se termine le jeudi soir 16 septembre (à 20:49 à Paris).

Il reste à souhaiter qu’il soit donné à chacun d’entre nous d’être bien inscrit dans le Grand Livre de la Vie avec une bonne signature ! Shana Tova OuMetouka ! Bonne et douce nouvelle année 5782 ! Que nous nous retrouvions tous l’an prochain dans la Jérusalem reconstruite avec la venue de Mashia’h, du Messie, Amen !  

Nous vous invitons à vous rendre au centre de la page d’accueil de notre nouveau site où vous pourrez entendre à votre aise trois grands cours, en ce moment sur Kippour et le temps que nous vivons. De même, à l’onglet « Parasha » vous y découvrirez Beézrath Hashem chaque semaine le Dvar Torah de Rav Eliézer Rissmak shlita.

Vous avez accès à un fichier mails de membres de votre communauté ? N’hésitez pas à leur transmettre ce message si vous le pouvez !

Avec nos meilleures pensées,
! שנה טובה, כתיבה וחתימה טובה

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