DU 9 AU 15 AV - PRÉPARATION À ELLOUL : DU DEUIL À LA JOIE 01.Aug.2021

DU 9 AU 15 AV - PRÉPARATION À ELLOUL : DU DEUIL À LA JOIE

DU 9 AU 15 AV - PRÉPARATION À ELLOUL

DU DEUIL À LA JOIE

La célébration du 9 Av -nous l’avons évoquée dernièrement dans «Mot du Jour»- est maintenant derrière nous. Les privations que nous avons tenu à respecter en ce jour, conformément aux règles prescrites, disaient notre immense peine. La destruction des Temples et des exils qui ont suivi -nous sommes encore hélas en exil aujourd’hui- en sont les signes les plus palpables. Leurs origines résident dans une conduite étrangère à l’esprit de la Torah. Trois types de situations apparaissent d’emblée.

- Qu’il s’agisse d’une initiative prise de façon indépendante, sans avoir été sollicité, dans la Avodath Hashem, le service sacrificiel pour Hashem. C’est ce qu’ont fait Nadav et Avihou, fils de Aharon HaKohen, le Grand Prêtre, en mettant le feu à de l’encens et en le présentant en offrande, ce qui n’avait pas été prescrit (Vayikra, Lévitique 10, 1-2), et cela, combien même ils étaient mus par un zèle généreux et désintéressé.

- Que ce soit en mêlant des considérations individuelles qui viennent occulter la vérité, constituant un ‘Hiloul Hashem, une profanation du Nom. C’est le cas de ceux qui incitèrent et participèrent à la faute du veau d’or, pour « remplacer » Moshé Rabbénou qui, selon leur calcul, tardait à descendre du Mont Sinaï. Le veau d’or devait être à même, selon eux, « d’intercéder » auprès de Hashem. Le fait qu’ils eurent alors un comportement licencieux (Shemoth, Exode 32, 10) démontre que leurs intentions étaient loin d’être pures.

Ce fut aussi le cas des Explorateurs qui dénigrèrent la capacité des Beneï Israël de chasser les 7 peuples qui occupaient alors la Terre d’Israël. Ils «oublièrent» que Hashem était avec Israël pour réaliser cette conquête. Et ils parvinrent effectivement à décourager tout le Peuple (Bemidbar, Nombres 13, 31-33). Les Explorateurs craignaient qu’en entrant en Eretz Israël ils ne perdent leur statut et leurs prérogatives.

- Que ce soit une enfreinte aux prescriptions de la Torah, qui est en soi également un ‘Hiloul Hashem. C’est le cas de ceux qui pratiquèrent Avoda Zara, un culte idolâtre, Shfi’houth Damim, littéralement verser le sang -enlever la vie, tuer-, ou Gilouye Arayoth, avoir une conduite délictueuse et incestueuse. Ces trois types de fautes ont entraîné la destruction du 1er Temple. La Sinath ‘Hinam, la haine gratuite, a été, elle, la cause de la destruction du 2ème Temple. Le ‘Hourbane, la destruction, et la Galouth, l’exil, en sont les conséquences concrètes et matérielles.

L’EXIL DE LA SHEKHINA

Destructions et exils n’ont pu se produire que parce que la Shekhina, la Présence divine, n’y avait plus sa place. La Shekhina avait déjà quitté le 1er Beith Hamikdash, le 1er Temple. Hashem a préféré que le Temple soit détruit plutôt que Ses enfants soient anéantis. La Shekhina nous a suivi en Babylonie, preuve que nous restions bien les enfants de Hashem. En effet, chacun se souvient des miracles par lesquels le Peuple Juif y a été sauvé à l’époque de Pourim. Hamane avait fomenté l’extermination de tous les Juifs, depuis les nouveau-nés jusqu’aux vieillards. Finalement, c’est Hamane et 10 de ses fils qui furent pendus, précisément à la potence qu’il avait dressée pour y pendre Mordekhaï. Le Peuple Juif put se défendre, fut sauvé et Mordekhaï fut élevé au dessus de tous les ministres du roi. Seule l’intervention de la Shekhina, la Présence divine, pouvait renverser du tout au tout les desseins funestes de Hamane au point, au final, de les retourner contre lui.

Pour le 2ème Temple ce n’était pas aussi évident parce que la Présence divine ne s’y manifestait pas comme dans le 1er Temple. La Avoda, le service sacrificiel, s’y déroulait pourtant. Mais ni les conditions de la construction du 2nd Temple, ni sa direction spirituelle, ont obéi aux mêmes exigences. Le 1er Temple a été construit par Shlomo Hamélekh, le Roi Salomon, à la place de son père le Roi David, sur ordre d’Hashem. Les Grands Prêtres successifs étaient des hommes saints. Leur service dans le Temple se prolongeait durant de longues années, signe qu’il était quasiment toujours irréprochable. Tandis que le 2nd Temple a été construit sur l’emplacement du 1er à l’initiative d’abord de Zeroubavel puis, dans une deuxième phase, de Ezra. Korech – Cyrus, Roi de Perse l’encouragea et même contribua en partie à la reconstruction. Un appui qui fut ensuite perturbé et stoppé durant 18 ans du fait de l’opposition farouche et insidieuse des Shomronim, les Samaritains, ou Koutim. Ces derniers n’étaient pas reconnus en tant que Juifs. Ils tenaient néanmoins à participer à la reconstruction du Beith Hamikdash. En y prenant part, voulaient-ils uniquement gagner en légitimité ? Quoi qu’il en soit, les Juifs qui étaient montés à Sion s’y opposèrent. Finalement, la construction du 2nd Temple ne repris que 18 ans plus tard, encouragée par Daryavesh – Darius II, nouveau Roi de Perse, probablement le fils de Esther et de A’hashvérosh. (voir « Le Peuple Juif, 4000 ans de survivance, par Max Wurbrand et Cécil Roth, ainsi que « L’histoire du Peuple Juif », volume 2, par Feiga et Schnéour Lubecki).

Les conditions qui ont prévalu pour les 1er et 2nd Temples n’étaient, on le voit, vraiment pas semblables. Peut-on déduire que si la reconstruction du 2ème Temple avait été entourée de la même sollicitude de Hashem que pour le 1er Temple, elle n’aurait eu à souffrir d’aucune perturbation ? De prime abord, on est enclin à le penser. Mais le déroulement des événements est porteur d’enseignements qui interpellent. En effet, pour bénéficier de la sollicitude de Hashem, faut-il encore remplir les conditions requises. Or, le Prophète Jérémie avait annoncé que le retour à Sion aurait lieu au terme de 70 ans d’exil (Jérémie 19, 10). Entreprendre la reconstruction du 2nd Temple bien avant ce terme sous l’impulsion de Zeroubavel apparaît donc comme une désobéissance. Le conflit avec les Samaritains allait, en fait, retarder la construction jusqu’à l’intervention d’Ezra. Elle eut lieu effectivement à la fin des 70 ans d’exil annoncés par le Prophète Jérémie. De plus, bien après le règne de Ezra, lorsque Eretz Israël s’est trouvée sous domination Romaine, les Grands Prêtres se succédaient, années après années. Le Jour de Kippour était pour eux extrêmement critique. Si le Kohen Gadol, le Grand Prêtre, était légitime, répondait aux exigences légales, en tant que descendant pur de Aharon Hakohen, donc apte à servir, et si son service était parfait, il ressortait vivant du Kodesh HaKodashim, le Saint des Saints. Sinon, son corps était tiré au dehors à l’aide d’une corde à laquelle il était relié. C’était le signe et en même temps le test qui prouvait que leur état et leur service étaient condamnables.  Ils étaient, de fait, sanctionnés par le Ciel. La charge de Grand Prêtre était en ces temps fréquemment achetée ou encore attribuée pour satisfaire des intérêts politiques. Or ici aussi on est en droit de s’interroger. Quelle est la cause qui plaça Israël sous le joug d’une puissance étrangère ? On pourrait s’en enquérir, relire l’histoire en détail et en préciser les faits. Mais en définitive une réponse simple s’impose de toute évidence. C’est parce que les Juifs ne réalisaient pas leur vocation d’être « Mamlekheth Kohanim VeGoye Kadosh », un Royaume de Prêtre et un Peuple saint (Shemoth, Exode 19, 6). Il ne fait aucun doute que dans le cas contraire, Hashem aurait protégé Son Peuple. Il n’aurait eu à souffrir d’aucune domination, dont le but était en définitive de rappeler les Beneï Israël à l’ordre pour qu’ils fassent Teshouva.

SHEKHINA ET KEDOUSHA

Certes, les pierres du 1er Temple, de même que ses poutres, ses tentures et ses ustensiles, étaient imprégnées de sainteté. La Shekhina les avait quittés, et bien qu’ils n’étaient plus reliés à la source de la Kedousha qui émanait de la Présence divine, ils gardaient leur caractère Kadosh, saint. C’est ainsi qu’il fut reproché à A’hashvérosh, Assuérus, Roi de Perse, d’avoir profané les ustensiles du Beith Hamikdash lors des festins qu’il organisa dans son Palais à l’intention des habitants de Shoushane, Suze, la capitale du Royaume.

La Kedousha y reste donc bel et bien imprégnée. S’y reflète la grandeur d’Israël d’antan, un souvenir bien amer comparé à la situation présente. Cependant, au-delà de ce ressenti, c’est bien l’éloignement de la Shekhina qu’il nous faut pleurer avant tout. C’est probablement parce que la Shekhina est immatérielle eu égard aux pierres du Beith Hamikdash qu’Elle se trouve comme cachée par la représentation du Beith Hamikdash lui-même. Et pourtant, nous le savons, la Présence divine peut résider dans le cœur de chaque Juif, de chaque foyer d’Israël, comme de chaque Shoule, synagogue, et de chaque Beith Midrash, maison d’étude. Chacun d’eux possède le potentiel de devenir un petit sanctuaire. Comme il est dit « VeAssou Li Mikdash VeShakhanti BeTokham » = que l’on fasse pour Mon Nom un sanctuaire et Je résiderai en leur sein (Shemoth, Exode 25, 8). Les Commentateurs expliquent : non pas seulement en leur sein, mais BeTokhekhèm, dans le cœur de chacun ! (Malbim, et d’autres, voir Rav Elie Munk « La Voix de la Torah »). Aussi, à défaut de ne pas voir encore notre Temple reconstruit, lieu de résidence par excellence de la Shekhina -que nous puissions le voir très prochainement et de nos jours !- il revient à chaque Ben Israël d’être lui aussi un lieu de résidence de la Shekhina. Or pour qu’Elle accepte d’y résider, Elle doit y trouver un environnement adéquat, en harmonie avec la Kedousha qui émane de la Shekhina. À défaut, Elle ne peut y pénétrer. Ou bien si Elle y résidait déjà et que les conditions «d’accueil» se soient déteriorées, à D.ieu ne plaise, la Shekhina s’en éloignerait, à l’instar de ce qui s’est passé pour le Beith Hamikdash.

La Kedousha, sainteté, est présente lorsque l’on est Mouvdal, séparé, distinct, du monde qui n’est pas imprégné de sainteté. La Kedousha se manifeste et prévaut grâce à l’accomplissement des Mitzvoth. Tant les Mitzvoth Assé, les préceptes d’ordre positif, que nous devons réaliser, que les Mitzvoth Lo-Ta’assé, les actions qui nous sont interdites. Les Mitzvoth Assé sont, par exemple, le commandement de respecter le Shabbath, d’Honorer ses parents, ou encore celui de porter Tsitsit et Tefilines. Quant aux Mitzvoth Lo-Ta’assé, ce sont par exemple l’interdit de faire cuire ensemble le lait et la viande, ou encore de commettre un crime, un adultère, un vol, d’empiéter sur le domaine de son prochain, ou de délivrer un faux témoignage. Lorsque le respect des Mitzvoth Assé et Lo-Ta’assé est associé à l’étude de la Torah, ou à défaut à son réel soutien, tous les ingrédients se trouvent réunis pour accomplir la volonté de Hashem, de marcher dans Ses voies et de S’en rapprocher. On le voit à nouveau, c’est bien l’éloignement de la Shekhina qu’il nous faut pleurer, celle qui a quitté le Temple avant qu’il n’ait été détruit. Et par voie de conséquence, il nous faut aussi pleurer sur nous-mêmes lorsque la Shekhina n’a pas encore suffisamment imprégné nos cœurs.

Combien devons-nous pleurer ? Cela dépend de la conscience que l’on a de la perte et du manque. Mais ne sommes-nous pas aussi en deuil ? Certes, mais tout deuil est limité dans sa durée et dans son intensité. Nos ‘Hakhamim, nos Grands Sages, en ont clairement précisé les règles, dont celles que nous venons de vivre pour le 9 Av. Pourquoi cela ? Parce que tristesse et lamentation font écran à la joie qui doit nous habiter et qui est requise pour servir et nous rapprocher de Hashem. « Ivdou Eth Hashem Besim’ha », servez Hashem dans la joie ! dit le psaume 100 « Mizmor LeToda ». Vivre sans servir Hashem, n’est pas une vie. Or il nous faut vivre ! OuBa’harta Ba’Hayim = Et tu choisiras la vie ! la vraie. (Devarim, Deutéronome 30,19).

LE 15 AV – TOU BE-AV

Et c’est là que après le 9 Av, prolongé jusqu’au 10 Av, parce que le Temple continuait de brûler le 10, s’installe peu à peu l’attente, le doute, l’expectative, puis la sérénité, pour laisser enfin éclater la joie le 15 Av. Remontons dans le temps, bien avant l’érection du 1er Temple, après l’expédition des Meraglim, les Explorateurs, et le rapport qu’ils firent. Tous ceux qui avaient alors 20 ans et plus étaient condamnés à mourir dans le désert et, du coup, ne pourraient donc entrer en Eretz Israël. Depuis lors, chaque veille du 9 Av toutes les personnes concernées creusaient leur tombe et s’y couchaient. Si elles mouraient cette nuit-là, il suffisait de quelques pelletés pour les ensevelir. Or le dernier 9 Av -qui achevait les 40 ans de pérégrinations dans le désert- personne n’était mort parmi tous ceux qui s’étaient couchés dans le trou qu’ils avaient creusé. Passée la date du 9 Av, ils se levèrent, incrédules, puis se recouchèrent la nuit suivante, de même que les autres nuits, pensant s’être trompés de jour, jusqu’au 15 Av (Ta’anit 4, Mishna 8). Ils réalisèrent alors que le décompte des 40 ans était épuisé et qu’ils n’allaient donc pas mourir dans le désert, mais bien vivre. Et en plus, ils allaient jouir du privilège d’entrer en Eretz Israël ! Leur joie n’avait plus de limite ! Elle était même décuplée parce que partagée par tous ceux qui s’étaient préparés à mourir et qui étaient bien vivants.

Après la répartition des terres parmi les familles des 12 tribus et leur installation en Eretz Israël, le 15 Av est devenu un jour de très grande réjouissance. Que ce passait-il ? Toutes les jeunes filles en âge de se fiancer allaient danser dans les vignes où les jeunes gens les choisissaient pour les épouser. Les familles riches avaient auparavant fourni de beaux vêtements aux jeunes filles pauvres pour qu’elles ne soient pas défavorisées. On imagine la joie qui étreignait alors toutes les communautés d’Israël. C’était un moment particulièrement choisi pour louer Hashem pour tous les bienfaits qu’Il accorde constamment à Israël.

LA SIM’HA

La joie, la vraie joie est tellement importante et gratifiante pour chacun, qu’elle mérite qu’on s’y attache, qu’on la recherche, qu’on se travaille pour la faire venir en nous et qu’elle nous habite en permanence. En prenant conscience de tous les bienfaits que Hashem nous procure constamment, en éprouvant de la reconnaissance, en Le remerciant et, chemin faisant, en accomplissant ce qu’Il attend de nous, nous pouvons parvenir à cet état de joie profonde. Alors tout s’ouvre devant nous. Nous n’éprouvons plus de ressentiment envers quiconque. Nous pardonnons d’autant plus facilement à ceux qui nous auraient fait du mal, que le mal est réduit à sa plus simple expression, pour ne pas dire qu’il n’existe plus. Ne pardonne-t-on pas à tous ceux qui auraient pu nous nuire lors de la prière du Shema avant de dormir ?

Si le Temple n’est pas encore reconstruit c’est parce que notre génération n’est pas assez méritante. L’exil qui a suivi la destruction du 2nd Temple, consécutif à la Sin’at ‘Hinam, est extrêmement long, près de 30 fois plus que l’exil qui a suivi la destruction du 1er Temple. Alors on s’interroge. Les relations entre les hommes seraient-elles encore trop empreintes de haine gratuite ? C’est dans tous les cas un domaine qui mérite et doit être beaucoup mieux connu. Très nombreux sont ceux qui, sans le savoir, produisent gestes, actes et paroles qui expriment de la haine gratuite, souvent involontairement, mais néanmoins aux effets dévastateurs. C’est ce qui nous motive à encourager la lecture d’un formidable essai intitulé : « Exil et Préjugés : Comment combattre la Sin’at ‘Hinam ? » de Franck LAMBEZ, préfacé par Rav Messod ‘HAMOU zatsal, que l’on peut se procurer chez l’auteur à l’adresse : lambez@gmail.com Tel. 06 21 03 30 29. Ce livre peut concourir à « recoller » bien des relations et à réparer des vies.

Est-ce utile de le rappeler ? Quasiment personne n’est venu sur terre pour souffrir, mais autant que possible pour vivre dans l’harmonie, la paix et la plénitude. Et si ce n’est pas le cas, il nous faut prier de tout notre cœur pour que Hashem nous aide à surmonter et à réparer les difficultés qui nous assaillent pour nous améliorer et parvenir, entre autres, à transformer la haine gratuite en amour gratuit.

L’OBLIGATION D’AIMER

L’amour gratuit est celui que l’on éprouve et que l’on donne sans attendre quoi que ce soit en retour. Le don n’est pas motivé par un retour de la part de celui qui reçoit. La joie qu’il éprouve suffit et nous remplit de joie. Cet amour réalise le précepte d’aimer son prochain comme soi-même, qui est tout à fait essentiel. On pourrait le qualifier de « pilier-maître » de la relation Ben Adam Le’Havéro, entre soi et son prochain. C’est un « Klal Gadol BaTorah », un principe fondamental de la Torah, selon Rabbi Akiva. Or la question suivante a été posée. Si quelqu’un ne s’aime pas lui-même comment peut-il aimer autrui ? Rav Messod ‘Hamou zatsal avait répondu : Qu’est-il écrit ? AIME TON PROCHAIN COMME TOI-MÊME. « Aime ton prochain » vient avant « comme toi-même ». L’obligation d’aimer son prochain existe donc avant celle de s’aimer soi-même. Dans tous les cas il me faut aimer mon prochain. Que je ne m’aime pas, c’est une chose qui vient après, qu’il me faut certes arranger d’urgence, pour que je puisse réaliser le commandement d’aimer mon prochain. Je dois donc tout faire pour me parfaire en vue d’être en mesure d’aimer mon prochain. Le fait de ne pas s’aimer soi-même ne nous libère absolument pas de l’obligation d’aimer notre prochain.

ACCORDER ET OBTENIR LE PARDON

A l’approche du mois de Elloul, temps d’introspection et de Teshouva, de retour vers Hashem par excellence, une chance -qui est en fait une bénédiction- nous est offerte pour prendre des forces et nous y préparer le mieux possible. Tant ce qui peut en advenir peut-être capital, à la fois pour chacun, que pour le Klal Israël, l’ensemble d’Israël. Un temps de Teshouva qui aboutit à Rosh Hashana et particulièrement à Yom Kippour, où chacun demande et attend d’être pardonné pour les écarts qu’il a commis durant l’année écoulée. Il s’agit ici exclusivement des fautes commises envers Hashem, à savoir l’enfreinte des préceptes de la Torah, comme des règles établies par Rabbanane, nos Grands Sages. Or le pardon de ces fautes ne pourrait être accordé que si l’on a au préalable demandé et obtenu le pardon de tous ceux envers qui nous aurions fauté. Il est en soi particulièrement heureux d’accorder le pardon chaque soir avant de s’endormir envers tous ceux qui auraient pu nous avoir causé du tort ou un préjudice. Mais ce n’est pas une obligation. Aussi, je ne peux me fier et m’appuyer sur cet excellent usage pour me sentir quitte de toute redevance et obligation envers qui j’aurais pu avoir failli dans quelque domaine que ce soit.

Il peut s’avérer très difficile de demander le pardon à quelqu’un que nous aurions offensé ou lésé. Comme il peut être très difficile d’accorder son pardon à autrui lorsque la faute commise reste douloureuse. Dans certains cas il peut-être nécessaire de réparer et même de rembourser dégâts ou préjudice matériels. Des dédommagements légitimes sont peu de choses face au soulagement éprouvé lorsque nous sommes pardonnés. Le pardon est avant tout un acte de ‘Hessed, de bonté, et donc de vie, de vraie vie. Eh oui, je donne une part de vie lorsque j’accorde mon pardon. A la condition que l’on soit sincère et qu’effectivement on s’adresse à nous du fond du cœur, comme si la vie était en jeu. Rappelons-nous que sans le pardon d’autrui nous n’obtenons pas le pardon d’Hashem. L’enjeu et le défi sont donc immenses. Parce qu’il faut pouvoir être humble pour reconnaître ses fautes. Mais lorsque le pardon est accordé, oh combien la joie, mêlée d’un sentiment de plénitude et de délivrance, emplit nos poumons, nous fait vibrer et nos yeux pétillent. L’oppression, la boule au ventre, cède la place à la gratitude envers autrui, mais aussi envers Hashem, dont tout dépend et Qui peut tout. Nos liens et l'unité entre tous se renforcent et, dans le Ciel, On s’en réjouit. Plus que cela, la voie se dégage, la délivrance tant attendue, qui était bloquée par le différend, maintenant résolu, s’annonce, et très vite tout trouve une solution ! Notre action ici bas est perçue au Ciel Qui réagit en ouverture ou en blocage, en félicité ou en épreuve. OuBa’harta Ba’Hayim et tu choisiras la vie ! Cela dépend de chacun !

Nous retrouverons Beézrath Hashem ces sentiments de joie et de plénitude, lors de la fête de Soukoth, « Zman Sim’haténou », « le temps de notre joie », qui suit le Jour du Grand Pardon. Mais cela est une autre histoire que nous espérons pouvoir aborder bientôt.

Que Hashem, dans son immense bonté, nous aide tous, nous inspire, nous donne la force et nous permette d’avancer comme Il le souhaite. Amen !

Avec nos meilleures pensées.  

N.B. Ce texte était initialement destiné au «Mot du Jour». À titre exceptionnel nous le publions aussi en tant que «Lettre de Dvar Torah». Elle porte le n°25.

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