9 Tévèth 5774 - 12 décembre 2013 12.Dec.2013

9 Tévèth 5774 - 12 décembre 2013

 

1 ou 3 jours de jeûne ? 

Le 8 Tévèth, jour où la traduction de la Torah en grec par 70 sages, sous l’ordre du Roi Talmaï (Ptolémé IV) s’est achevée. Ce fut le début d'une très grande affliction. Il en a résulté de très nombreuses persécutions, à commencer par celles des Grecs. La révolte des Makabim et leur victoire miraculeuse à ‘Hanouka en témoigne. Or, absolument aucune traduction ne peut réellement transmettre tout ce que la Torah contient. Même si tous les commentaires rédigés en Lashon Hakodesh, en langue sainte, avaient été traduits, cela n'aurait suffit. Ces commentaires dont la fonction est justement d’éclairer tous les sens contenus dans l’Ecriture. Celle-ci est pleine de finesses, de sens, de subitilités, d'où découlent des raisonnements si profonds qui ne peuvent supporter aucune traduction. Celle qui en a été faite est donc nécessairement biaisée, imparfaite, insuffisante pour « dire » le pourquoi et le comment de la relation privilégiée d’Hashem avec son Peuple. La Torah a dès lors été vulgarisée, et la crainte qu’en avait les Nations a disparu. Nos Sages comparent la gravité de ce jour à celui où le veau d’or a été initié au pied du Mont Sinaï. 

Le 9 Tévèth, décès d’Ezra le Scribe et du Prophète Jérémie qui ont œuvré ensemble pour le retour et la réinstallation des exilés de Bavel (Babylonie) en Eretz Israël. Mais ils se sont attachés à rétablir la pureté des lignées familiales, à engager ceux qui s'étaient éloignés à faire Teshouvah, à instituer des règles pour préserver, favoriser et développer la vie juive autour de la Torah (les 10 Takanoth d'Ezra). Rétablir le service dans le Second Temple, réhabiliter Jérusalem et faire renaître le Yishouv : installation physique, organisation, gestion, législation et sécurisation de la vie quotidienne de la population en Eretz Israël, faisaient naturellement partie de leurs préoccupations. Toujours avec le souci d'être en conformité avec l’esprit de la Torah le plus pur. 

Le 10 Tévèth, début du siège de Jérusalem par Naboukhadnétzar (Nabuchodonozor). Siège qui a duré 3 ans et qui a conduit à la destruction du Premier Temple, le 9 Av, avec ses pertes immenses, ses souffrances terribles et l’exil en Bavel. Nos Sages déclarent que toute génération au cours de laquelle le Temple n’est pas reconstruit est responsable de sa destruction. C’est dire combien nous avons de raisons de nous affliger et de sa destruction, et du fait de ne pas encore mériter la venue du Mashia’h et l'établissement du 3ème Temple. 

Ces trois jours devraient être jeûnés. Mais les Sages d’Israël n'ont imposé que le jeûne du 10 Tévèth. Le Peuple n’aurait pu supporter de jeûner durant 3 jours consécutifs.  

Le jeûne intervient ici en tant qu'expiatoire. Nous prenons alors plus intensément conscience du besoin et de notre volonté de nous amender. Faire Teshouvah est de fait l'objectif principal à atteindre. Qu’il nous soit donné d’être encore plus dignes en accomplissant davantage et mieux ce qui est attendu de nous pour mérité la Gueoula, la délivrance. 

Cette année le jeûne du 10 Tévèth a lieu ce vendredi 13 décembre 2013. Il commence à Paris le matin à 07:06 et s’achève à 17:39. Pour mémoire, l’allumage des lumières de Shabbath se fait ce vendredi à 16:35.  

Bon jeûne et bon Shabbath à tous ! 

 

9 Tévèth 5774 - 12 décembre 2013 (début de journée) 

Extrait d'une lettre à un proche. 

"Tous ont reçu de vous énormément. Tous ont aussi voulu vous donner le meilleur d’eux-mêmes. L’appréciation humaine est, par nature, relative et subjective. De toutes les façons, les comptes ne nous appartiennent pas. Le monde est à Hashem. Nous ne devons que Le servir. Tout don se doit d’être Lishema (désintéressé, pour glorifier Son Nom). Tout ce que nous recevons vient de Lui. C’est Lui qui choisit les canaux par lesquels nous devons recevoir. Nous L’en remercions à chaque instant. Il nous faut être le meilleur Kéli (outil, réceptacle, intermédiaire) possible. Nous éprouvons aussi une Hakarath HaTov (sentiment de reconnaissance et de gratitude) vis-à-vis de ceux qui nous transmettent les bontés d’Hashem. Mais si j’estime ici un manquement de la part de mon prochain, tout reproche risque de contenir une revendication -forcément déplacée- à l’égard d’Hashem. L’homme est perfectible. Parfois il se trompe et il s’embourbe. Chacun doit alors accepter qu'autrui nous le dise pour que nous puissions nous corriger. Enfin, que l’on s’attache à toujours avoir un regard rayonnant, un visage bienveillant, exprimant et inspirant la bonté, cela, malgré les épreuves et l’adversité. Qu’Hashem, dans son immense bonté, nous guide, nous renforce et fasse que nous nous aimions davantage les uns les autres, comme Il l’attend, sans calcul d’aucune sorte, si ce n’est pour l’amour d’Hashem." 

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